Les 8 diagrammes de Wu-Lang (五郎八卦棍) 1983


La fureur à l’état brut !

4-50
Enfin ! Enfin un Liu Chia Liang qui défouraille vraiment avec un Gordon Liu qui souffre, un sombre désir de vengeance brute et des combats phénoménaux.


Ouverture du film qui promet déjà un Liu Chia Liang unique, Les 7 frères Yang et leur patriarche, tous issus d’une puissante et honorable famille martiale, sont pris en embuscade par les manchous dans un décor en studio surnaturel sur fond de ciel noir qui sent déjà fort la mort, la rudesse et l’aridité. Seul rescapé avec son 6ème frère traumatisé par l’hécatombe, Gordon Liu, ivre de colère, réussit à s’échapper et part bientôt pour le temple shaolin, bien décidé à se retirer du monde en embrassant le bouddhisme et ce par tous les moyens. Le sixième frère Fu Sheng devenu fou s’efface au profit de Gordon pour des raisons tout aussi macabres que cette ouverture.

Gordon Liu, Alexander Fu Sheng, Kara Hui, à vrai dire tout le monde même Liu Chia Liang, sont en rage. Une rage qui transperce littéralement la pellicule. Une énergie dévastatrice encense « 8 diagram pole fighter » de bout en bout ce qui en fait un pur chef d’oeuvre crépusculaire du kung-fu old school. On savait Gordon Liu charismatique dans Master killer, ce n’est rien comparé à la fureur de eight diagram. On connaissait l’énergie d’Alexander Fu Sheng qui la souvent placé en successeur favori de Bruce Lee dans le coeur du public local, il montre une nouvelle fois une énergie et surtout une rage incroyable (ou à claquer selon) dans « eight diagram » même si on ne le voit que trop peu malheureusement. Sa mort accidentelle pendant le tournage a fortement perturbé les esprits, l’architecture même du film, et n’est certainement pas étrangère à l’intensité qu’offrent Gordon (devenu personnage principal par la force des choses) et Kara Hui lors de la scène finale.

A la différence de la 36ème chambre de shaolin aka « master killer », un peu trop porté au culte à mon avis, même si c’est culte bien entendu, « 8 diagram… » offre non seulement une ambiance shaolin comme seul Liu Chia Liang sait le faire mais aussi, et surtout, des combats de bo (bâton shaolin) nombreux et violents d’une maîtrise extrême qui resteront à jamais dans les sommets du kung fu pian « old school ».

Le long combat final est un incontournable à lui tout seul. Peut-être même le combat old school qui enterre tous les autres.

Eight diagram est souvent montré du doigt comme le Liu Chia Liang qui a définitivement fait couler la Shaw. Liu Chia Liang était à cette époque le dernier grand réalisateur du studio au bord de la fermeture et ce type de récit sanglant est bien loin de ses autres films emprunts de respect, de non violence et d’humour. Échec commercial retentissant, le film est très proche des Chang Cheh de cette époque, enragé, sanglant, tragique et violent. Le public bouda naturellement cette rage délivrée en plein milieu d’un engouement général pour les kung-fus comédies à la Jackie Chan.

Évidemment, niveau cohérence, on est très loin du respect boudhique et de l’ambiance plutôt tranquille et, sur ce point, plus réaliste du temple shaolin de Master killer (titre américain pour le moins inadapté). Mais au diable ce détail de fond, Gordon débarque au temple, non pas exténué comme dans « Master killer », mais au contraire, ivre de vengeance sanguinaire. Il aura toutes les peines du monde à ne pas tout casser tant il est toujours à la limite d’exploser. Les maîtres shaolin sauront canaliser cette énergie mais le vengeur ne se génera pas pour laisser exploser une ultime fois sa colère lors du combat final afin de mettre un terme aux démons qui le hantent. Et on ne lui en voudra pas, bien au contraire tout comme aux moines qui se sentent soudain investis d’une mission purificatrice pour la moins dévastatrice.

Eight diagram est une oeuvre vraiment à part dans la filmo de Liu Chia Liang, une sorte de testament macabre où il renoue avec les différences qui l’avait éloigné de Chang Cheh, le kung-fu, médium violent et peu respectueux exacerbant la vengeance brute. Cette rage typique de Chang Cheh alliée au savoir faire inégalable de Liu Chia Liang en matière de chorégraphie en fait pour ma part le meilleur kung fu old school de tous les temps !

Les premières scènes comme toujours assez caricaturales peuvent prêter à sourire pour le découvreur de ce genre de film mais gageons qu’au fil du métrage, du sérieux de l’ensemble, et de l’arrivée d’un enchaînement de combats finaux époustouflants, il saura apprécier le spectacle à sa juste valeur. Car des chorégraphies comme celle-ci sont vraiment de pures perles rares.

Une dernière pensée pleine de respect pour Alexander Fu Sheng, acteur énergique par excellence, qui fait ici sa dernière apparition, victime d’un accident de voiture qui lui coûtera la vie en plein milieu du tournage et à seulement 29 ans. Accident qui fit beaucoup parler notamment parce que Fu Sheng habitait à ce moment dans la même maison que Bruce Lee (paraît-il), lui aussi victime d’une mort précoce et brutale… glp.

05/05/2003
http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/eightdiagrampolefighter/critiques.html

La rage

Réalisé à la toute fin de règne des studios Shaw Brothers, les 8 Diagrammes de Wu Lang est une oeuvre à part dans la filmographie de Liu Chia Liang, une sorte de testament macabre où il renoue avec les différences qui l’avait éloigné de Chang Cheh, où le kung-fu, médium violent et peu respectueux exacerbe la vengeance brutale, comme une antithèse de la 36ème Chambre de Shaolin et de beaucoup d’autres films du réalisateur. Cette rage vengeresse typique de Chang Cheh alliée au savoir faire inégalable de Liu Chia Liang en matière de chorégraphie accouche d’un spectacle martial de référence.

La mort accidentelle pendant le tournage du héros désigné Alexander Fu Sheng a fortement perturbé les esprits, l’architecture même du film, et n’est certainement pas étrangère à l’intensité qu’offrent Gordon, devenu personnage principal par la force des choses, et Kara Hui lors de la scène finale : un combat en nombre et en équilibre qui enterre à peu près tout ce qui peut exister en old school.



01/10/2010
http://www.senscritique.com/film/les-8-diagrammes-de-wu-lang/5141229986559474

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