Les larmes du tigre noir (ฟ้าทะลายโจร) 2000

WISIT nous pond un ovni thaï : Kitchorama et rocket blown up au programme !
3-75
Le concept de départ était délibérément scindé en 2, la tradition et la modernité, c’est toute la force du tigre noir mais c’est aussi sa petite faiblesse. En effet, il est très difficile de jongler entre…

– une histoire à l’eau de rose ultra classique directement reprise des vieux films thaïlandais traditionnels, un amour impossible défiant les lois sociales et plus fort que la mort qui tue elle-même, une ambiance rétro 60’s à la fois dépouillée, sensuelle et surchargée de couleurs flamboyantes et de décors surréalistes, une musique délicieusement traditionnelle et originale, un jeu d’acteurs sensible, etc.
ET

– de l’action complètement folle, des combats de cowboys à coup de rockets, un lucky luke Thaï qui peut tuer un gars derrière un poteau en tirant dans le sens opposé, le tout à 15 m de distance, des méchants frappés sans foi ni loi, un dentier et une cervelle qui éclatent dans toute leur splendeur, des rafales de fusils à pompes, de mitrailleuses, des bullet time originaux, du comique grotesque, du surjeu d’acteur sans complexe, un thème musical action/aventure délicieusement kitsch (mais un brin rabaché), etc.

… tout en restant cohérent et accrocheur tout du long et le pari est tout de même relevé de fort belle manière, la preuve en est, le final, remarquable des deux côtés.

D’un autre côté, la régularité du changement d’ambiance est inamovible, limite rigide, précalculée, un coup c’est romantique, puis ça repart sur les chapeaux de roue, et c’est exactement comme ça tout le long, de la scène d’intro au final.

ça manque un peu de finesse donc, et de surprise scénaristique, mais c’est assurément un film à voir et une bombe thaï du très reconnu là-bas, Wisit « le grand », déjà réalisateur de 2499 et de pubs débridées totalement psyche pour les jeans wrangler. 8 mois de tournage, c’est pas du petit B pour sûr !

Pour finir, les acteurs surjouent évidemment mais sont vraiment tous excellents et en pleine forme (des jeunes premiers pour les rôles principaux et des grosses pointures locales pour les seconds rôles), à part peut-être l’amoureuse indéperissable (italo-colombienne d’ailleurs) qui a parfois du mal à imposer une véritable puissance émotionnelle. Il faut dire que la tache est rude au milieu d’énergumènes gonflés à bloc d’où une légère impression qu’ils se tirent joyeusement la couverture.
Mais Wisit est un gars qui sait ce qu’il veut et ça se voit.

01/08/2003
http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/tearsoftheblacktiger/critiques.html

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