Black Magic (降頭) 1975


Sympa, rituels macabres à foison, bon cast mais enthousiasme mitigé malgré tout.
3-00

Hong Kong, 1975, les problèmes amoureux ont trouvé une solution radicale pour être résolus, il suffit de demander au sorcier Ku Feng un sort, d’amour ou de mort au choix, pour obtenir l’amour non consenti ou assassiner les concurrents sans laisser de trace. Le concept est accrocheur, la critique de Iron aussi, je me lance… et je ne suis pas si convaincu que lui au final.

Les gros points forts sont assurément Ku Feng et ses rites tous plus bizarres et macabres les uns que les autres. Black Magic commence d’ailleurs très fort avec Ku Feng qui fait cuire sur un grill une tête ainsi qu’un bout de dos découpé sur un cadavre, scande des prières incompréhensibles façon sutra maléfique, finit par planter des aiguilles dans des poupées d’argile et assassine à distance un couple d’amants dérangeant. Ku Feng et sa filmographie monumentale et insaisissable n’a aucune peine à passer de ses rôles classieux au sorcier débraillé que l’on découvre ici. Il assure comme toujours.

Et puis voilà quoi, les rites sont nombreux et variés mais l’histoire tourne désespérément en rond malheureusement, et le délire aussi. Lo Lieh (lui aussi monument insaisissable) aime Tanny Tien Ni, le sorcier Ku Feng lui jette un sort, Tanny découvre l’astuce, demande à Lo Lieh comment il a réussit ce coup là car Tanny aime Ti Lung (troisième monument), Ku Feng lance un sort d’amour sur Ti Lung qui tombe raide dingue de Tanny, mais Lily Li, la future femme de Ti Lung, dérange Tanny qui veut se débarrasser d’elle, Ku Feng relance un autre sort de mort sur Lily, etc, jusqu’au moment où un gentil sorcier débarque pour remettre de l’ordre à tout ça. La rencontre finale entre le méchant Ku Feng et le gentil sorcier est un summum de kitsch minable (pire qu’Inframan), mais il ne s’y passe pas grand chose à part des méchants petits rayons laser verts contrés par un gentil champ de force façon Star Trek du pauvre. Un duel pondu à la va vite sans doute qui tranche net avec les précédents rites sacrés minutieusement préparés eux.

Alors oui, c’est assez sympa dans l’idée mais Ho Meng Hua tourne vite, très vite et ça se ressent un peu trop au final, en particulier sur le scénario sorti des studios Shaw le temps d’un brainstorming éclair. Sa réalisation est comme toujours de bonne facture, inventive sans approcher le génie, les rites, les couleurs, les plans d’atmosphère, participent à l’ensemble, mais l’impression persistante de tourner en rond est la plus forte. Black Magic est une suite de jeux amoureux pervertis par des envoûtements assez dingues (poulet pendu, doigt coupé, marionnettes, mille pattes, lait maternel, liquide cadavérique, potions empoisonnées, etc) qui font tout le sel mais ne suffisent pas à obtenir la diversité qui en ferait une « hallu parfaite ». Ku Feng et sa cuisine sont complétés par des fringues 70’s flashy, un Ti Lung blanc comme une aspirine complètement shooté qui erre la plupart du temps comme un zombi (il faut voir ça !), un Lo Lieh cooool un peu comme dans L’enfer des armes mais sans flingue, un caméo éclair de Norman Chu, une Lily Li gentille amoureuse transparente, une Tanny efficace en garce impitoyable, 2 ou 3 plans nus très peu nombreux en fait, à moins que presser un sein pour en obtenir du lait vous semble sexy. Mais là encore, cela n’arrive que deux fois.

Bref, un bon petit B-movie qui se regarde tranquille mais dont les 90 minutes ont du mal à s’avaler avec un entrain significatif. L’histoire est vraiment très creuse mais ce n’est pas nouveau… L’atmosphère très premier degré est agréable pourtant mais l’ambiance seule ne suffit pas et le final très bis déçoit. L’originalité est exclusivement centrée sur les rites magiques et sur les rôles inhabituels que campent cette brochette de grandes stars HK. Le reste tourne un peu au vinaigre malheureusement. C’est étrange comme l’énumération de ce qui fait ce film promet un bon gros délire… En fait pas si délirant que ça.

Black Magic utilise la magie noire Thaïlandaise comme ressort de l’horreur et reste par son approche novatrice un représentant notoire de la vague d’horreur Hongkongaise qui va suivre. Pour autant, il est loin d’avoir magnifiquement vieilli.

27/04/2004
http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/blackmagic1975/critiques.html

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s