Les 7 grands maîtres de Shaolin (虎豹龍蛇鷹絕拳) 1978


Deuxième perle de Joseph Kuo
3-75
Amateur de kung fu et plus encore de old school indépendant, jetez-vous sur ce film si ce n’est déjà fait. Joseph Kuo, spécialiste des petits kung-fus à l’ancienne qui ne rigolent pas, nous a concocté une recette sans trop de moyens dont il a le secret, magnifiée par son talent à rendre les combats particulièrement dynamiques et rageurs, grâce à sa science épurée du montage, véritable démonstration authentique de l’indépendant. Ajoutez une palette d’artistes martiaux taiwanais trop méconnus qui valent bien techniquement les grandes stars et le duo Corey Yuen, Yuen Cheung Yan aux chorégraphies pour obtenir tout le charme d’un Joseph Kuo à son meilleur niveau.

Les non-habitués trouveront certainement beaucoup à redire puisque les moyens sont minimes, la photo est quelconque, l’esthétisme n’a d’intérêt que lors des combats qui ne datent pas d’hier et n’ont pas grand-chose de surréaliste ou de follement original hormis quelques techniques inédites que je vous laisse découvrir. Mais le coeur y est, la sincérité et la technique aussi, et ça se voit. L’histoire est forcément très classique : un grand maître parcourt le pays en compagnie de ses 4 élèves, défié tour à tour par les 7 plus grands maîtres des arts martiaux. Une histoire un peu plus personnel se greffe là-dessus pour un petit twist final. Malheureusement, aucune présentation de ces grands maîtres ne vient vivifier l’ambiance. Ces derniers (tous des chorégraphes réputés) débarquent à l’improviste au détour d’une scène pour se battre quelques instants et c’est tout.

Malgré cela, le voyage en extérieur a beaucoup de charme, le plaisir est là et il est grand. L’ambiance est authentiquement old school indépendant. Les combats très nombreux sont ce qui se fait de mieux dans le genre, dans la droite lignée d’un Secret Rivals, en moins répétitif et avec quelques armes en bonus. Le rythme soutenu et l’ensemble valent largement le détour pour découvrir les talents de Joseph Kuo, de Jack Long et de Li Yi Min.

Car « 7 grandmasters », c’est aussi un rôle martial sur mesure pour Li Yi Min, impeccable, tout comme Jack Long et Corey Yuen. Il incarne avec talent un rôle d’élève dans la lignée de ceux de Jackie Chan (un brin plus sérieux parce que Joseph n’aime pas trop qu’on rigole). Acteur pas assez reconnu, il démontre ici toute son agilité et ses capacités acquises dans sa jeunesse à l’opéra de Tai Pei à Taiwan, dans la même classe que Robert Tai. Petit insecte suiveur au début, qui veut absolument devenir l’élève de Jack Long, il finira par devenir un redoutable combattant qui nous offre de très beaux moments techniques et acrobatiques, même si le nombre important de sauts de tête et autres voltiges empêche la violence d’exploser totalement comme elle peut le faire dans un Bruce Lee. Cet aspect est d’ailleurs tout ce qui fait la particularité du petit dragon et son succès. Inventeur de son propre style, Bruce Lee tranche radicalement avec les précédentes stars qui viennent toutes de l’école traditionnelle : l’opéra. Sa capacité à transcender le kung fu old school à dominante acrobatique (dont « 7 grandmasters » est un des plus beau représentant) en une démonstration de violence rageuse et expéditive nuira définitivement au succès des kung-fus à l’ancienne où le bon combattant était avant tout celui qui était agile…. Je sais pas pourquoi j’me suis embarqué dans cette extrapôlation m’enfin bon. « 7 grandmasters » offre bien plus que des acrobaties, qu’on se le dise.

06/06/2004
http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/7grandmasters/critiques.html

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