Le retour de l’Hirondelle d’Or (金燕子) 1968


A-t-on jamais vu ça ?
4-00
A-t-on jamais vu un Chang Cheh aussi outrancier dans la violence équivoque, dispensant la mort de 7 à 77 ans avec une audace sans limite, répandant une telle horde d’assassins prêts à mourir 2 secondes après être arrivés à l’écran ? L’a-t-on jamais vu aussi libre avec sa caméra, aussi envieux de se libérer du cadre, aussi proche des combattants pour coller littéralement à leur corps et chavirer en même temps que leurs mouvements ? A-t-on jamais vu un Wang Yu aussi délicieusement nonchalant et sûr de sa grandeur, ne pouvant s’empêcher de prendre la pause à chaque dizaine écumée, sautant dans le vide le bras tendu en avant avec une assurance qui met au défi toutes ses autres interprétations ? A-t-on jamais vu Cheng Pei Pei et Wang Yu réunis dans un même film ? Qui plus est amoureux de la façon la plus impossible, tourmentée, mélancolique et kitch possible ? A-t-on jamais vu tout cela dans un Shaw Brothers ?

Simplement non. Jamais Chang Cheh n’aura été aussi loin dans l’héroïsme brut. Dans l’excès de tortures tout d’abord, allant même jusqu’à **spoiler**sacrifier un jeune gamin prêt à s’ouvrir le ventre au sabre ou encore un jeune homme qui en tout honneur se coupe lui-même en deux avec une guillotine !!**spoiler**.

Vraiment ce Golden Swallow offre un spectacle assez unique où les combats pas vraiment bien maîtrisés par de vrais artistes martiaux ni vraiment bien chorégraphiés par le master duo Liu Chia Liang / Tang Chia loin de leur top niveau tout de même (le côté vieillot se fait largement sentir), s’en tirent haut la main grâce à la seule mobilité de la caméra de l’ogre, qui tourne autour s’éloigne puis se rapproche brusquement des corps et des visages crispés, sans la moindre peur d’explorer les possibilités de mise en ambiance que lui offre son objectif. Une caméra à l’épaule qu’il viendrait juste enfin de libérer totalement. Avec calme et mélancolie, il n’oublie pas non plus de pauser (un minimum) les bases du trio principal aux amours troubles, complété par l’ami proche et l’écho positif de Wang Yu, Lo Lieh le sage guerrier. Lorsque l’amour désespéré prend place, usant de musiques langoureuses au parfum surrané, Chang Cheh se détend un peu, joue les romantiques, avant de tout faire exploser à nouveau.
Restent un minimum de dialogues, un manque certain d’ennemis invincibles, un fond scénaristique pour le moins léger, même si hautement symbolique, et une Cheng Pei Pei largement en retrait qui n’a décidément pas la même place que dans l’Hirondelle d’or, chef d’oeuvre de King Hu le grand qui vient simplement d’une tout autre planète que ce Shaw ci. Le Retour de l’Hirondelle d’or n’est peut-être pas un wu xia ultime par son manque de profondeur mais il a beaucoup à dire sur Chang Cheh et son talent, sa façon de voir le monde martial, impitoyable, sanglant, sans barrière, emprunt de sueurs, de héros jusqu’auboutistes et de fantaisies combattantes.

A-t-on jamais vu un générique (effet split screen !?) si étrange et inédit pour l’époque ou un Wu Ma si heureux de trépasser ?…

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/goldenswallow66/critiques.html

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