Duo mortel (雙俠) 1971

deadlyduo
Le rédacteur vous prie de l’excuser pour ses débordements imminents dus à son trop grand amour du bis massacreur
4-25
Deadly duo n’est pas un chef d’œuvre Chehien de la trempe de la Rage du tigre ou du Justicier de Shanghai, non surtout pas. Il n’a en aucun cas une quelconque substance novatrice à faire valoir qui diffèrerait ou complèterait la vision de Chang Cheh déjà bien étalée ailleurs. Deadly duo est un défouloir primaire avec armes blanches à la pelle qui annonce la période kung fu shaolin de Chang Cheh où celui-ci laissera définitivement de côté la consistance poétique et dramatique qui font ses grands films pour exploser son compteur de héros sacrifiés et de batailles à 1 contre 100. Sans souci, il laisse d’ailleurs à ses assistants réalisateurs la majeure partie du travail pour se concentrer sur les héros principaux et la supervision des grandes batailles. Tong Gaai et Liu chia Liang (pas pour longtemps) sont encore de la partie et se défoulent en proposant de très nombreux combats (3 en à peine 15 minutes) plutôt techniques et sacrément furibonds. La caméra n’a surtout pas le talent dynamique d’un Golden Swallow mais les chorégraphies y sont beaucoup plus martiales et garanties « plaisir » pour tout fan de weapons fights sanglants.

Autre point fort, le camp ennemi dirigé par Philip Ko Fei et Ku Feng (déjà deux bonnes trognes de méchants) compte aussi dans ses rangs les fameux 5 éléments qui feront beaucoup plus tard la saveur du plus bis encore Five Element Ninja : le « bois » se cache dans les arbres, la « terre » se cache sous terre, le « feu » cache des boules explosives dans sa matraque, « l’or » frappe avec ses deux énormes cymbales et l’ « eau », le « Dragon des mers », aime à exécuter quelques plongeons gratuits, en l’occurrence le bestial Bolo Yeung armé d’une masse. Voilà déjà pour la troupe de bad guys colorés.

Duo mortel assoie aussi définitivement les deux chouchous de Chang Cheh (Ti Lung armé d’une hache énooooorme et David Chiang et son grappin digne du meilleur des Castlevania) sur les rails de la gloire avec une préférence pour le petit branleur qui se la joue déjà comme personne et émoustille à l’époque le public hongkongais peu enclin à faire le difficile sur son talent dramatique largement discutable.

Deadly duo n’a donc rien pour rentrer dans l’histoire mais pourtant il a tout pour faire chavirer de bonheur le fan de bourrinage intensif et de bravoure bis.

De une, comment faire plus simple et spectaculaire pour scénario qu’une troupe de guerriers qui veulent délivrer un prince détenu dans un château gardé par une armée entière de cerveaux creux ?

De deux, ça ne s’arrête quasiment pas du début à la fin. Les quelques pauses ne sont que prétexte à accentuer l’héroïsme en vigueur et passer de la pommade au charisme ludique de chaque guerrier.

Et de trois, chaque ressort de Deadly duo tombera inévitablement sur une conclusion totalement incohérente et donc sublimement bis.

Début de débordements

Exemples parmi tant d’autres avec spoilers incontrôlables :

L’obstacle principal entre le château et le commando spécial est un pont réputé infranchissable qui n’a pour seule difficulté qu’un tronçon manquant de quelques mètres. Cet obstacle « terrifiant » coûtera la vie à 3 compagnons de Ti Lung plus décidés à se sacrifier en tentant de passer qu’à vraiment tout faire pour chercher la faille évidente du piège. David Chiang quant à lui rigole des genoux devant Ti Lung très inquiet, car il maîtrise la technique de la « légèreté » comme personne et va nous la jouer GI en mission sourire en coin. Au bout de ce pont une horde dirigée par l’homme arbre (le bois) et l’homme taupe (la terre) attendent nos compagnons. Quintessence de l’instant bis, la troupe de sauveteurs ne trouvent rien de mieux à ce moment que de faire un saut prodigieux pour rejoindre la bataille !! Un saut qui aurait pu leur permettre de passer le pont les doigts dans le nez !

Deuxième exemple encore plus furieux : le pont étant franchi et le château trop bien gardé de ce côté (alors qu’ils ont tué quasiment tout le monde !), la troupe rebrousse chemin et va entrer par l’autre côté (tout ça pour rien !!). David propose alors finement une tactique : la ruse ! Ti Lung en faux prisonnier est ligoté et amené par David dans l’antre de l’ennemi. Pour assurer la ruse, Wong Chung débarque et se sacrifie pour faire comprendre à l’ennemi que David est en fait un traître qui vient livrer Ti Lung. Tout ça pour que dans la minute qui suit, quintessence de l’instant bis, David coupe les liens de Ti pour attaquer l’armée qui les encercle !! Mais à quoi bon a servi cette ruse puisqu’ils n’ont finalement qu’un seul objectif : foncer dans le tas !!!!!!!!!!!

Fin de débordements

Sublime bisserie barbare entièrement vouée au charcutage, au final dantesque pompé sans vergogne sur celui de Heroic Ones, ce Deadly duo est une perle pour tout cerveau en cavale avide de spectacle gratuit, au même titre que le top des Venoms bis : Five Element Ninja.

ps : j’oubliais, pas une seule femme au casting et une bonne musique qui emprunte même John Carpenter à un moment.

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/deadlyduo/critiques.html

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