Secret service of the imperial court (錦衣衛) 1984

secretservice
Le Baby Cart Shaw n’atteint pas son modèle.
3-25
Ah ça, ça massacre !

Ce film à contre courant des productions Jackie/Sammo de l’époque tente de mélanger l’esprit chambara nihiliste japonais et le wu xia déjanté made in Shaw, et se place certainement dans le top 3 des Shaw Brothers à haut taux de mortalité. Les morts s’enchaînent presque sans interruption. En fait chaque scène, aboutit inévitablement à 1 voir 10 ou même 50 morts. Leung Kar Yan joue le premier officier des services secrets de l’empereur et un héros bien trop honnête pour continuer son sale boulot, assassiner tous ceux qui dérangent la prise de pouvoir du « Izonogoud » du moment, l’oenuque impérial Lau Wing, méchant efféminé au teint pâle et aux doigts vernis (mais mortels !). Ku Feng quant à lui, père de Leung Kar Yan et chef des services secrets, est incapable de se révolter face à la violence du pouvoir en place et n’a que peu de remords à assassiner les opposants par dizaines pour conserver son rang privilégié. Bref, il est temps pour Leung Kar Yan, sa femme et son très jeune fils chéri de fuir une ambiance pour le moins glauque agrémentée d’orgies de jeunes filles peu farouches servies nues et enroulées dans des tapis. S’en suit une cavalcade composée principalement de morts, de massacres, de traîtrises à tous les étages.

Beaucoup de résonances avec Baby Cart dans ce wu xia sanglant de l’énergique et rarement décevant Tony Liu, tant dans les combats expéditifs tout en vivacité que dans l’histoire du héro qui perd peu à peu toute accroche. Beaucoup de geysers de sang typiquement nippons aussi :
– Dès le début Lo Meng, compagnon fidèle de Leung Kar Yan, est forcé de saigner des traîtres au sabre et vas-y que ça gicle à 1m de haut.
– Un superbe combat en forêt tout en travellings successifs se détache aussi. Leung Kar Yan sabreur invincible avec son fils en bandoulière (très secoué le marmot, ou plutôt le mannequin) affronte une centaine de furieux qui se font tous taillés en pièces les uns après les autres pendant que les arbres passent à toute vitesse devant la caméra.
– Les traîtrises, tentatives d’assassinat suivies de suicides immédiats sont conséquents jusqu’à ce qu’il ne reste plus que le sabreur et son enfant qui parcourent la campagne en échappant aux tueurs jetés à leurs trousses.

La maîtrise et la cohésion de Baby Cart sont cependant loin d’être atteintes.
La finesse n’est pas le mot d’ordre et fait tout de même pas mal défaut à l’ensemble. La relation père / fils et les liens familiaux en général sont mis à mal mais l’objectif est plus proche du bain de sang offert en pâture que d’une véritable dramatique approfondie. D’ailleurs, le générique final présente fièrement une rétrospective de toutes les scènes de mort du film dont l’impression est presque outrancière.

Nous sommes à la fin de l’ère Shaw qui fermera ses studios de tournage en 1985, « Secret Service of the imperial court » s’éloigne énormément des wu xia classiques, d’autant que Tony Liu est aux commandes, l’un des réalisateurs de la Shaw les plus débridé lorsqu’il s’agit de l’action martiale. Les combats sont très souvent accélérés, ainsi que d’autres passages comme les gardes qui marchent dans la rue, etc. Problème, ces accélérations sont assez maladroites et ne collent pas vraiment avec une ambiance dramatique voulue proche du chambara nihiliste et des combats majoritairement terrestres. Les effets spéciaux (puisqu’il s’agit de cela) détruisent le récit plutôt qu’ils ne le supportent.

L’histoire assez prétexte n’aide vraiment pas à propulser l’ensemble. Comme très souvent, Tony Liu expose un nombre conséquent d’imbroglios politiques et de personnages tourmentés mais s’empêtre dans les premiers et lèse le développement émotionnel des seconds. Les dialogues restent donc plus stratégiques que touchant et l’ensemble passe avant tout grâce au rythme très soutenu. Tony colle à l’esprit combattant des Baby Cart sans avoir le talent narratif et la retenue maîtrisée d’un Misumi. Le manque d’ampleur et d’un brin de retenue se font sentir pour transmettre la force des grands chambaras. Un peu dommage car « Secret service » baigne dans une folie violente des plus jouissives digne, elle, d’un grand Shaw Brothers ou même d’un cat III.

Toujours est-il que, dans le pur style Tony Liu, le combat final vaut vraiment le détour. Très câblé, superbe et vraiment original, la folie aérienne du méchant poudré de blanc rappelle fortement « Duel to the death » sans la classe, le montage et la vitesse d’exécution, relativisons un peu quand même, et la violence est là encore omniprésente. Les autres combats restent moins marquants hors mis celui dans la forêt.

Ce film mériterait peut-être une note plus élevée en fonction de l’appréciation ou non de ses combats trop vite expédiés pour ma pomme et de sa dramatique peu développée, voire très secondaire….. à vous de juger.

27/04/2004
http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/secretserviceoftheimperialcourt/critiques.html

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