Le Bras de la vengeance (獨臂刀王) 1969


Kitch + culte + bis + sanglant + sauvage + Wang Yu + Chang Cheh = Boom !
4-25

Sans-titre-77Wang Yu revient une dernière fois auprès de son mentor, Chang Cheh, avant de partir définitivement pour la Golden Harvest naissante où il reprendra à son compte le mythe du combattant manchot dans sa propre mouture, Le Roi du Kung fu, ce qui fera bondir Run Run Shaw et le décidera à produire l’ultime suite bien connue chez nous, La Rage du Tigre avec David Chiang. Point de considérations dramatiques ou amoureuses ici comme le premier volet en faisait largement sa teneur, Wang Yu en bon gros sabreur invincible sort de son champ pour casser du méchant et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça va saigner !

Sans-titre-42Peu après s’être retiré du monde des arts martiaux avec sa douce fermière de femme (lisa chiao chiao) pour cultiver la terre à son gré, deux sabreurs menaçants l’invitent à un tournoi qui vise à asseoir la domination du clan des « 8 maîtres », tournoi qui cache en fait le vil projet de réduire à néant toutes les écoles d’arts martiaux d’un seul coup d’un seul.

A l’image de Bruce Lee qui a promis à sa maman de ne pas se battre (Big Boss), Wang Yu a promis à sa femme de raccrocher sa lame et tarde donc à se décider jusqu’au moment où les choses dérapent et où le clan des « 8 maîtres » dépasse les bornes. La question de savoir si Wang Yu va s’y mettre ou pas est en gros le seul ressort dramatique de ce qui va se révéler une bonne grosse orgie sauvage et inarrêtable où vont s’affronter un nombre de protagonistes bien fourni : en somme, toutes les écoles d’arts martiaux du pays contre la troupe sans cesse extensible du clan des « 8 maîtres », et Wang Yu au milieu.

Sans-titre-43Forcément kitch et daté dans son ensemble et en particulier dans ses chorégraphies, le spectateur moderne aura de quoi rire en découvrant ce festival de gros bras massacreurs et ce qui s’apparente aux premières chorégraphies aériennes et folles du cinéma HK cuisinées par Liu Chia Liang et Tang Chia (Wang Yu qui tourne (lentement) en l’air, jambes et bras écartés, telle une lame de tondeuse à gazon, c’est quelque chose). Malgré cela, le spectacle débarrassé de la moindre inhibition ravira l’amateur qui ne pourra que s’exclamer : on n’en fera plus jamais des comme ça !

Sans-titre-48Chang Cheh se lâche à bloc à l’image de Baby Cart II comparé à son premier volet, et instaure avec force son style hyper sanglant et ses héros prêt au sacrifice à venir. Atout principal, le clan des « 8 maîtres » hétéroclite et chamarré dont chacune des factions maîtrise une arme blanche particulière. Atout supplémentaire de taille, le clan en question se compose simplement des trois plus grandes familles de chorégraphes à venir. Le maître du croissant de lune n’est autre que Liu Chia Liang qui n’a pas encore la latitude pour dénigrer la violence de son personnage, simple machine à éviscérer totalement à l’opposé de sa vision traditionnelle des arts martiaux. Le maître des lames volantes ensuite est Tang Chia en personne. Deuxième grand chorégraphe de la Shaw pour Chu Yuan en particulier, réputé pour l’amplitude et la créativité de ses combats en groupe, il montre ici une panoplie de techniques perforantes à savourer bien saignantes. Le maître des sabres volants pour finir, est le frère cadet de Yuen Woo Ping, Yuen Cheung Yan, futur instigateur des plus grandes chorégraphies 80’s et 90’s. Viennent s’y ajouter le maître du bouddha infernal en la personne de Lau Kar Wing, frère de Liu Chia Liang, un maître du sabre Ku Feng, la boule à zéro qui parfait son allure de grosse brute énervée, le maître du dragon de la mort dont le sabre crache des fumigènes empoisonnées, la fille aux 1000 bras, charmeuse qu’il ne vaut mieux pas trop coller, et le chef de tout ce beau monde, Tien Feng, qui après avoir été le maître shaolin de Wang Yu dans le premier volet, incarne tout aussi bien le roi sournois vraiment très sournois.

Sans-titre-66Avec une telle ribambelle de guerriers disparates (non exhaustive) fièrement présentée au départ, la scène où Lisa court au ralenti dans les champs vers son mari devient bien plus kitch encore que tout ce qui a pu être exposé dans le premier volet et qui avait au moins le mérite de se justifier.

Au final et ce malgré l’âge non négligeable, ce retour du sabreur manchot offre une énergie sauvage hors du commun où l’originalité des affrontements, l’hécatombe en règle, le rôle de Wang Yu dominant le monde martial et la fougue de Chang Cheh à filmer le tout explose littéralement tout ce qui pouvait se faire à l’époque. Même aujourd’hui, rarement on aura eu droit à autant de sang versé. Culte et brutal !

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/onearmedswordsmanreturns/critiques.html

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