Turkish Star Wars (Dünyayi Kurtaran Adam) 1982


Intouchable sommet Z. Inexplicable, inarrêtable et imbuvable bouillie filmique.

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Il est rigoureusement impossible de faire plus Z que ce film et vraiment ardu d’écrire un texte cohérent pour éclaircir la chose dans sa globalité et plus encore son scénario pseudo-cosmo-mystico-intellectuel, guerre incompréhensible entre le bien et le mal fondée sur le contrôle des ondes psychiques du cerveau (un détail). Cette performance inégalable se place largement tout en haut de la pyramide du n’importe quoi filmé. Le mieux est de lister, ce sera plus simple :
– un générique confectionné avec des calques préhistoriques.
– une masse de stocks shots d’une VHS pourrie de Star wars
– des stock shots de péplums (derniers jours de Pompeï ?), d’incendie de forêt, d’explosions nucléaires ou de carrières, de la NASA, des pyramides d’Égypte et j’en passe une tonne.
– une bande originale de, en vrac, Indiana Jones (le thème principal revient toutes les 5 minutes), Star Wars bien entendu mais aussi Blade Runner, Galactica, Flash Gordon, 2001 et d’autres encore sans oublier l’incontournable synthé Bontempi.
– une bande sonore inaudible qui déchire les tympans (tirs, explosions, cris de douleur et cris de monstres, le tout en même temps + la musique en mono 1250db).
– une horde de streums aux « merveilleux » costumes en carton ou en peluche multiples et variés qui réunissent des robots, des gladiateurs, des romains, des chevaliers moyenâgeux, des cavaliers en collants noirs avec os de squelettes collés sur le torse sensés être des amazones de la mort à cheval, des yetis roses, des nains, des nelwins pas beaux, des momies en papier toilette, une princesse Xena turc, parfaite potiche, etc, qui cohabitent tous dans la scène finale le plus naturellement du monde. Les scènes de la ville pseudo Tatooine et du bar sont à ce propos édifiantes. Bref, une panoplie de monstres en peluche ou en carton tellement hideux qu’ils finissent même par atteindre leur but : faire peur.
– deux héros de péplum aux regards de braise, Ben Hur du pauvre, forts comme des ours, qui plaisantent tel un Cobra d’outre tombe en pleine bataille et se frittent comme des hystériques.
– un entraînement sur-Stallonien (sur la musique de Galactica) à casser des pierres avec des atemis (le coup spécial par excellence) comme un malade psychotique, sauter une fois sur un trampoline (ce plan collé bout à bout simule parfaitement une marche héroïque avec blocs de pierre attachés aux chevilles), saltos sur trampoline, kick sur trampoline, gueuler comme un forcené en faisant des grimaces…
– des chorégraphies méta minables à base de coups de poings, de coups de coudes enragés et de membres qui se détachent où servent d’armes perforantes.
– une énorme épée légendaire en bois dans le genre de l’éclair de Flash Gordon, encore plus moche et ridicule.
– un cerveau en plastique peint à la bombe dorée.
– Un chef méchant méchant qui rappelle encore une fois celui de Flash Gordon.
– un final apocalyptique (dans tous les sens du terme), au montage encore plus incompréhensible que la scène d’ouverture. Un exploit Z inégalable de 10 bonnes minutes.
– etc, etc, etc.
Mais le plus, dingue, c’est l’enchaînement frénétique de tout cela, le montage imbuvable à la hache moyen-âgeuse et le ton très sérieux et imperturbable de l’ensemble, acteurs et voix off en tête. Une gigantesque boucherie.

Scénarisé par le héros lui-même, Cüneyt ARKIN, sorte de catcheur enragé aux faux airs d’Alain Delon, megastar dans son pays, Dünyayi Kurtaran Adam est une énorme fontaine nanarde montée avec deux bras dans le plâtre et réalisée avec un budget qui avoisine la seule note qu’il mérite. En revanche, il est impossible pour moi de mettre plus de zéro à cette chose puisque tout y est au niveau « super grand minable royal » alors que dans un Inframan, un Final Duel ou autre bombes bis, il y a des qualités techniques indéniables, de grandes idées folles efficaces et réussies, adjectif définitivement inconnu à cette chose des profondeurs 100% nanarde qui reprend tout en vrac, mélange et pile à la baratte, pour servir une énorme rigolade Z débile et mauvaise comme jamais. De plus, comme les trucs aiment le faire, mmmh pardon, les turcs, il y a aussi quelques bonnes longueurs de dialogues foireux à souhait. Franchement, même en décrivant tout ce que je peux, il faut tout de même le voir pour le croire. Une boucherie impropre à la consommation à voir exclusivement en bande de cinglés réunie.

Pour ceux à qui l’expérience n’a pas suffit, sachez qu’il existe aussi un exorciste turc, un Star Trek turc, un Ninja Movie turc, enfin tout un pan cinématographique de bouillie Z turc. Mais celui-là est le plus dingue et de loin. Hey ! c’est Star Wars quand même.

NB : depuis cette critique, j’ai pu découvrir enfin les sous titres français de la chose et la revoir tranquillement, loin de l’hystérie de la première séance collective… Et là, c’est simplement la cerise sur le gateau. Visionner un film scénarisé par Cuneyt Arkin avec Cuneyt Arkin et comprendre enfin ce qu’il dit est une expérience de l’au delà supplémentaire et demande une préparation mentale de haut niveau. En plus de tout le reste pré cité, Cuneyt a pour ligne de conduite de ne pas se prendre au sérieux (car les humains ont subi un cataclysme justement parce qu’il se prenait trop au sérieux, logique implacable), ce qui nous donne des dialogues incroyables de plaisanteries machos entremêlées avec une bouillie informe de minuscules fragments de tous les films de SF connus réunis dans la même phrase… Bref, c’est indescriptible, surréaliste, incriticable, au delà du palpable ou de la compréhension humaine. C’est Cuneyt Arkin.

23/08/2004
http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/dunyayikurtaranadam/critiques.html

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