Hulk (The Hulk) 2002

hulkanglee

Le mal aimé
4-25
Selon l’avis de la très grande majorité toute puissante, ce Hulk est donc une bouse bavarde, clichée et morne ou bien kitch, trop voyante et artificielle au choix, alors que le Hulk de Leterrier est bien plus facilement taxé de blockbuster efficace.

Pourtant, c’est fou comme la poignée de fous qui aiment ce film sont incroyablement d’accord entre eux, y compris pour conchier la version de Leterrier. Les arguments du parfait mélange entre le cinéma et le Comics de ce Hulk n’ont pas l’air de convaincre grand monde malheureusement.

Le Hulk de Ang Lee est spécial, largement fait de suggestions visuelles pas faciles à avaler. Mais il va là où aucun autre film de super-héros n’a su aller par une voie détournée, dite tape à l’oeil et grossière.

Bruce Banner, discret et humble, subit autant physiquement que mentalement la folle soif de pouvoir de son père. Son trauma refoulé le rend particulièrement vulnérable au pouvoir gigantesque qui lui tombe littéralement dessus. Il résiste de toutes ses forces à sa bestialité envahissante malgré son plaisir grandissant à libérer le monstre, invulnérable lui. Homme brillant et chétif ou bête primaire au potentiel physique infini, voilà l’enjeu de Hulk et tout ce qui fait le sel de la longue attente avant son arrivée. Le sentiment de cohabitation sur le fil entre l’homme aimant et sa quête d’atteindre les dieux se démontrent plus encore par la suite, là encore par une voie outrancière mais jamais vue avant ni depuis.

Eric Bana discret, dit absent et monolithique, est une fourmi, un être faible et tiraillé, très juste voir grandiose lorsque le poids du pouvoir s’abat sur lui. Nick Nolte dit caricatural reste à mes yeux impérial et dégage une force et une folie oppressante et cartoonesque impressionnante. Sam Elliot, égal à lui même dans un rôle qui lui colle à la peau, trouve aussi le ton juste pour interpréter son personnage de père à la fois militaire et protecteur. Jennifer Connelly, je n’ai rien d’autre à ajouter.

Quelques longueurs lourdement conspuées sont pourtant presque nécessaires pour nous plonger dans l’ambiance étrange et tout à fait particulière d’un Comics où l’amour n’a pas besoin d’explication, il est le moteur du reste d’humanité de la bête.

L’action CGI somptueuse et nerveuse et la puissance du monstre éclatent ensuite (merci à Ang Lee pour avoir fait lui-même la motion capture) dans toute leur splendeur. La scène avec les chiens mutants, par exemple, dite ridicule et risible, reste la première à montrer la violence possible d’un Hulk de BD à l’écran. Quant aux scènes à partir du désert, et précisément lorsque le vent le caresse en plein saut, à une époque j’aurais poussé jusqu’à dire : du grand art. Aucun autre film de super-héros ne saura aussi bien filmer un être surpuissant à sa propre échelle plus large que celle d’un Homme.

La mise en scène trop propre, calculée et inégale reste constamment fulgurante de précision et de détermination dans sa démarche. Les raccords typés comics et autres split screens plutôt brouillons, mal et trop utilisés gardent tout de même assez d’originalité pour ajouter fièrement à l’ambiance Comics, tout comme les décors vides et flashy éclatent des mêmes couleurs pastelles et criardes improbables.

Le final lui aussi largement décrié m’apparaît comme une apothéose mystique et surréaliste très surprenante qu’il fallait oser et Ang Lee l’a fait. Cette scène onirique cimente d’une manière autre encore les nombreux thèmes paternels et filiaux, humains et surhumains qu’aucun autre gros machin de super héros futur n’aura les baloches de mettre aussi brutalement sur la table, avec la même hargne dramatique grandiloquente, tant il est vrai que l’histoire d’un homme qui devient vert, enragé et indestructible, c’est tout à fait crédible…

Malgré ses défauts, de longueurs avant tout, et sous son allure de blockbuster puant et sans âme, Hulk est une oeuvre sincère, sensible, profonde et puissante qui mise sur les sentiments romanesques et renouvelle le mythe et le traitement cinématographique des super héros. Pour ma part la meilleure adaptation Marvel carrément. Spiderman n’est qu’une boule de vanille à côté de ce Hulk, large Tiramisu avec coulis de rhum.

ps : ce n’est pas pour rien que le meilleur personnage de Avengers, c’est Hulk.

12/05/2012
http://www.senscritique.com/film/hulk/9641229840985736/critique/drelium/
19/01/2004
http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/hulk/critiques.html

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