Ebola Syndrome (伊波拉病毒) 1996


I screw you !
4-00
Anthony wong dévaste tout sur son passage porteur d’un virus tendance « destruction de masse » sans avoir l’air de capter ce qui se passe. C’est absolument infecte souvent et plutôt marrant au xxxxxxxxème degré, à la différence de sa préquelle « The Untold Story » beaucoup plus noire. L’ensemble serait définitivement immanquable pour tout amateur s’il ne persistait pas des longueurs forcément inutiles et un intérêt somme toute limité.

Herman Yau nous offre une sorte de parfaite conclusion à la période dorée de la Cat III et distille une ambiance terminale unique qui suinte l’infamie par tous les pores. Les scènes sont moralement ultra gore, ça oui, vous ne mangerez plus les hamburgers de la même façon après…. En revanche, pas de scènes ultra gore visuellement pour accompagner le malaise (mais bon, c’est peut-être pas plus mal).

A part la dissection avec un médecin légiste à l’accent américain qui dicte son rapport façon « grand reportage » à la Nicolas Hulot : « Je découvre un foi totalement liquéfié – je n’ai jamais vu ça – on dirait que les tissus se sont mangés entre eux »… à part cela donc, on assiste le plus souvent à une hécatombe d’épileptiques se tortillant frénétiquement par terre et crachant un liquide infecte tandis qu’Anthony urine, bave et screw (mot très important à connaître pour une vosta) à tour de bras autour de lui, le summum étant atteint lorsqu’Anthony en Afrique se choppe une indigène mourante du dit virus et screw en toute innocence avant que celle-ci ne périsse dans une valse compulsive de gerbes blanches généreusement étalées sur le violeur…

Délicieusement décadent… à voir après manger.

14/02/2003
http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/ebolasyndrome/critiques.html

04/03/2011
http://sens.sc/1bWatoG

Au commencement, The Untold story
Ebola Syndrome réalisé par Herman Yau est une revisite tardive d’un premier jalon transgressif de 1993 titré « The Untold Story » qui raconte l’histoire d’un restaurateur psychopathe furieusement épris de fornication et de violence envers toutes les personnes qui l’entourent, allant même jusqu’à les découper en morceaux pour en faire des Beignets de viande qu’il sert ensuite en toute impunité. Le concept tiré d’un fait divers réel des plus sordides y était poussé jusqu’au fond le plus obscur de l’immoralité perverse, captant principalement l’attention par la performance ahurissante du rôle principal, l’inévitable Anthony Wong. Faciès crevassé, regard ahuri et détachement Olympien lui permettaient d’offrir une ambiance de l’extrême tout à fait particulière à prendre au minimum au 3ème degré sous peine de fuir ou de s’offusquer au bout de 10 secondes, et à réserver à un public très averti. Sous ses airs de vaste blague sans limite de mauvais goût, le film poussait même le vice jusqu’au massacre le plus ignoble qu’il ait été donné de voir au cinéma.

Ebola Syndrome
Fort de ce premier sommet de décadence, Herman Yau devenu réalisateur locomotive de la Catégorie III, et Anthony Wong devenu star multi facettes se retrouvent en 1996 pour une revisite en roue libre encore plus extrême. Le restaurant se situe maintenant en Afrique du Sud, où Anthony Wong se masturbe, tue, découpe, viole et vend humains et quartiers de viande alors qu’il est recherché pour un premier triple meurtre commis dès la scène d’introduction. Herman Yau y ajoute une indigène mourante atteinte du virus Ebola que notre cuisinier à la masse va de ce pas violer avec la plus grande insouciance. Il devient très vite porteur lui-même immunisé du dit virus et s’en va joyeusement le propager jusqu’à Hong Kong allant même jusqu’à cracher sur les passants pour nous offrir toujours plus d’épileptiques se tortillant frénétiquement à terre évacuant un liquide infecte. Il est bon de rappeler que la violence d’un film HK tel qu’Ebola Syndrome est né d’une culture cinématographique bien différente de celle beaucoup plus familière, gore et spectaculaire d’un Braindead, en dépit du fait que la seule version existante d’Ebola Syndrome soit elle-même censurée. Même si les deux films sont fondateurs dans la même catégorie de l’horreur extrême et utilisent régulièrement l’humour, l’exagération et la dérision pour dédramatiser le massacre, un film tel qu’Ebola Syndrome ne cherche pas la démonstration de gore à tout prix mais plutôt la démonstration de mauvais goût à tout prix, ce qui le rend beaucoup plus malsain. La seule scène vraiment gore est une autopsie lors de laquelle un médecin extirpe des bouts de viscères liquéfiés par le virus Ebola. Le reste constitué d’épileptiques contaminés à terre, de viol barbare, de meurtres d’une violence inouïe et d’autres joyeusetés urinaires et masturbatoires restent assez volontairement hors champ lors des plans les plus gore, ce qui permet à Herman Yau d’appuyer lourdement sur les idées les plus retors et l’humour local typiquement d’époque, des plus scabreux et raciste.

Un film difficile
Comme dans la plupart des films Cat III malheureusement, la stupidité de l’ensemble et la mise en scène vite emballée en rebuteront plus d’un. Le talent artisanal d’Herman Yau et la performance d’Anthony Wong complètement allumé ne peuvent que couvrir un scénario d’une bêtise effroyable qui s’enfonce dans le mauvais goût le plus total sans prendre le moindre soin pour ménager le spectateur. Ebola Syndrome est à prendre comme une farce grandiloquente qui se moque de tout. La dernière réplique de l’introduction dit à ce propos : « Je les tue, et alors ? Où est le mal ? ». Tout le monde est de toute façon pourri et indigne de vivre dans Ebola et Anthony Wong incarne cette pourriture de tout son corps. Si il s’agit de conseiller un film révélateur de la folie au cinéma, Ebola Syndrome s’impose comme l’un des piliers du jusqu’auboutisme Hongkongais qui se paie même le luxe de faire rire en plus de donner la nausée ce qui le porte dans une catégorie bien différente des films type « Camp 731 » ou même « Salo ou les 120 journées de Sodome ».

Article parue dans DAILY MOVIES N°5 d’Avril 2009 version papier.

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