Danny the Dog (2004)

danny
c’est bien Jet, bon chien.
2-00
Danny the dog, produit bâtard d’un producteur devenu big boss de la vente de confiture, d’un réalisateur qui ne comprend rien à son film et d’un ange au corps mortel qui veut se libérer, est exactement à l’image de son pitch, d’une bêtise primaire monumentale. C’est con, mais d’un con, comme c’est pas permis d’être aussi con. Jérôme a tout dit de ce côté là. Tout ce qui fait que Danny the dog rend triste, non parce qu’il est touchant (oula non), mais parce que Jet est Danny. Jet est ce chiot penaud et perdu, ballotté par les dents longues qui l’utilisent tel un objet de luxe, testent ses aptitudes sans vouloir construire un vrai bon film. Belle prestation Danny, très bel effort pourtant. Jet donne tout ce qu’il a. Il veut sortir de sa condition de bête de cirque. Sensible, généreux, fragile, intense et simple, il étonne même, mais la sensiblerie contée est consternante, aussi sucrée qu’un sorbet périmé.

Côté bestial, Leterrier ne parvient pas à utiliser cette rage que Jet délivre en force et pour cause. Son gabarit et sa fluidité sont en décalage certain avec son personnage de bulldog. De plus, la hargne et la colère des combats sont exclusivement filmées très serrées et les beaux mouvements semblent bâillonnés par une caméra claustrophobique, filmés à la française, coupés trop courts ou trop longs, déliant à mort l’impact brut qui n’est presque jamais vraiment montré, et cantonnés sur les théorie « plus c’est prêt, plus c’est rageur, plus ça fait mal ». Les quelques combats sont cristallisés dans la séquence finale dans les toilettes (c’est ça le final !! et ben…), resserrés sur des poings et des têtes, rapprochés pour montrer d’où part le coup et où il va. Les chorégraphies se disent bestiales mais la construction des combats et leur impact brut qui étaient plutôt aérés et bien ficelés dans Le transporteur semble trop vite pondue ici et butée sur une seule idée, le chien qui tape suffit à montrer la violence. Au final, Jet malgré tous ses efforts a toujours autant de mal à paraître puissant et destructeur. Ses combats sont de surcroit plutôt courts et peu nombreux. Les chorégraphies sont clairement maîtrisées par Yuen Woo Ping mais n’ont de vraiment originales que leur bestialité et n’offrent rien de mémorable ni de la violence qu’elles laissent entendre.

L’action est plutôt bonne, ok, je me calme, c’est vrai, ça pète un peu, c’est violent (tu parles…). Alors on va enrubanner généreusement les quelques combats avec un joli drame poignant… Aie, aie, aie, quelle immonde purée que ce scénario néantissime, quelle consternation de vouloir jouer la carte psychologique du pauvre. Une histoire sans une once de quoi que ce soit, réduite à une boule vanille nue sur son cornet, simplifiant l’âme de Jet à un pauvre gosse pris au piège dans le manichéisme occidental qui l’entoure de toute part. Il se donne et est bien entouré pourtant. Bob Hoskins se défonce en petite frappe sans âme, mais que sortir d’un personnage au si faible relief. Inutile de s’éterniser sur Morgan Freeman, grand acteur pourtant, ici stéréotype unidimentionnel de son rôle de prédilection, le samaritain descendu du ciel ou de nul part, et sa petite protégée pour terminer, feuille de papier au background résumé en une ligne.

Il y a presque quelque chose peut-être ? Bon si, il y a quelque chose. ça fait plaisir de voir Jet tenter quelque chose de différent dans un rôle où il interprète vraiment un personnage qui le change, même mutisme. Et puis, ses deux films français restent largement au dessus des daubes américaines mais Danny the dog reste pour moi une grosse déception, surtout vu la réputation qui en était faite.

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/dannythedog/critiques.html

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