9 Demons (九子天魔) 1984


Nanar atomique des profondeurs. Et Chang Cheh ? Il doit dormir…
1-25
Nine Demons, titre mythique et mystérieux pour le fan, est le premier film produit par la compagnie de Chang Cheh, la Chang Ho. La Shaw est au crépuscule et Chang Cheh monte sa boîte pour continuer à réaliser jusqu’au bout et atteindre enfin les 100 films qu’il s’est promis. Nine Demons marque donc le début de l’ultime descente dans les profondeurs de Cheh. Plus d’infrastructures, de moyens solides ni de personnel qualifié à foison comme à la Shaw, hors mis sa troupe de fidèles qui réunit devant la caméra de jeunes talents martiaux au corps et aux visages lisses (à se demander ce qu’il faisait entouré de tous ces beaux mecs le Cheh…), Nine Demons est avant tout un piètre avatar de kung fu pian fantastique Shaw Brothers où Chang Cheh tente de continuer ses trips héroïques et ses ambiances d’époque avec des moyens désormais risibles et un cast bien moins professionnel (sans vouloir les offenser), ce qui se ressent grandement.

A l’arrivée, il y a approximativement 3 intérêts précis à voir ce film pour l’amateur de Chang Cheh, ou/et de kung fu bis et de nanar (les autres peuvent partir) : voir Cheng Tien Chi faire ses trips bizarroïdes avec son collier à 9 démons, voir le combat final d’une demi heure complètement nanar et donc, voir un ultime film de Chang Cheh à la toute fin de sa période de kung fus avec les Venoms. De l’équipe originelle il ne reste que Lu Feng et Chiang Sheng, les deux seuls à rester au côté de Chang Cheh malgré la décrépitude de ses films autoproduits de fin de carrière. Les autres protagonistes sont les minis Venoms, successeurs, jusqu’ici seconds rôles et cascadeurs de l’équipe originale, qui obtiennent des rôles plus importants faute de stars sous la main. Le problème avec les minis Venoms, c’est qu’ils n’ont pas un gramme de charisme. On peut même dire qu’ils ont tous la même tête et tous le même corps, bien taillé, lisse et poli.

Malgré cela, ils connaissent leur boulot. Premier intérêt donc : les chorégraphies techniques oldschool même si elles tirent trop et une fois de plus vers le cirque acrobatique, point faible récurrent de leurs films. Mis à part leur niveau martial irréprochable, deux ressortent du groupe pour être gentil. Cheng Tien Chi le héros tout d’abord, sorte de successeur par la force des choses d’Alexander Fu Sheng, qui n’a malheureusement que ses capacités physiques pour lui, et Yu Tai Ping, second rôle qui a toujours été là depuis le début de l’équipe, athlète assez invisible mais fidèle au poste et comédien pas catastrophique. Voilà pour le sérieux de la chose, de bonnes chorés old school avec une touche de wire fu du pauvre qui offre un petit côté Super Ninjas toujours bienvenu et quelques cuillères de violence Chehienne sanglante et bis.

Pour le reste, c’est du Uber nanar catégorie poids lourd. Déjà ça cause, mais alors ça cause, c’est même incroyable qu’ils aient autant de choses à se dire avec un scénario aussi vide, un peu comme moi avec cette critique remarque… Pire que dans les Chang Cheh Shaolin les plus lourds, la première heure est constellée de parlotte malgré 20 premières minutes bien enlevées. Pour dégrossir, une histoire archi revue de deux jeunes hommes héritiers dont les deux pères s’empoisonnent et se massacrent d’où vengeance. Originalité principale, Cheng Tien Chi va être aidé, ou plutôt possédé, par un démon des cavernes qui lui offre des pouvoirs magiques et surtout un collier fait de 9 têtes de mort. Le héros de Nine Demons est donc possédé et plutôt maléfique, une sorte d’anti héros à la Hellboy (carrément).
Va alors revenir une scène distribuée à plusieurs sauces qui évite de pondre des chorégraphies et du scénario, l’attaque de Cheng Tien Chi, collector en puissance. Le collier tournoie au dessus de sa tête avec des spots de discothèque qui clignotent à pleine vitesse et une bande son faite de bips de sous marin et de déflagrations cosmiques à la Buddha’s palm. Puis Tien Chi lance le bal en indiquant la cible, le collier fonce, éclate dans une explosion de fumigènes colorées, les neufs têtes de morts se transforment en huit gamins hystériques qui font des bonds partout, et une charmante démone, leur nounou, qui fait de même. Dans un joyeux bordel de figures de cirque, de ricanements grinçants et de synthé analogique poussé dans ses derniers retranchements auditifs, la troupe saute sur les ennemis et s’apprêtent à sucer le sang où ils peuvent. Puis les gamins se retransforment en têtes de mort, l’assiégé hurle de douleur en tenant les têtes en plastique accrochées ici et là, un gros plan montre le sang pompé irriguer les crânes osseux (!?), Tien Chi rappelle sa petite équipe bruyante pour disparaître finalement dans une explosion de feu lors d’un saut cambré qui rappelle une grenouille en plein effort…

