Swordsman (笑傲江湖) 1990

swordsman1990

La fête des Rois

3-75
C’est un véritable boxon HK que nous offre Tsui Hark, une grande foire du speed, un wu xia totalement fantaisiste et extraterrestre. King Hu, Tsui Hark et Ching Siu-Tung à la réalisation, un véritable clash entre le grand maître du wu xia mystique, King Hu, et ses 2 successeurs dans le style combats fantastiques. Malheureusement, on retrouve très peu de la patte de King Hu ici, qui a abandonné le projet rapidement à la vue des méthodes de travail bien trop rapides de ses deux autres compères. On est bien loin des chefs d’oeuvre esthétiques que sont Touch of zen et Raining in the mountain. On est bien loin aussi d’un équilibre harmonieux entre le paisible et la furie. La photo transmet ça et là un peu de la beauté graphique chère à King Hu mais tout cela semble bien trop lent aux yeux de Tsui. Les quelques jolis plans laissent rapidement la place à une éruption de situations distordues et de combats proprement cinglés qui doivent forcément s’enchaîner à grand coups d’accélérations successives.

De nombreux personnages se croisent pour trouver la clef d’un parchemin sacré dans une ambiance joyeusement survoltée et j’avoue ne pas avoir tout saisi tant ça s’enchaîne à une vitesse folle (v.o.s.t.a. oblige). Toujours est-il qu’au milieu de ses situations drôles ou tristes vite échaffaudées surgissent les combats, ni wu xia, ni kung-fu, simplement délires à base de pouvoirs extravagants, explosion de Qi (énergie interne concentrée puis relâchée vers l’extérieur dans un déluge d’explosion), whirlwind kicks, sauts vrillés dévastateurs, lancers de serpents, attaque d’abeilles, acrobaties ultra câblées et j’en passe. Les décors en bois sont d’autant plus enchevêtrés et complexes qu’il permettent ainsi de rebondir à chaque angle et de faire tout exploser dans une tornade de coups spéciaux. Mais bon, tout cela va très très vite et ne peut durer longtemps vu que les gars sont tellement puissants qu’ils font tout péter en quelques secondes.

Le rythme et le ton fantaisiste à outrance restent jubilatoires mais c’est un peu trop la fête et la profusion de dialogues mystico-stratégiques sans intérêt (surtout comparé à un King Hu pur jus) pour pouvoir y trouver une unité libératrice. L’histoire rocambolesque et longuement décortiquée en tout sens anihile pas mal de l’énergie globale. Malgré tout, Swordsman est un incontournable (quoique) qui ne lésine pas dans les idées de combats improbables.

Il manque aussi cruellement d’un vrai héros charismatique puisque c’est Sam Hui, sabreur plutôt rigolard qui s’y colle avec plus ou moins de réussite. Il n’est d’ailleurs pas si héroïque que ça.

Autant je craque devant un Swordsman 2 ou nombre de films du même genre qui détruisent volontairement les limites de la cohérence pour mieux révéler leur énergie, autant le mélange proposé ici perd un peu de goût en voulant tout faire à la fois, en voulant trop mettre dans un seul film, que ce soient beauté, mysticisme, fantastique, rires et larmes (n’exagérons rien), combats, complots, aventure, personnages importants à la pelle, et même chansonettes, et ce pendant 1h50. Temps mort please…

20/10/2003
http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/swordsman/critiques.html

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