Animatrix (2003)


Dans les grandes largeurs : impersonnel, indigeste, soporifique.
2-75

Neuf courts métrages dont les sujets tournent autour du monde de la Matrice.
The Final Flight of the Osiris, Second Renaissance part I & II, Kid’s Story, Program, World Record, Beyond, A Detective Story, Matriculated.

Principal atout, des pointures de l’animation participent à l’oeuvre. Chaque court offre donc une patte visuelle différente qui permet à chacun d’y prendre ce qu’il veut. Problème, globalement le traitement visuel est impersonnel, constitué d’une multitude de repompages ici et là. Le coup des différents styles graphiques pour une même trame ne fonctionne pas et la vision de tous les courts à la suite est assez frustrante car inégale. Restent que chacun peut y prendre ce qu’il veut et pour ma part j’en prend deux, Beyond du Studio 4°C et la patte du grand Morimoto et Record pour son traitement très particulier, incisif et personnel.
Pour le reste, le travail visuel décevant et surtout très inégal n’est vraiment pas soutenu par ce scénario S-F qui se prend pour du Philip K. Dick alors qu’il n’en est qu’un ersatz unidimensionnel sans vie. Dans l’ensemble, Animatrix est donc décevant surtout si on attend quelque chose de l’univers de la matrice. Tout cela n’est que de la mythologie de masse pondue à la volée, du grand rien tartiné de « qui suis-je ? où vais-je ? », « oooh, mon dieu, je suis dans la matrice, vite sautons d’un immeuble pour fuir ce monde de m… », une invitation au suicide ?

Le premier Matrix aurait vraiment dû rester tout seul, ça aurait éviter de se taper ces scénarios de 5ème zone.

FINAL FLIGHT OF THE OSIRIS :
Démonstration technique et grand froid polaire
2.5
Que retenir à part une pure démonstration de synthèse et un souci forcené de tendre vers l’hyperréalisme finalement très éloigné par le sentiment mécanico-virtuel prédominant. Les regards sont si froids qu’ils en feraient peur. C’est carré, trop carré, froid, glacial, quant au sens, c’est le même que pour tous les animatrix, une tentative d’en donner plus aux affamés alors que le fruit a déjà été pressé dans le premier matrix. SPOILER : bon point, l’asiat, le black et l’équipage tout entier, virtuels de services, ne s’en sortent pas, preuve qu’ils ne sont que des programmes.

SECOND RENAISSANCE PART 1 & 2 :
1 pour la part.1 et 3 pour la part.2
2
premier sentiment, « que c’est moche », graphiquement, le manque de personnalité est flagrant, on dirait du Moebius sans l’inspiration qui fait la différence. La première partie est en plus sans aucun intérêt. Dans la part. 2, c’est un peu plus relevé thématiquement puisqu’on est en plein dans la prise de pouvoir des robots mais c’est toujours aussi mort visuellement : 1) ça bouge mal 2) aucun design original, que de la repompe impersonnelle 3) une seule scène valable, la jeune droïde qui se fait molester dans la rue, c’est bien peu.

KID’s STORY :
Très mitigé
2.5
De la rotoscopie, non ? on décalque des photos ou des bouts de prise and that’s all. L’errance d’un jeune neo en herbe n’a vraiment aucun intérêt. Bref, ça pourrait être aussi mauvais que les autres sauf qu’il y a une poursuite en skate board qui vaut le déplacement, rapide, distordue, inventive, cette scène met sa petite claque, je serais bien curieux de voir ça en relief avec les moments ou la tronche du gars passe à toute vitesse devant la caméra et un style graphique crayonné (à la Bill Plympton) qui fait oublier le trop de roto et le vide infernal du thème.

PROGRAM :
2.75
Pour la patte graphique de Kawajiri uniquement.

WORLD RECORD :
Le seul qui ait de la personnalité (avec Beyond)
3.5
Par le futur réalisateur de Red Line. Contrairement aux autres, c’est pour ma part le seul des courts qui sort vraiment du lot, qui à sa propre personnalité graphique (avec Beyond), une représentation du mouvement bien à lui, un trait hyper saillant et une palette ultra contrastée. Évidemment, je comprend qu’on puisse trouver ça moche, pour moi, pas de doute, ici, on repompe moins qu’ailleurs et les mouvements au ralenti, les muscles relâchés, le claquage en gros plan sont autant de traitements différents et sympathiques.

BEYOND :
Frais, joli et space
3.5
ça pousse toujours pas loin dans le thème, mais la touche Morimoto est là. C’est frais, ça bouge, ça se déforme avec l’objectif qui part en vrille. Pas étonnant quand on connait qui est derrière la chose.

A DETECTIVE’S STORY :
Aucun intérêt
1.5
Que ce soit dans le visuel ou dans l’histoire. On a déjà vu ce concept des tonnes de fois et en 10 fois plus probant.

MATRICULATED :
Qui c’est qu’a tout fumé ?!
2.25
Graphiquement, à part le chara design du dessinateur d’Aeon Flux et son art du mouvement et du longiligne très particulier, le reste est simplement affreux, une palette psychotrope qui mélange allègrement tout et n’importe quoi et en nombre, des images fractales (oooh ça bouge) d’une banalité à faire dormir mon chat, des filtres photoshop de base par bulldozer dont le fameux emballage plastique (erk !), des décors et des machines en 3D primitive, j’ai même pensé à « money for nothing » (le premier clip en 3D) tant les mechas et les murs sont plats, vides, sans âme. Pour l’histoire, c’est le plus intéressant je crois, je sais pas ce qu’ils ont avalé mais c’est du tout space.

27/06/2003
http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/animatrixoav/critiques.html

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