Le Bras Armé de Wang Yu contre la Guillotine Volante (獨臂拳王大破血滴子) 1976


Comment vous mettre en garde ?
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Première vision : savoir à quoi s’attendre…

Cela aurait été un vrai plaisir de mettre au moins quelques points histoire de crier mon amour pour les productions HK bis et Z qui atteignent des niveaux de folie et de créativité parfois insoupçonnables… un grand plaisir…

Quelques points pour l’indien aux bras longs ou le moine aveugle à la guillotine volante, les 2 décapitations instantanées, la musique psycho/70’s/Carpenter, les bruitages de lancés assimilés à des coups de feu de western ou même le faux thaïlandais/vrai chinois qui se prend pour Sagat de « Street fighter » alors qu’il ne mesure qu’1m60, le hibou projectile, la marche au plafond, le poulet décapité…. Vu sous cet angle, j’aurais été le premier partant…

… Mais non, ce serait faire trop d’honneur au film et peut-être même convaincre quelqu’un de gaspiller son argent, attiré par la senteur fraîche du ridicule assumé alors qu’il n’en ait rien. Autant débuter tout se suite, « Master of the flying guillotine » n’est même pas digne d’une pantalonnade. C’est une tromperie jusque sur son emballage qui promet une perle du kung-fu selon le critique Kevin Thomas du « Los Angeles Times ». Wade Major de « Box Office Magazine » vient y ajouter son commentaire : « Hong Kong and martial arts film fans have cause to rejoice ! »… Cool man !

C’était pourtant la version uncut rallongée de 12 minutes mais rien à faire, la réalisation (merci Jimmy Wang-Yu !) se rapproche sans y parvenir d’un mauvais Lo Wei (« To kill with intrigue » par exemple), tous deux complices dans la somnolence persistante de la caméra, les plans sans aucune signification (un zoom sur un rocher pour clore un dialogue….!), les cadrages maladroits ou sciemment très éloignés qui tentent ainsi vainement l’esthétisme spatial pour mieux cacher le vide de l’action qui ne saurait être vue en détail par le spectateur incrédule. En clair, les combats sont aussi flasques qu’un canard qui patauge dans la purée. Pour preuve, le tournoi qui nous est proposé est sensé regorger d’un bestiaire de combattants exotiques aux techniques diverses et variées alors que sous leurs costumes de pacotille se cachent inévitablement le même kung-fu lent, basique, timide, d’une inefficacité très souvent atteinte dans ce genre de production mais jamais aussi camouflée.

Ici, on veut nous mystifier, nous dérouter avec quelques idées un peu plus originales que la moyenne (les grenades, la guillotine volante, l’indien aux longs bras, la maison au plancher brûlant, le combat dit en « sword formation », ….) pour mieux faire passer le vide cruel des chorégraphies et du scénario (ah oui, je l’avais oublié lui) qui se résume à un tournoi et une vengeance.
Les combats regorgent de maladresses et de pauses indigestes où aucun des deux protagonistes (ce ne sont que des duels) ne sait trop ce qu’il doit faire. Un enchaînement de quelques coups dynamiques devient alors un véritable exploit. Les acteurs sont mauvais, évidemment.
L’acteur principal, réalisateur de surcroît (Jimmy Wang-Yu), est inexistant contrairement au premier opus (« Le roi du kung-fu »). Le tout est accompagné de dialogues interminables et inutiles aussi creux qu’une louche à crêpe.

