Les Hommes qui marchent sur la queue du tigre (虎の尾を踏む男達) 1945


Une petite merveille.
4-00
« En 1185, les arrogants Heike sont anéantis sur mer. Leur vainqueur, Minamoto no Yoshitsune, aurait dû reprendre le chemin de la capitale après ses valeureux faits d’armes. Mais le shogun Yoshimoto, connu pour sa grande méfiance croit les médisances de son vassal Kajiwara, et décide d’éliminer Yoshitsune, son cadet. Ainsi, indésirables dans tout le Japon, Yoshitsune et six de ses fidèles vassaux, déguisés en ascètes des montagnes, vont se réfugier au Nord, dans la province de Fujiwara Hidehira. Approchant du poste de contrôle d’Hataka, ils sont résolus à le franchir, s’apprêtant ainsi à marcher sur la queue du Tigre. »

Ainsi se présente le contexte de ce moyen-métrage où Kurosawa use déjà de nombreuses caractéristiques propres à son style. D’une durée d’environ une heure, le récit se divise clairement en trois passages : la marche, la rencontre, le dénouement. Comme dans La forteresse cachée entre autres, c’est le point de vue du faible qui entame le film, ici le porteur, qui ne connait rien de l’identité des ascètes. C’est avec lui et sa bonne humeur contagieuse que nous découvrons ces étranges voyageurs.

Autre particularité du style kurosawa, sa maîtrise à porter visuellement et musicalement un récit. Lors de deux moments de tension par exemple, où les faux ascètes sont sur le point d’être découverts, un enchaînement très rapide de gros plans sur les visages des protagonistes rompt le rythme paisible et pourtant dangereux de leur voyage. Un souci du plan et du montage déjà chirurgical dans ce film de 1945.

Histoire légendaire, mélange d’humour, de suspense, d’humanisme, d’ironie, de pensée bouddhique, de théâtre Kabuki comme de certains passages merveilleusement chantés issus du théâtre No, une grande beauté d’âme et de regard se dégage de l’ensemble. Simplement une merveille de plus de l’immense Kurosawa qui offre ici encore une ambiance singulière et captivante qui reste gravée longtemps après la projection. Et qu’on ne vienne pas me dire qu’il n’est pas un vrai réalisateur japonais après ça !

24/03/2004
http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/surlaqueuedutigre/critiques.html

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