La Femme Scorpion (女囚701号 さそり) 1972


Parce que c’est 70’s et parce que ç’est exploit’.

3-25
Sans conteste moins hypnotique et réussi qu’ Elle s’appelait Scorpion, offrant une Meiko Kaji pas encore au top de son charme vénéneux comme dans Lady Snowblood, La femme scorpion reste une belle trace du cinéma japonais d’exploitation des 70’s qui savait se faire violence et style sans devenir un produit prétentieux et galvaudé comme le cinéma d’aujourd’hui peut en abuser avec facilité (les Park Chan Wook, Miike et autres démonstrations plutôt bancales).
ç’est aussi en visionnant de tels films que l’on mesure toute l’importance du grand Seijun Suzuki sur le traitement visuel du cinéma d’exploit nippon des 70’s. Pas mal de figures stylistiques du maître se retrouvent ici (éclairages de couleurs flashy pour différents éléments d’un même plan, organisation du plan proche de la photo 2D, ciel surréaliste peint, objectif vivace et tournoyant, …), utilisées avec d’autres caractéristiques propres au manga de Tooru Shinohara dont le film est tiré (plans inclinés, vus du sol, tronches surréalistes et enragées en gros plan, …).

Les thèmes eux aussi sont caractéristiques de cette vague japonaise fin 70’s, du sexe et de la violence autant qu’il est permis d’en montrer sans être censuré, un monde très dur, dirigé par des hommes vils et abusifs, et donc devenu sans foi ni loi, une femme anti-héroïne, objet quasi muet de toutes les brimades, qui souffre tout au long de l’histoire mais sort finalement victorieuse grâce à sa fierté et à son inextinguible courage. Et à l’opposé de cette féminité rebelle et attirante, des femmes, poupées grossières et arrogantes proches de la sensibilité des hommes en fait, de véritables bêtes avides de violence et de pouvoir.

ç’est Meiko Kaji elle-même qui voulait son personnage presque muet afin de renforcer son charisme et épurer l’impression de domination qu’elle dégage. Point qui diffère du manga où Sasori était gourmande en répliques grossières et autres attaques verbales qui tuent.

Autre tradition du genre, Meiko kaji chante elle-même le titre principal et ajoute encore une mention culte à la femme scorpion, pauvre victime de la folie et de la fourberie des hommes.

Autant d’idées qui font le charme de l’exploitation 70’s (la japsploitation ?) même si il reste encore pas mal de chemin avant d’atteindre les chefs d’oeuvre comme Lady Snowblood ou même Le couvent de la bête sacrée tout à fait personnellement… Malgré toutes ses idées charmantes et sincères, La femme scorpion souffre d’une réalisation pas toujours maîtrisée et avant tout d’un scénario pour le moins simpliste qui laisse quand même sur sa faim.

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/femmescorpion/critiques.html

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