Ninja, the final duel (Ren zhe da) 1985

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4-50

Depuis les années 80, le ninja a une déplorable image nanarde au cinéma. Ceci en grande partie due au duo de fripouilles que sont les réalisateurs producteurs Godfrey Ho / Joseph Lai, adeptes du « 2 en 1 » Taiwano-Indonésio-Philippino-etc-Hongkongais, qui ont abreuvé et berné par la même occasion l’occident entier de vhs bien connues du nanardeur et largement mis en valeur aux fondations même du site en question. Personnellement, je n’ai jamais été grand amateur des ninjas Gweilos de Godfrey qui sont marrants vite faits et très mauvais toujours. Par contre, je me souviens à jamais de la première extase incompréhensible que m’a procuré la découverte de cette chose jusque là impensable : un film de ninjas qui ne trahit pas son incroyable jaquette. Ninja, the final duel est avant tout un kung fu bis passionné et non un gros nanar mauvais au dernier degré, mais ceci n’engage que moi. Plus que le nullissime grand n’importe quoi, c’est la saveur de ces combats qui lui donne son côté unique, sa patte « Taienne » inimitable : speedé, fou et violent. Il se regarde très bien sans aucune télécommande, et ce plusieurs fois. Personnellement, je l’ai déjà vu au moins 15 fois… Et il est toujours aussi jubilatoire…

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Claque originale mode survente totale :

ATTENTION !! La critique qui va suivre ne reflète à aucun moment la qualité cinématographique réelle de ce nanar profondément bis où découpage à la tronçonneuse, photo à peine digne d’un amateur, acteurs et dialogues désespérant ainsi que scénario abyssal se mélangent sans aucun complexe. Mais ceci n’empêche rien à la délicieuse et surprenante claque qu’il peut provoquer chez certaines personnes.

Ami(e)s du kung fu Bis, bonsoir :

HAL-LU-CI-NANT !!!!

Ce film est un pur concentré de folie, un cyclone, une tornade dévastatrice. Le scénario, c’est facile, les ninjas attaquent les moines shaolin… 75 minutes de combats de folie, 15 min (et j’insiste !) de dialogues ultra crétins et un humour top gras constant et parfaitement assumé au premier degré.

(TEASER DÉCONSEILLÉ DE LIRE SI VOUS N’AVEZ PAS VU LE FILM)

à ma gauche :

Les Seven Elements Ninjas mené par Alan Lee le nain teigneux ! (Non ce n’est pas un nain). Chef des ninjas adepte du short baggy et de l’hypnose par flute psychédélique. Athlète aussi ultra véloce qu’ultra petit, perfectionniste dans l’art de sortir 15 vrilles et 8 rotations dans un seul saut et grand maître de la téléportation instantanée.

Attention ! Ces ninjas sont parmi les plus féroces, adeptes de techniques inédites et timbrées dont voici les 7 éléments :

The OKINAWAN THUNDER FIST (le coup de poing qui fait voler à 15 m)

The NINJA LIGHT SKILL (l’aptitude à faire 15 flips et 20 rotations en 1 seul saut)

The WATER SPIDER ASSAULT UNIT (des ninjas qui chevauchent des araignées flottantes et sauteuses !)

The IRON TIGER CONQUERS THE FOREST (des ninjas félins masqués et bardés de griffes mortelles sur chaque articulation qui font de la varap sur les arbres, un classique des ninjas)

The NINJA ROCK CLIMBING FORMATION (escalader un à pic de 50 m en 5 sec. n’est plus un problème !)

The HELL UNDER EARTH MANEUVRE (des ninjas qui se déplacent sous terre à la Duel to the death, respirent avec un bambou et creusent à la vitesse de l’éclair avec des petites pelles, classique du ninja « sous-terrain »)

The NINJA HEAVEN DEATH WISH BLADE (l’attaque circulaire lacérante à coups de chaînes tranchantes)

à ma droite :

Les Shaolin Chinois, sages et respectés, ils sont la cible des ninjas, mais n’ont peur de rien et ne sont pas là pour rigoler. Deux d’entre eux (dont le très capable Lee Yi Min) semblent invincibles et leur maître à tous sait de quoi il parle !

les Shaolin Japonais dont les deux représentants les plus valeureux ont été choisi après une épreuve extrême pour aller jusqu’au plus réputé des temples Shaolin en Chine pour y parfaire leur formation : Alexander Lo Rei et son bouffon de service Charliema Nsuh forment cette équipe de choc.

La combattante mystérieuse : mystère…

Le black Monk (Eugene T. Tramell), une masse genre Dennis Rodman qui sait rester imperturbable et dispose d’une force phénoménale ! Un grand maître Shaolin.

Les moines californiens ! (Silvio Azzolini et Amhed Najja), qui sont venus parfaire leurs connaissances au temple shaolin mais vont plutôt trouver les ennuis.

