Shaolin contre ninja (中华丈夫) 1978

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Techniques chinoises Vs techniques japonaises : une perle pacifique de Liu Chia Liang.

4-25
Voici pour commencer un choc frontal entre un couple fraîchement marié, une japonaise de haute lignée adepte du karaté, trop jeune et fière pour avouer que les arts martiaux chinois sont à l’origine des arts japonais et notre grand sifu Liu Chia Hui aka Gordon Liu en mari compréhensif (jusqu’à un certain point).

De leur mésentente va découler un challenge. Gordon pousse le bouchon un peu loin avec sa jeune protégée qui décide alors de faire appel à une troupe d’experts japonais pour prouver à son mari que les arts nippons ne rigolent pas.

La première partie est donc une comédie conjuguale typique assurément un peu lourde mais déjà pleine d’énergie avec ses affrontements moqueurs qui en viennent vite aux lancers de set de table dans la figure. Cet apéritif est en tout cas assez finement mis en scène pour appuyer brillamment les grands thèmes du Sifu. La réunion improbable des deux ennemis ancestraux au sein d’un même couple lui permet de s’amuser au choc des cultures provoqué mais annonce aussi son désir de transmettre ses valeurs d’humilité et de respect par le biais de Gordon Liu. Le message de Liu Chia Liang est clair. Les querelles entre la Chine et le Japon ne signifient rien face à la sagesse et au discernement de l’esprit martial. Bien loin des mesquineries, de la jalousie, du clivage forcé, des incompréhensions culturelles et des pensées racistes, la sagesse des arts martiaux, qu’elle vienne de Chine ou d’ailleurs, réunit plus qu’elle ne divise. La japonaise remballera d’ailleurs petit à petit sa colère à la vue d’une telle leçon de tolérance pour bientôt admirer la beauté du spectacle offert et les prouesses de Gordon en particulier.

Le manque de tension est presque une marque de fabrique naturelle de Liu Chia Liang qui prône encore et toujours ici les vertues non violentes du kung fu. Mais à l’opposé de ses autres films de la même lignée pacifique et légère, celui-ci est vraiment enthousiasmant car il présente de façon unique une sorte de tournoi ultime respectueux et formidablement technique, jusqu’à son final déjanté où Gordon, véritable incarnation de l’esprit martial, montre à l’ennemi réputé le plus vil, le ninja, que les arts martiaux véritables triomphent toujours car plus que le corps, ils forgent l’esprit, la concentration voir même la clairvoyance, et le rendent apte à faire face à tous les pièges, même les plus sournois.

Du reste le Japon n’est pas pour une fois relégué au rang d’ennemi ancestral et brutal sans aucun honneur. Les combattants son loyaux comme le samouraï en particulier, qui pour une fois dans un film hongkongais est montré de façon honorable. Finalement, seul le ninjitsu, art vil par excellence, est pris à parti et permet à Liu Chia Liang de dénoncer non pas la nation japonaise mais la tricherie de cet art obscur et la fourberie inutile de l’expert en question, le fabuleux Yasuaki Kurata.

Les combats sont eux vraiment magnifiques, réalistes, techniques, non violents (on est vraiment dans la pure démonstration) et ultra pédagogiques puisqu’ils passent en revue quasiment tout ce qui peut se faire avec un niveau martial très élevé, le pied ! que dis-je le panard ! Seul le combat final, le ninjitsu, part totalement en live ce qui fait office de cerise sur le gateau.
Jugez plutôt de l’ampleur de la panoplie utilisée :
-épée droite shaolin vs katana
-boxe de l’homme ivre vs karatéka (*)
-tri-bâton shaolin (sansetsukon) vs nun-chakus
-lance shaolin vs lance japonaise
-double épées courtes shaolin vs Saï ninja
-kung fu vs sumo
– et enfin la totale shaolin (lance, darts, épée, crane style, 12 coins) Vs la totale Ninjitsu (disparition, déguisement, lance, shurikens, bombes, grappin ninja, katana, crabe style (hillarant), water element)… Ouf !

Sans compter notre sifu Liu Chia Liang qui vient lui-même nous faire une démonstration de la boxe ivre dont vous me direz des nouvelles.

(*) Parmi le cast constitué de 8 japonais, certains reconnaitront peut-être au passage Tetsu Sumi en tant qu’ambassadeur du karaté, un des hommes de main récurrent de la série des Streetfighter avec Sonny Chiba.

heroesoftheeastcast

05/05/2003
http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/challengeoftheninja/critiques.html

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