Sword stained with royal blood (碧血劍) 1980


Invincible Kuo Chui
3-75
Surprise extrêmement sympathique que cet énième film de Chang Cheh avec les Venoms, qui change du bis bourrin habituel et se hissent pourtant dans les réussites de cette période faste en Kung Fu Pian pondus à la chaîne. Sword stained peut être considéré comme le dernier film de Chang Cheh bien construit et engageant. Notamment parce que l’histoire originale vient d’une œuvre du très respectable romancier d’aventure Jin Yong. Bien que largement condensée pour le spectacle, elle reste originale comparée à la flopée de kung fus shaolin de Chang Cheh qui ont précédé, presque tous identiques et caricaturaux sur le fond comme sur la forme. Le scénario mélange habilement une intrigue un minimum construite, une thématique pacifique qui surprend, pour une fois très éloignée du héros prêt à se sacrifier avec tous ses potes, et des combats superbes, techniques et acrobatiques, dans le pur style Venoms. Le tout est baigné dans une ambiance de comparaisons de techniques et de pédagogie martiale presque comparable à l’ultime référence en la matière, Heroes of the East du sifu Liu Chia Liang. Presque, car les techniques y sont beaucoup moins traditionnelles et la notion de partage de la connaissance martiale bien moins poussée.

Philip Kwok Chun Fung aka Kuo Chui est l’incontestable héros de ce film qu’il chorégraphie avec les deux autres Venoms présents, les inséparables Lu Feng et Chiang Sheng. Il est plus encore que de coutume le combattant avisé, malin, discret mais aussi très confiant, qui va s’imposer avec finesse et diplomatie.

Le noeud de l’histoire plutôt anecdotique est une vérité inavouable qui s’éternise au sein d’une famille, un passé envahissant qui est au bord de l’explosion avant que Kuo Chui ne désamorce le tout par son arrivée. Auparavant, il aura dompté le secret très bien protégé d’un manuscrit de techniques enfermé dans une caverne bourrée de pièges à côté du squelette de son auteur, le « White snake bandit », un redoutable épéiste naturellement très proche de cette histoire de famille, et abordé par d’habiles flashbacks successifs. Un héros solitaire remarquablement campé par Lung Tien Hsiang, acteur peu connu et pourtant très convaincant dans son rôle de héros rebelle, bon technicien doublé d’un beau gosse. Étonnant qu’il n’ait pas eu une plus grande carrière.
La raison en est peut-être son appartenance à la troupe indéfectible qui accompagne les Venoms originaux, les mini-Venoms comme on les surnomme. Ils sont tous là dans Sword stained, de Wong Lik qui incarne le patriarche, à Kwan Feng en passant par Yu Tai Ping, Bruce Lai, Chiu Kwok ou l’incroyable technicien Chu Ker, ils forment une vraie famille d’artistes martiaux avec leurs oncles Lu Feng et Chiang Sheng, aussi bien devant que derrière la caméra.

Autre point fort original, la troupe de gros mâles ne volent jamais la vedette aux deux rôles principaux féminins. Habituée des grands classiques de Chang Cheh, Ching Li impose toujours sa présence dans son rôle de mère, toujours aussi craquante avec ses moues tristounettes, et sa fille, Candy Wen Xu Er, est elle aussi parfaitement en adéquation avec la petite peste qu’elle incarne, une vraie tête à claques. Un personnage énervant, grossièrement singée en homme (grand classique du ciné HK), que Kuo Chui croise en premier lieu dans une auberge à un étage, décor propice aux sauts à la Steve Austin. L’unité de lieu atteste aussi d’un penchant théâtral prononcé. Les deux sites de prédilection sont la caverne et la salle principale de la maison de Wong Lik où se déroule une longue leçon martiale dispensée par Kuo Chui.

D’autres atouts tranchent avec la violence brute des autres films des Venoms. Kuo Chui est modeste mais n’hésite pas à donner une bonne leçon à ses opposants, en somme tous les guerriers de la famille et même les jeunes membres de son propre clan qui ne le reconnaissent pas au départ. Il utilise une épingle à cheveux, un minuscule bout d’épée cassé et même une épée en bois d’enfant pour ne pas léser ses adversaires. Autant de moments croustillants qui imposent sa maîtrise parfaite et confirme la non violence étonnante et convaincante de l’ensemble. Seul un bras coupé par emportement rappelle la sanglance des anciens Chang Cheh mais les duels nombreux restent respectueux jusqu’au final. Par contre, il ne faut pas trop en demander à Chang Cheh, Lung Tien Hsiang massacre lui à tour de bras et le final techniquement incroyable est une hécatombe d’une précision sidérante pour le pur fan d’arts martiaux.

Kung Fu pian Chehien étonnamment posé, aux excellents combats pacifiques pour une fois, réalisé pour le spectacle avant tout, les personnages vite dépeints mais efficaces, la légèreté enfantine (le white snake bandit tient un compteur de victimes, Kuo Chui fait la sieste au cours du combat le plus difficile, …) et la naïveté générale y sont bien épaulés par un sympathique scénario somme toute léger, mais plus original, entraînant et convaincant que nombre de films bourrins et primaires de la série des Venoms. Sword stained est donc un Chang Cheh martial chaudement recommandé à tout fan de la SB, des arts martiaux, et même aux autres.

cast-swordstainedwithroyalblood

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/swordstainedwithroyalbloodcheh/critiques.html

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