Slaughter in Xian (西安殺戮) 1990

Vengeance 1990… Misérable mais attention, y a un final.
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Chang Cheh entame la dernière ligne droite de sa carrière (et de sa vie) avec quatre films obscurs coproduits avec la Chine dont ce Slaughter in Xian. Il est intéressant de noter qu’avec ses derniers films, Chang Cheh est le premier réalisateur Hongkongais sans affinité politique particulière avec la Chine à pouvoir entreprendre des coproductions Chine / Hong Kong jusque là interdites aux réalisateurs non classés pro-communistes. Chang Cheh se fait donc une sorte de témoin de la libéralisation politique entre HK et la Chine par sa relative neutralité un peu comme Liu Chia Liang l’avait fait avec Les arts martiaux de Shaolin dans un registre beaucoup plus respectueux et pacifique qu’ici.
slaughtinxian
Que reste-il de notre bon vieux Chang Cheh en cette toute fin de parcours ? Trois choses, les trois piliers de sa carrière : l’amitié virile tendance plus ou moins gay (ce film le prouve encore), la violence à outrance à 1 contre 100 si possible, et sa formidable capacité à dénicher de nouveaux artistes totalement inconnus jusque là. Chang Cheh met en effet à l’affiche des locaux parfaitement inconnus, mais bénéficiant d’une très grande expérience de l’Opéra et du Wu Shu. Stephen Chow ressortira d’ailleurs de l’ombre les deux acteurs principaux de Slaughter in Xian pour son Crazy Kung Fu. Il s’agit du maître du bâton shaolin, Tung Chi wa, qui joue ici un héros aux allures de sous Donnie Yen période kung fu urbain (torse nu, yeux écarquillés et une carrure assez proche), et de Jia Kang Xi, le compère de Fung Hak On avec qui il formera le duo à la harpe.

Bon, voilà pour le contexte, passons au film qui s’avère dans les grandes largeurs une sombre bouse surgie de profondeurs indéfinissables, où ça n’arrête pas de causer pendant un bon 50 minutes mais ; oulaa, attention ! Slaughter in Xian comprend deux trois passages bien méchants, des réminiscences intéressantes de Chang Cheh, et surtout un final de prêt de 30 minutes…. Capable de déchirer le palmarès d’une soirée bis !

Un film qui s’apparente dans les grandes lignes à un remix gâteux de Vengeance ! retranscrit dans un contexte contemporain, qui débute de la même manière avec un spectacle d’opéra où un danseur exécute une danse superbe. Nous avons donc un danseur d’opéra et un flic qui deviennent amis comme des frères, et un malfrat à dénicher, premier maillon d’une puissante organisation de mèche avec une bonne partie de la police et du pouvoir.

Le premier va se faire piéger, et le second se chargera d’éradiquer tout le monde. Passons sur la petite course en moto cross où notre premier héros poursuit le malfrat dans la campagne au cours de ce qui s’apparente à un véritable circuit cross de pro avec bosses et tout le tralala, et nous voici (40 mns) à l’instant où le danseur met à jour involontairement l’organisation, se fait piéger, accusé puis séquestré par le supra méchant capitaine et, âmes sensibles s’abstenir, réminiscences de Shaolin Avengers et de Cannibal Holocaust, se fait empaler par le rectum sur un pieu en métal d’un mètre de haut en forme de gode acéré, planté sur un tabouret, avec en parallèle un flashback au ralenti sur sa première danse à l’opéra où il simulait sa mort (copie conforme de la scène de Vengeance !… Pour le flashback). Le courageux hurle, les flics jubilent de sadisme et le capitaine poursuit d’étouffer l’affaire en déchirant la gorge du traître avec un crochet, nouvel hommage à Five Venoms cette fois-ci, en somme deux superbes techniques pour ne pas laisser de trace.

Vient alors le second héros qui apprend la mort de son frère et qui, tel un David Chiang remonté à bloc, s’en va dispenser la justice à sa manière. Il commence par le premier maillon de la chaîne, le malfrat, qu’il combat puis empale à son tour sur les montants d’un escalier préparés adéquatement pendant la bataille. Encore un bon morceau de blablas où le guerrier panse ses blessures chez une belle amie (Cecilia Wong), là encore exactement comme dans Vengeance !, et le final se dévoile.
Démonstration digne des meilleurs girls with guns, où le vengeur attaque la villa QG gardée par une horde armée, à mains nus, puis aux flingues, et termine par la gatling dévastateur, rusé comme un sioux, ultra violent, techniquement excellent pour les combats, du bonheur.

Tout ceci constitue les seules bons points du film, largement plombé par des dialogues interminables dont les sous titres incrustés blanc sur blanc illisibles terminent de maudire les hong kongais et leur (non) méthode de conservation des bobines. L’image quant à elle est un pur rip de VHS suffocant des profondeurs. Le contexte historique qui semble intéressant sur le papier est très vite plombé par un scénario en ligne droite très naïf et basique qui mise sur des dialogues sans intérêt ne menant qu’à une suite de confrontations sanglantes peu originales. Le film s’adresse donc avant tout aux acharnés des films obscurs et aux inconditionnels de Chang Cheh qui pourront y retrouver un certain style sauce décrépie. Reste le final qui vaut le détour, sans conteste, plus que l’empalement, petite scène assez courte finalement, mais bien saignante et sadique à la Chang Cheh quand même.

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/slaughterinxian/critiques.html

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