5 Venins mortels (五毒) 1978

Le mythe, la classe, le kitsch, à défaut du reste…
2-25

A l’image de la scène d’introduction des Venoms, la meilleure du film, permettez-moi de vous présenter la bande des Venoms, nom qui ne les lâchera plus à partir de ce film d’ailleurs :

N°1 : « le mille pattes » / Lu Feng : le bras droit du serpent, rapide, doté d’une grande capacité à enchaîner une pluie de coups / trapu, brutal, visage dur ; Lu Feng est celui qui participe le plus à la mise en place des combats avec Kuo Chui, il possède une solide expérience martiale. Il est ici très méchant, rôle qu’il tient d’ailleurs le plus souvent dans les films des Venoms.

N°2 : « le serpent » / Wei Pai : le cerveau machiavélique. Il utilise la technique des doigts meurtriers telle la morsure du serpent, si souvent reprise dans d’innombrables kung-fu / grand, plutôt beau gosse, le moins fructueux des Venoms, malgré son rôle principal (le seul) dans La dernière chevalerie de John Woo et sans doute celui qui possède le moins d’expérience dans les arts martiaux sans être manchot, loin de là. Le seul à jouer assez facilement gentil ou méchant au choix.

N°3 : « le scorpion » / Sun Chien : le plus ambigu, le plus énigmatique, qui ne choisira son camp qu’à la toute fin. Aussi habile de ses mains que de ses jambes, il kick très facilement de face ou de dos et utilise les deux mains en même temps pour frapper d’où son nom / sourcils très remontés, visage d’enfant, Sun Chien est sans doute le plus expérimenté des Venoms derrière Lu Feng et Lo Meng. Il possède un kick de toute beauté. Il joue souvent le plus avisé des personnages.

N°4 : « le lézard » / Kuo Chui : le cerveau des gentils, d’un naturel souriant, il cherche à savoir la vérité. Il a la particularité de pouvoir grimper aux murs et d’y rester coller pour ainsi frapper latéralement (ce qui ne semble pas vraiment très utile mais bon…) / Kuo Chui aka Philip Kwok Chun Fung est le leader spirituel des Venoms et participe activement à la mise en place des chorégraphies. Il joue presque toujours le chef des gentils et est le seul, avec Lo Meng à moindre mesure, à avoir poursuivi avec succès dans le cinéma où on l’a vu récemment encore acteur dans à toute épreuve en méchant sans âme et chorégraphe notamment pour Le pacte des loups de Christophe Gans.

N°5 : « la grenouille » / Lo Meng : Un bon gars aidant et amical mais pas très futé, il ne possède aucun point faible (à moins de le torturer savamment). Il amortit tout les coups grâce à sa robustesse et son Qi phénoménal ce qui le rend quasiment invulnérable / Gueule carré, épaule de déménageurs, Lo Meng est le costaud des Venoms et, à mon sens, le plus charismatique avec Lu Feng. Il frappe sèchement, avec amplitude, et semble spécialisé dans les milles et une façons de traduire la souffrance sur son visage. En gros, il aime faire des grimaces… Mon chouchou incontestablement, même si son talent dramatique est des plus faible.

Le joker / Chiang Sheng : jeune élève initié à chaque technique des Venoms et chargé de les retrouver suite à la mort du maître, Chiang Sheng n’est pas directement un Venom mais joue un rôle aussi important que les autres et participe activement au combat final / Feu follet des Venoms, surnommé « cutie pie », le petit malinou quoi, fin, visage de marmotte, Chiang Sheng est avant tout un acrobate de premier ordre et prendra une place dominante dans les autres films de la série comparé à Wei Pai qui n’est en fait un Venom que dans ce film. Ses spécialités sont les sauts dans tous les sens, flips, saltos, etc. Rapide, agile, bref le Spiderman des Venoms, toujours de bonne humeur et cabotin.

Ce qui frappe avant tout avec les Venoms est qu’ils tiennent leur propre rôle dans presque tous leurs films. Leurs personnages sont bien définis ici et ils ne s’éloigneront que succinctement de ceux-ci malgré leur volonté de s’interchanger les rôles par la suite.

Et puis voilà, quoi. Pour tous ceux qui aiment les Venoms, Five venoms est la base de tout, le classique incontestable où l’on s’amuse à retrouver, très facilement d’ailleurs, qui est qui. Sans eux (et Robert Tai bien sûr), le film ne serait pas grand chose finalement, voir rien du tout. Désolé Chang Cheh mais tes grands succès et des grandes stars charismatiques sont derrière toi. Malgré une volonté de mettre un peu d’intrigue et de nouveaux artistes martiaux en jeu pour contrer à sa manière les kung-fus de Liu Chia Liang, le scénario reste bien trop naïf, le film très sérieux plombé de dialogues interminables et les Venoms ne peuvent atteindre une once du jeu d’un Ti Lung ou d’un Lo Lieh.

Tout cela se déroule un peu comme un épisode de Dragon Ball Z sans action pour imager, ou comme une bd de super héros. L’histoire se veut énigmatique, basée sur une enquête où on cherche à démasquer les fameux Venoms qui ont tous une double personnalité, un côté banal et un autre Venoms, exactement comme des super héros. Mais hormis la scène d’intro qui présente la clique, on poireaute pendant une bonne heure avec des dialogues qui ne révèlent rien puisqu’on a déjà tout deviné, alors que le ton et la musique se la jouent « tendu ». Du genre :
– « Oh ! mais, je reconnais ta technique, tu es le serpent, tu m’avais caché ta véritable identité, sacripant. »
– « Ah ! Ah ! Mais, ne crie pas victoire trop vite, moi aussi j’ai quelques techniques à te montrer !… ».
Enfin, ça, c’est quand il y a un combat, c’est à dire à la fin (et quelques tout petits avant), parce que le reste du temps, rien de bien passionnant à retenir à part une ambiance doucement kitsch, des Venoms motivés et un cachet général qui pourra plaire aux adeptes. Du genre : « Mais qui peut bien être le scorpion ? ».

Mieux vaut se tourner vers de meilleurs films avec les Venoms avant de voir celui-ci, le plus culte selon les fans américains (on se demande où ils vont chercher ça), car ce serait la déception assurée. Un seul vrai combat donc, le final, qui, sans être déplaisant, manque cruellement de punch malgré la présence de Robert Tai en fighting instructor. Bien plus encore que sa suite, Return of the five deadly venoms, la violence des coups et le niveau technique old school ne peut rattraper un côté « cirque acrobatique » qui fait plutôt rigoler qu’autre chose. Une bonne ambiance à la SB tout de même, mais un seul vrai combat, ça ne pardonne pas pour un kung-fu qui se veut la référence du old school.

cast-fivevenoms

29/09/2003 cinemasie

20/02/2011 SC

fivevenoms

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