Voilà pour le deuxième intérêt du film. Vient ensuite le combat final qui oppose Lu Feng et sa troupe face à Cheng Tien Chi le possédé. Un boxon indescriptible de 20 bonnes minutes qu’il faut voir pour le croire. Ça commence comme un remix bien plus bis encore des patineurs de Postman strikes back, sauf qu’il s’agit ici de skiettes sur eau mousseuse. Tout le monde manque de se casser la figure au moins dix fois mais le montage épileptique et l’accélération font passer le tout comme si de rien n’était. Puis Tien Chi glace la surface (rajoute de la mousse en fait) et Lu Feng doit changer de tactique. Des bambous forment alors un échafaudage au dessus de la patinoire où tout ce beau monde va se battre en équilibre (ou plutôt faire sa petite démo acrobatique et câblée) et balancer des flammes sur notre héros. Pas content, Tien Chi rappelle sa meute de kids et c’est reparti pour un tour ! Pyramide humaine, ballet à la queue leu leu, les kids finissent par bouffer les lances à pleines dents avant de recracher les morceaux façon sarbacane et se gaver du sang des victimes dans une ambiance colorée sur fond de décors en carton. O_0 !
Enfin un moine bouddhiste qui passait par là donne un coup de sagesse à Tien Chi qui se retourne contre son collier, exécute des arabesques façon Surya Bonaly et termine le travail en plantant ses dagues dans les crânes qui sucent son torse… !!
Restent encore quelques anecdotes comme le second héros (oui, souvenez vous) torse nu qui ne fait quasiment rien tout le long ?!!!! Une « Chose » amorphe du nom de Lee Chung Yat, fils de Lu Feng dans le film qui trône pourtant fièrement sur l’affiche. Enfin petit trip, Tien Chi fait apparaître un écuyer et son cheval, monte dessus, fait disparaître l’écuyer, part au galop et disparaît à son tour avec le cheval dans un « pouic ! » magique… !!!

Voilà, voilà, à part ça, quelques autres joyeusetés sanglantes et des pans entiers de la bande originale de Blade Runner (??) pour l’ambiance cosmique, c’est du gros néant et des temps morts énormes, un vide parfait qui empêche Nine demons de se hisser au rang de nanar cultissime, mais il a son mot à dire tout de même. Nine demons est largement supervisé par les minis Venoms alors que Cheh doit souvent dormir dans son fauteuil. Mélange de kung fu Venoms avec du wire-fu grossier, et de fantastique cheap sauce Shaw à un niveau Z qui laisse quand même pantois, Nine Demons n’égale jamais les meilleurs productions du genre à cause de ses grosses limites dans presque tous les domaines. Il aurait fallu un trip tout le long à la Heaven and Hell tant qu’à faire n’importe quoi, mais Cheh n’a plus ni les moyens, ni le cast nécessaire pour le faire.

Enfin, cette attaque de crânes qui revient au moins 5 fois et ce combat final quand même… . !! 0_o-o_o-o_o-o_o-O_O-o_o-o_o-o_o-o_0 !!

A noter l’image correct du dvd Eastern Heroes Video, même topo pour le dvd Venoms Mob, mais à pester surtout la VA des profondeurs et le recadrage infâme à gauche, à droite, en haut et en bas !!

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/ninedemons/critiques.html
9demons-cast

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