La danse du Lion (帥弟出馬) 1980

Un bon Jackie moins tripant que fearless hyena pour ma part mais plus personnel et novateur.
3-25

Deuxième réalisation de Jackie Chan après son cultissime Fearless Hyena, The young master se détache encore une fois du tout venant de la comédie kung fu par l’impulsion de Jackie qui sait offrir une bouffée d’oxygène parfois même qualifiée de révolutionnaire à un genre déjà maintes fois rabâché.
Jackie y incarne un jeune élève doué mais espiègle d’une école qui doit prouver sa valeur lors d’une danse du lion qui entame le film en beauté. A placer directement dans le top avec celles de Lion vs Lion, Dreadnought ou Martial Club, cette danse du lion, comme ses cousines, utilise le spectacle traditionnel de l’affrontement entre deux lions rivaux et y ajoute quelques mouvements et autres péripéties improbables tout au long du parcours qui débute sur des bancs et se termine en équilibre précaire sur une poutre, l’objectif étant de récupérer une fleur que le lion gagnant se doit d’avaler.

Après un beau départ en fanfare sur cette belle danse du lion, le drame que constitue l’éviction de Wei Pai et de Jackie et la très bonne et violente introduction du bad guy (un kick de 1980 qui fait fortement penser aux percussions futures), le cœur du film trouve un tout autre souffle par un enchaînement en cascade de quiproquos comiques qui opposent Jackie à Yuen Biao puis à Sek Kin. Loin de ses traditionnels rôles de méchants incapables du moindre sourire, ce dernier se délecte manifestement du joyeux malentendu qui traîne en longueur entre lui et Jackie. Le rythme ne faiblit jamais au grand bonheur des amateurs. Les combats toujours présents, inventifs, vifs et percutants portent déjà la marque Jackie Chan au fer rouge. Ils sont plus violents que la moyenne des kung fu comédies, et savent pourtant rester de plein pied dans la comédie grâce à l’utilisation de l’environnement, de situations quotidiennes qui tournent aux quiproquos et d’une foule d’objets à priori anodins. Un bel exemple est la pipe préférée de Sek Kin que Jackie utilise pour se protéger de la colère et du sabre du vieux loup.

Après ce large passage qui n’est là que pour détendre et distraire, le plot final très sérieux est vite remis en jeu et recolle ni vu ni connu à l’ambiance plus grave du début du film. Après un petit encas contre les incontournables seconds couteaux Fung Hak On et Lee Hoi Sang où Jackie joue au toréro, c’est l’heure du combat final. Un très bon combat atypique, oui, qui fait plaisir à voir dans sa version intégrale (la version française ne durait que 5 minutes), mais 20 minutes tout de même, c’est un peu long surtout que le principe du combat est répétitif malgré les impressionnantes percussions de Jackie et les prouesses physiques de Whang In Sik.

Au final, le mélange de situations sérieuses et de comédie bon enfant est bien utilisé et assez novateur pour l’époque puisqu’il annonce le vrai style Chan et les pures comédies du futur. L’ensemble a pourtant un petit je ne sais quoi d’incohérent, de désuni. Le sérieux, la tension initiale et finale et le comique pur, le côté paisible du centre se tirent un peu la couverture à mon avis et cela se ressent aussi sur l’impression globale et lors du final qui a du mal à trouver une vraie place après le délire entre Jackie, Yuen et le grand Sek Kin. Jackie fait une tête d’enragé pas content du tout mais roule souvent par terre et utilise des techniques assez loufoques. Même chose que dans Fearless Hyena ou Le maître chinois me direz-vous ; oui mais l’équilibre est moins évident ici et annihile un peu de l’implication. Sek Kin et Yuen Biao marquent fortement le divertissement au centre du film et sont purement et simplement absents de la dernière demi heure pour laisser place au show Jackie. Un final vraiment sérieux avec un coach comme Sek ou Yuen aurait été plus concluant peut-être. Fearless Hyena tablait sur le pur délire avec brio et reprenait habilement Le maître chinois et la maîtrise de l’énergie propre aux réalisations des frères Yuen. Enfin, tout ça, ç’est de l’avis purement personnel. Young master reste un très bon Chan à ne pas manquer pour l’amateur de kung fu comédie, et surtout largement au dessus de ses daubes tournées avec Lo Wei paradoxalement bien mieux distribuées en France.

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http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/youngmaster/critiques.html

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