Le temple de Shaolin (少林寺) 1976


Un cast monstrueux d’athlètes et d’acteurs Shaw, malheureusement pas très bien exploité
3-00
Une bonne partie du gratin de la Shaw est là. Avec la toute première apparition des futurs « Venoms » recrutés pour l’occasion à Taïwan, David Chiang et Ti Lung fidèles au poste, Alexander Fu Sheng comme toujours survolté, Chi Kuan-Chun grand technicien parmi les grands, et d’autres encore, on est en droit d’attendre un Chang Cheh chargé en intensité et en prouesses. Malheureusement, ce n’est pas vraiment le cas. Les chorégraphes piliers que sont Liu Chia Liang et Tang Chia se sont faits la belle et ils manquent beaucoup à offrir un spectacle martial vivifiant. L’entraînement est d’ailleurs le maître mot d’une grosse moitié du film ce qui n’est pas sans reproche.
Le temple shaolin est menacé par les Mandchous et les grands maîtres décident d’ouvrir leurs portes aux volontaires extérieurs les plus motivés (5 jours à attendre minimum à genoux devant la porte sans boire ni manger quand même). Mais en acceptant ainsi 6 nouveaux élèves et en accueillant aussi 6 guerriers (dont Ti Lung et David Chiang), anciens élèves venus se requinquer au temple, la galerie s’étend et on ne s’attache finalement à aucun d’entre eux. Chacun a sa très petite histoire et son parcours en parallèle et le zappage excessif de l’un à l’autre est une idée assez lourde au final et peu impliquante.

La première partie, la formation des nouvelles recrues par les travaux domestiques, est tout juste sympathique et l’acharnement est en tout cas le mot d’ordre : être enchaîner et remuer le riz dans 6 énormes bacs le tout pendant plus d’un an… Pas facile. L’entraînement est aussi très tourné autodidacte. Chacun s’entraîne seul dans son coin à un seul exercice et ce pendant plusieurs années, afin de maîtriser une technique en particulier. Les conseils des moines sont minimums, ils sont peu présents à tel point qu’on croirait parfois le temple vide, et la notion d’individu devient plus forte que celle du groupe. Un lien capital les unit pourtant, la dureté de l’entraînement, mais n’est que très peu développé paradoxalement.

L’idée du moine traître à la solde des mandchous est on ne peut plus rabâché et la deuxième partie, une chasse à l’homme dans des tunnels truffés de pièges dont les fameux hommes de bois de Shaolin, perd lourdement le fil dramatique nécessaire à tout bon Chang Cheh.

Mais mince alors ! C’est un Chang Cheh ! ll faut un bon gros massacre de 20 minutes au moins où tout le monde meurt en coeur dans un joli bain de sang. Pas de problème, la dernière partie, l’attaque du temple par les Manchous et les traîtres, dure facilement 25 minutes, zappe sans cesse d’un endroit à un autre du temple, gave bien le spectateur de sacrifices honorables et de combats en nombre déséquilibré qui satisferont tout bon SB fan pas trop regardant. Chi Kuan-Chun, Kuo Chui et Lu Feng en particulier s’en donnent à coeur joie et démontrent leur incroyables qualités physiques et martiales. Ti Lung et David Chiang sont quant à eux plus effacés et semblent même un peu à la cool par moment, enfin surtout David manifestement un poil grassouillet.

Au final, un film tout juste sympathique qui se regarde sans broncher, où les méchants ont des têtes de méchants et les gentils des têtes… de gentils, mais qui manque cruellement d’âme et d’intensité ce qui est dommage au vue du contexte historique grandiose, la fin du temple shaolin, et du cast presque inégalable au moins au niveau martial.

01/04/2004
http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/shaolintemple1976/critiques.html

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