Les ficelles bien connues du genre sont ici utilisées au paroxysme de la stupidité ce qui provoquera les quelques rires qui pourront vous échapper :
– Jimmy Wang-Yu marche sur le rebord d’un panier en osier et conseille à ses disciples de bien retenir leur respiration afin d’alléger leur masse et ainsi faire de même ! Il ira même jusqu’à marcher au plafond pour montrer que cette technique ne rigole pas.
– Le même Wang-Yu n’a qu’un bras mais plus le film avance, moins il parvient à dissimuler son deuxième bras qui le gêne considérablement dans ces rares mouvements.
– L’indien roule par terre avec ses bras démesurés en plastique et s’empêtre dedans comme avec une chambre à air. Encore une histoire de bras.
– La guillotine volante très proche d’un saladier et pourvue de dents en papier d’aluminium est pourtant censée être l’arme la plus mortelle du film.
– Le maître de la guillotine nous prouve bien qu’il est aveugle puisque ses trois complices (l’indien, le thaïlandais et le japonais) se battent tour à tour contre le bras armé (Jimmy Wang-Yu) sur la place publique, mais lui n’est jamais là. Il n’apparaît que rarement ou juste à la fin, comme fraîchement sorti d’un bordel, pour se plaindre qu’on ne l’ait pas prévenu avant.
D’autres joyeusetés de ce genre viennent remonter le niveau de l’ensemble ou au contraire le plomber selon votre sensibilité aux films dits Z.

Mais ne vous y trompez pas, même si je m’attarde sur ces quelques passages qui peuvent sembler cocasses, l’action est loin d’être aussi présente qu’on peut l’imaginer. Les quelques combats sont tous aussi fades les uns que les autres et n’ont simplement aucun sens que ce soit dans leur dynamique, leur montage ou leurs objectifs.

D’ailleurs, des inserts à rallonge du « Roi du kung-fu » sont là pour offrir les meilleures chorégraphies du film.

Force est de constater qu’au bout de la séance ne subsiste qu’une infâme impression de tromperie sur la marchandise, si le sommeil n’a pas réussi à vous gagner avant le générique final.

Je confirme en effet la présence d’un « dromadaire en rut » qui gueule dans la nuit noire lors d’un passage qui ne m’a pas marqué, comme tous les autres du reste.

Deuxième vision : maintenant qu’on est au courant, c’est tellement minable que ça en devient forcément culte…

Master of the flying guillotine est incontestablement un kung fu culte envers et contre tout, car aucun ne saura mieux que celui-ci montrer Jimmy Wang Yu en pleine décrépitude. Je resterais donc malgré la pression sur ma position initiale du 0 pointé mais ne peux résister à l’envie d’un petit coeur histoire d’acquiesser les idées folles présentées ici et qui, tentons l’objectivité, datent tout de même de 1974, ce qui n’est pas rien. Il le mériterait peut-être finalement son demi point… Voir même plus… Mais c’est tellement minable en même temps. Et puis il y a aussi la musique indus, un thème punk pour le générique, et le morceau de Neu, « Super 16 », de l’album Neu! 2, grosse marche indus ultra culte qui accompagne le Maître à merveille.

PS tardif :
J’ai enfin vu la fameuse VF cultissime du bras armé, et bien qu’elle soit marrante, oui bon ok d’accord, y a du dialogue et des cris bien à l’ouest, laissez moi clamer que la version originale uncut reste la version indispensable, simplement parce que dans cette VF, il manque plein de scènes (15 min !!), et pas des moindres. D’entrée de jeu, Wang Yu fait sa démonstration sur le bord de son panier en osier, et boom, ça enchaîne direct avec l’arrivée du thaïlandais !! Sacrilège !!!!! Il n’y a même pas la scène où Wang Yu poursuit sa démo et commence à marcher sur le mur puis lance « voyez, lorsque que vous maîtriserez totalement cette technique, vous pourrez faire plus fort encore », et termine par carrément marcher au plafond !!

Vu le culte voué à cette VF, ça méritait d’être préciser. Et puis niveau VF de malade, il y a bien plus nanar encore. Rien que la VF des Kamikazes du kung fu ou de Massacre au village sont au moins aussi énorme que celle-ci. Bref version uncut rulezz !

27/03/2003
http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/masteroftheflyingguillotine/critiques.html

Version courte 09/01/2011
http://www.senscritique.com/film/le-bras-arme-de-wang-yu-contre-la-guillotine-volante/7671229614470424/critique/drelium/

Un petit fan art fait avec mes mimines :
MasterOfTheFlyingGuillotine2

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