Nos années sauvages (阿飛正傳) 1990

plus sobre, plus fort.
4-50
Les premières oeuvres ont souvent ce quelque chose de brut, de personnel et de passionné qui leur donne une intensité toute particulière. Ce second film en est un parfait exemple. Nos Années Sauvages propose l’essence même du cinéma de Wong Kar Wai à la manière d’un diamant brut et une grande part autobiographique y est présente, notamment son enfance déracinée.

Nul besoin ici du panaché de style de la trilogie Chungking Express, Les Anges Déchus, Happy Together. La mise en scène de Nos Années Sauvages est beaucoup plus simple et épurée, va à l’essentiel pour que la beauté des personnages y soit portée vers les sommets et que l’histoire y prenne un sens définitif. Le style chaotique et éclaté qui prévaut chez Wong Kar Wai dans ses films au contexte années 90, où le temps tourne aussi vite que sa mise en scène, délaie parfois la force des relations, l’intérêt des personnages et l’unité du récit. Même si dans tous ses films, la vie n’est faite que de petits instants de rien qui font tout, ici ces petits riens s’imbriquent lentement pour former une unité aussi forte que le sublime Happy together et bien plus cohérente et motivante que le trop léger et éclaté Chungking Express. L’esthétisme n’est pourtant pas en reste bien au contraire. Le style du futur In the mood for love (ses ambiances confinées, ses couleurs diffuses, ses contre plongées vertigineuses, …), plus brute et primaire ici, fusionne parfaitement avec l’identité énigmatique, le temps étirée et la chaleur étrange des 60’s. Et plus que dans In the Mood pourtant très proche, l’histoire et son dénouement ont ici une très grande importance.

Wong Kar Wai propose toujours des personnages emprunts d’une belle et touchante étincelle de vie. Ici encore, Maggie et Leslie Cheung, tout comme Andy et Carina sont magnifiques, si opposés et pourtant liés par cette fragilité qui fait l’Homme. Wong Kar Wai joue de ces oppositions de caractère avec une délicatesse désarmante. **spoiler**Ainsi l’innocente Maggie qui semblait être plus fragile et enclin à souffrir éternellement s’avère la plus forte face à Carina qui sous son air indépendant et superficiel ne pourra cacher bien longtemps sa vraie sensibilité en cherchant désespérément à placer la faute sur quelqu’un d’autre, alors que Maggie se relève sans masque avec pour elle sa seule force intérieure. **spoiler**

De la même manière, tout ce qui oppose Leslie et Andy ne fait au final que les rapprocher dans une formidable et subtile unité d’intensité qui porte le film en général et le final en particulier vers les cimes de la vie au cinéma, transcrite par l’œil expert de Wong Kar Wai.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/daysofbeingwild/critiques.html

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s