Le Tigre blanc (勇者無懼) 1981


Yuen Woo Ping période « je commence vraiment à me lâcher ».
3-00
Kung fu comédie connue et reconnue en France, Dreadnaught se situe parfaitement à mi chemin entre le « réalisme » du Héros magnifique et la pure folie qu’est Miracle fighters. Cette position peut s’avérer assez bancale voir déroutante. En effet, le personnage du tigre blanc incarné par l’un des frères Yuen transcendé, est si fort, rageur et charismatique que sa présence peut sembler insuffisante. Rebelle recherché par tous, accompagné par sa femme, il est pris au piège lors d’une embuscade dans une auberge et perd sa mi, trop occupé à défendre sa propre vie, ce qui le transforme en véritable fou animal, tueur hystérique fracasseur de tête. Une entrée en matière qui augure du meilleur. Le tigre blanc est recueilli par un ami douteux qui l’aide à se réfugier dans une troupe de théâtre pour se faire oublier.. Et il y parvient.

Yuen Biao, gringalet et peureux parmi les peureux, fait son apparition et prend alors le relais pour le comique survolté et opère une fracture flagrante. Très mal exploitées, les capacités martiales de Biao quasi nulles pendant les trois quarts du film sont un premier point qui pourra décevoir. L’interminable course poursuite entre lui et le Tigre Blanc relève encore de la pure comédie plutôt décevante aussi à la vue des qualités martiales des protagonistes.

Wong Fei Hong est incarné une ultime fois par l’original et légendaire Kwan Tak Hing toujours aussi frais et dispo. Incroyable papy ! Il offre trois scènes martiales très originales où les idées folles de Yuen Woo Ping font mouche grâce à son incroyable énergie. Tout d’abord, lors de la guérison d’un militaire mal embouché qui a la réputation de taper sur les médecins qu’il visite, puis au cours d’un duel contre un tailleur expert en coups d’aiguilles et de ciseaux, interprété par le machiavélique Fung Hak On. Dans la grande tradition du kung fu dans le quotidien initié par Liu Chia Liang, ces combats atteignent des sommets de précision même si ils sont un peu courts et au final peu nombreux.

Pour l’ultime apparition de Kwan Tak Hing, deux de ses élèves s’unissent lors d’une danse du lion particulièrement longue et magnifique qui rappelle la perfection et la théâtralité de celle de Lion Vs Lion. Plus qu’un simple combat, ce duel est un excellent moyen de donner vie aux lions, de les faire s’affronter sans perdre leur substance. Le public doit toujours croire que les lions sont de véritables animaux. Ainsi par exemple, lorsque le lion du nord boit, titube et s’effondre comme un animal à part entière et non comme un costume sous lequel se cache 2 acrobates. De même, le tigre du sud prend largement le temps de se montrer pendant qu’il traverse la « rivière ».

L’intrigue se ressert naturellement et la fureur du tigre est alors remise en jeu (à la manière de la bouteille de Viper de Street trash !!?) pour le final.

Dreadnought fait sans doute partie des réalisations honnêtes de Yuen Woo Ping et mêle le drame (léger), les combats aussi bien violents (le début, le final… trop peu) que fantaisistes (le tailleur, le malade, la poursuite tigre/Biao… trop), le comique troupier, la théâtralité de la danse du lion et sa majesté Kwan Tak Hing. Mais tous ces éléments, savoureux en eux-même, s’imbriquent comme un patchwork disparate bien moins passionnant que les meilleurs Sammo et d’autres Yuen. Il manque de l’unité et surtout un fil conducteur plus impliquant pour véritablement immerger le spectateur peu enclin à la kung fu comédie débridée et décousue. L’énergie ne fait pas tout.

Plus qu’une unité dans le récit, c’est l’unité de style qui fait la cohérence de Dreadnought. Réalisé après « le Héros magnifique », les frères Yuen prennent un peu plus de liberté encore pour s’approcher de leur futur folie « Miracle fighters ». L’histoire n’est en fait qu’un prétexte à la mise en scène d’affrontements atypiques assez éloignés du kung fu pur et dur où Kwan Tak Hing trouve encore merveilleusement sa place. Un film à voir rien que pour lui, voire surtout pour lui…

10/08/2004
http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/dreadnought/critiques.html

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