Violence Jack (バイオレンスジャック) 1986

Élégie de la violence
3-00

Toi, le jeune en manque de testostérone qui se fiche pas mal de la cohérence ou du relief d’un scénario, toi qui n’a qu’un souhait, voir du viol, du pillage et des tripes, toi qui aime les dialogues vulgaires, provocateurs, crétins et les héros sans queue ni tête qui ne savent qu’étriper à tour de bras, Violence Jack est pour toi !

Go Nagaï pousse le plus loin possible dans la logique « Ken le survivant » pour n’en retirer que le principal : la splendeur de la violence graphique. Du même coup, il en oublie le reste.

Dans un futur dévasté par une comête qui a tout fait pêter, surgit de la roche un streum énorme et invincible, héros quasi muet, démoniaque et à priori immortel, qui n’a qu’un objectif, l’épuration du mal par le mal. A la différence de Ken, Jack ne connaît pas le karaté et n’a aucun background sentimentalo-déstabilisant. Jack est une montagne sans passé qui n’a que ses énormes mains et gigantesques pieds pour écrabouiller la vermine barbare qui sévit en ce monde de trouble. Il n’est pas non plus intouchable tel Ken puisqu’il se prend des coups, se fait couper les membres, se prend des lames dans le bide, une tonne de balles dans le corps, des roquettes en pleine face, etc. Mais pas d’inquiétude, Jack est immortel, d’après ce que j’ai pu comprendre, et se régénère grâce à la foudre. C’est une bonne occasion pour faire encore plus gicler le sang et les tripes : les siennes pardi !

A la question « y-a-t-il une limite ? » posée dans Urotsukidoji, je peux répondre sans ambage : non définitivement aucune.

OAV 1 : les seuls survivants du cataclysme vivent terrés dans les profondeurs de la terre et se divisent en trois secteurs :
– le secteur A : des pseudo honnêtes hommes qui se cachent derrière leur anciennes fonctions de notables ou de fonctionnaires pour mieux devenir en coulisse des bêtes pratiquant viols et abus. Quelques enfants rescapés subsistent aussi, seuls et maltraités, en se nourissant de cafards et de rats qui traînent ça et là.
– le secteur B : le traditionnel gang de barbares ignobles et vulgaires baptisé « Mad Saulus » dirigé par une montagne défigurée et un transexuel sadique.
– Le secteur C : un ban de mannequins rescapées de la catastrophe qui ont l’avantage d’avoir survécu de par leur aptitude à la diète (c’est elles même qui le disent).

Déterré par des hommes du secteur A, la bête Jack va faire le ménage et s’allier aux secteur C (ben tiens) pour finalement remonter à la surface, libres. Ce premier OAV est de loin le plus ignoble puisqu’on a droit à toute la panoplie : viols collectifs (avec une jolie mosaïque : faudrait pas trop choquer non plus), éviscération, décapitation, démembrements, monstre sanguinaire et même massacre d’enfants en live et sans censure pour le coup. Voir des enfants au chara-design Goldorak se faire tailler en deux le crâne et le reste : how shocking !

OAV2 : L’épisode débute par un couple sauvagement attaqué par une bande de motards du futur, les « Hell’s wind ». Un petit village non loin de là va à son tour subir toute la subtilité de ces barbares (au hasard, un gars qui se fait écarteler, chacune de ses jambes attachée à une moto). La jeune épouse du début, totalement transformée en Rambo féminine, va venir à leur secours. A son tour, Jack débarque du plus profond de l’horizon, en bon sauveur qu’il est, protecteur de la veuve et de l’orphelin. Criblé de balles et d’une roquette « bonus », il se relèvera et détruira finalement le gang avec panache. Un épisode typique de l’ambiance « Ken le survivant ». On sent déjà que la violence est plus gratuite qu’autre chose à ce stade.

OAV3 : Le samouraï des taudis fait son apparition, un super méchant qui use de l’esclavage et de la prostitution pour faire fructifier son emprise sur le monde, ou plutôt ce qu’il en reste, un vieil ennemi de Jack. Ce dernier va à nouveau faire son devoir (pourquoi, ça on ne sait pas) : protéger les innocents. Ce troisième volet est plus soft et moins outrancier car il appelle une suite. Animation encore un cran en dessous.

Pour résumer, Violence Jack est un mix de l’horreur Urotsukidoji (plus soft dans le détail) et de l’apocalypse selon Ken. Le graphisme est un brin désué mais correct. L’animation a bien vieilli, est plutôt rigide mais s’en sort dans l’action sans atteindre Ken. Il manque aussi cruellement de techniques de combats pour apporter la rigolade. Le sang, le viol et l’horreur sont là pour rattraper ça même s’ils ne sont vraiment utilisés au maximum à part dans le premier épisode. Et puis, c’est trop gratuit pour créer une quelconque implication. Au final, juste regardable mais pas captivant du tout : vulgaire, simplet, explosant très souvent les limites du mauvais goût. Pour toi, le jeune qui aime ça !

Les dialogues français sont dans la droite lignée de Ken là aussi. Réplique au hasard : « C’est comme ça que j’aime les femmes, nues et attachées ». Tout un programme…

25/02/2004
http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/violencejackoav/critiques.html

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