Born invincible (太極氣功) 1978

Une sacrée perle… pour rester poli. Le meilleur Joseph Kuo avec 7 Grandmasters.
4-00

Largement inspiré de Executioners from shaolin et surtout de Invincible armour , Born invincible est un kung fu pian survolté constamment à la limite de l’indépendant old school et de la fantaisie qui explosera par la suite avec les gros budgets. C’est la rencontre entre Joseph Kuo, réalisateur indépendant jusqu’à la moelle, et le clan Yuen lené par Yuen woo Ping, grand pourfendeur des chorégraphies les plus folles qui vient déjà à l’époque de signer snake in the eagle’s shadow et le maître chinois.

Indépendant donc car les moyens sont limités et le scénario est encore une fois minimaliste à l’extrême : 2 frères très méchants tuent un gentil maître qui veut protéger un vieux sabreur. Malheur ! Les gentils élèves sont alors prêts à tous y passer pour se venger et rétablir l’honneur de l’école. Plus classique, tu meurs.

Old school car les plans, terrestres pour la plupart, montrent bien l’action dans toute sa longueur avec une approche quasi documentaire. C’est du sérieux. La chorégraphie est l’objet de toutes les attentions. La caméra scrute le moindre détail pour que le spectateur ne perde pas une miette de chaque mouvement. Joseph Kuo est très doué pour transmettre l’énergie brute d’un combat. Mmmmh, c’est bon, même si le montage semblera très rugueux et simpliste à ceux qui s’attendent à du grand cinéma. Joseph Kuo réalise le plus souvent des kung fus indés qui surfent sur les succès en cours des plus gros réalisateurs (18 bronzemen suite à la série shaolin de Chang Cheh par exemple) et réalise assez vite le plus souvent à part pour ce film et 7 grandmasters.

Ici, tout est axé sur les duels qui s’enchaînent en total non stop jusqu’à la fin. Le reste est expédié le plus vite possible avec un ton étrangelent dramatique, ce qui ne manque pas d’apporter de nombreux moments involontairement comiques. Les raccourcis en masse et la naïveté générale sont aussi ce qui fait le charme d’un bon vieux kung fu indépendant. De plus, il n’y a pas véritablement de grand héros qui peut abattre les 2 méchants ce qui est une autre surprise plus ou moins agréable.

Fantaisiste de surcroît, car Yuen woo Ping introduit avec délice une palette d’idées, de coups et de folie qui dynamitent l’ensemble sans trop d’excès, comme rarement dans un kung fu pian qui sait rester old school.

Les deux méchants (enfin nous y voilà) sont Lo Lieh et Carter Wong. Ils forment le plus culte des duos de sadiques bêtes et mortels qu’il m’ait été donné de voir. Le premier (en rouge et noir…) utilise une matraque (un tonfa pour être précis) avec une scie incorporée qui lui permet de briser les armes et les membres des attaquants. Lo Lieh est en super forme, rieur et prétentieux comme il faut.

Le second (en blanc total) est encore plus mythique : une copie totalement fantaisiste et enragée du légendaire Pai Mei, élevé depuis sa tendre enfance à la dure pour maîtriser la technique de la chemise de fer qui le rend insensible à n’importe quelle lame, coup, masse, etc. Et il en rit de bon cœur ; ) avec sa voix de castré. Et oui, tout comme Pai Mei, même cette partie de son anatomie ne craint rien. Pour couronner le tout, il possède quelques techniques inédites comme, par exemple, le coup de boule renversé et le diagramme des 8 pôles inscrit au sol pendant ses combats qui le rend définitivement invulnérable. Un sacré adversaire… Toujours pour rester poli. Je suis définitivement tombé de bonheur devant le charisme dantesque de Carter Wong superbement imperturbable et lâchant un rire narquois inimitable la seconde d’après. Simplement l’une des adaptations les plus mémorables, et surtout énergiquement caricaturales, du vieux Pai Mei.

Le mélange de la brutalité, de la bêtise, de la technique (omniprésente avec un tel cast), de la fureur classique d’un bon vieux kung fu old school, de la touche « combats virils réalistes » du généreux artisan qu’est Joseph Kuo et des idées originales de Yuen woo Ping donnent au final un pur divertissement drôle, bête, intense et jouissif que je ne peux que conseiller.

Et la version française, n’en parlons même pas : avec la voix officielle de Bruce Willis pour Carter Wong, un régal !

12/02/2004
http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/borninvincible/critiques.html

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