(FIN DE TEASER)

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Aux commandes, Robert Tai. Déjà auteur d’autres kung fus de profondis tel Mafia Vs Ninja, Shaolin chastity kung fu aka « massacre au village » et aussi des pré et séquelles de « final duel » : Shaolin vs ninja et Shaolin dolemite, suite encore plus cinglée et nanarde de Final duel avec caméo de Rudy Ray Moore, il nous offre réellement du quasi non-stop étonnamment varié avec des chorégraphies très rapides, originales et fabuleusement trippées.

Pas étonnant lorsqu’on sait que Robert Tai est un chorégraphe de l’ombre qui a travaillé sur de nombreux kung-fus old school cultes notamment avec Chang Cheh sur La vengeance des infirmes, 5 venins mortels, Fureur shaolin et j’en passe une bonne dizaine en tout. Poussé vers l’indépendant, il quitte Hong Kong suite à ces films et sentant la fin de l’ère Shaw revient chez lui, à Taïwan, où il conçoit avec sa fougue et son carnet d’adresse des films de kung fu indépendants qui arrachent, car son crédo à lui, c’est le film de dingue à petit budget qui dépote et se rit de tout…

Revenons à nos moutons… Les câbles sont un peu maladroits car ils sont vraiment trop présents (forcément, il aime ça) et grossiers (peu de moyens, et surtout beaucoup de mannequins en mousse ; )), mais c’est vraiment un détail à côté des plans ultra speedés typiques cheap Duel to the death, du kung fu boosté à la nitro, des gros plans panoramiques de muscles et de faciès en pleine pause « t’as vu mes muscles bonhomme ! » et en action, des acrobaties aériennes particulièrement délectables (même si totalement bisseuses), des idées tout droits sorties d’X-or, de la violence Chang Cheh en veux-tu en voilà, des armes spéciales à foison, des accessoires en carton, une palette de combattants aussi variée qu’un Street fighter, des surprises cultes par wagons entiers….

Mon enthousiasme ne serait pas aussi général si le ton volontairement faussement sérieux ne vous pliait pas en deux à chaque instant et si les combats n’étaient pas tout simplement les plus dingues que j’ai jamais vu avec aussi peu de moyens. Malgré le non-stop intégral qui peut faire très mal si il est mal géré, on ne s’ennuie pas une seconde, à part peut-être les 15 petites minutes de départ qui suivent la présentation des ninjas, mais le crescendo est inexorable vers des scènes de plus en plus folles. Totalement dingue !

Un bémol donc, pour ces 15 mins composées de l’épreuve des shaolin jap’ (constamment accompagnée d’un tambour stressant), la première attaque nocturne des ninjas (sous exposée à mort, on ne voit rien) et peut-être pour les araignées volantes top ridicules… Mais non en fait, c’est tellement énorme de voir les ninjas patauger comme des forcenés pour faire avancer leurs araignées de polystyrène vu qu’il n’y avait plus de budget pour les faire voler à la fin de la scène, que même (voire surtout) ce passage devient incontournable.

Ajoutez des dialogues à mourir de rire « you, so@of!#a$bi!# black monk ! », le thème musical de Rambo qui colle plutôt bien à l’ambiance « ça va chi@!#$ ! », un insert de quelques secondes de l’intro du thème de Ghosbusters ! des nappes de Das Boot et le thème principal de 12 gold medaillons qui ajoute encore à l’entrain.

Ninja The final Duel est une séquelle du premier essai en la matière de Tai, Shaolin vs Ninja, plus précisément le condensé d’un cut original de 13 heures (!), réduite à 8 pour la série télé taïwanaise originale puis compacté en 2 métrages dont ce premier volet.

Une claque. à voir absolument pour tous les accrocs des Ching Siu Tung et Chang Cheh qui n’ont pas peur des ambiances X-or chez les Shaolin et des budgets ridicules.

Un trip Bis qui déchire ton salon.

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Addendum :
Mégalomane possessif et autoritaire, Robert Tai est un véritable personnage presque aussi fou que ses films et son disciple de kung fu Alexander Lou un spécialiste du Tae Kwon Do toujours extrêmement sympathique à voir à l’écran malgré son jeu minable et sa tête de Stallone Chinois. Shaolin Vs ninja (à ne pas confondre avec le shaolin vs ninja original de Liu Chia Liang), est soupçonné par une frange bien spécifique de spécialistes du kung fu old school d’être le précurseur du combat câblé moderne. Une légende circule comme quoi Ching Siu Tung aurait été largement inspiré par Robert tai pour son Duel to the death. Tout ceci pour dire que si personne ne m’arrête, je suis capable de parler de ces Taïwanais inconnus pendant des heures…

19/03/2003
http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/ninjafinalduel/critiques.html

14/11/2004
http://www.hkcinemagic.com/fr/movie.asp?id=947
http://drkungfu.free.fr/finalduel.htm

05/06/2011
http://www.senscritique.com/film/ninja-the-final-duel/1371285885280884/critique/drelium/

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