Godzilla Final Wars (ゴジラ ファイナルウォーズ) 2005


Brouzouf suceur à deux têtes (trop compliqué bicéphale ^^)
2-75
L’oeil curieux et frétillant, le sourire presque moqueur en coin, le cerveau dans la pièce d’à côté, c’est bon, toutes les conditions sont réunies pour appréhender Godzilla selon Mister « pop frime » Kitamura. Et c’est parti, le logo de la Toho, le générique clipesque en forme de rétrospective enflammée, la musique techno neuneu à fond, Final wars démarre à plein régime. Approchez ! Approchez ! Ils sont venus, ils sont (presque) tous là, chaque mégalopole planétaire est bientôt affublée de son monstre légendaire à elle toute seule. Une première demi heure comme on l’espérait au minimum, avec ses monstres rugissants fiers comme des taureaux, ses maquettes qui pètent, son latex qui sent bon la nostalgie, ses explosions pyrotechniques en cascades, ses foules en panique et déjà un premier pied de nez au Godzilla US qui balaie d’une rafale enflammée une meute d’innocents, sadisme bienvenu et bien vu car totalement absent de la version Emmerich, autre tâcheron notoire.

Kitamura est en confiance et semble à son aise avec le sujet. Certainement un peu trop sûr de tout se permettre, une équipe de super futals moulants bardée de maquillage top fashion se chargent bientôt de réduire à néant Ebirah à grands coups de sauts virtuels et de rafales laser. L’erreur est en marche. Nous sommes en 2005, les choses ont changées, ce Godzilla se veut un nouveau cru. Les humains mis en jeu ne sont plus de petits soldats ou de pauvres spectateurs incapables d’empêcher la bataille en marche si ce n’est par la ruse. Aujourd’hui Kitamura introduit sa galerie préférée de beaux, bêtes et surentraînés qui (ne) savent (que) frimer même la tête à l’envers et le maousse laser au côté. Jusque là, pas trop de casse à part pour Ebirah qui se prend une belle avoine.

Mais l’erreur se poursuit et s’enfonce vers l’actioner SF « humain » façon Kitamura pour mieux relèguer au second plan le saurien radioactif que l’on attend tous. Des extra terrestres humanoïdes tout aussi beaux, bêtes et surentraînés font leur apparition et confisquent purement et simplement les bébêtes. Une bonne grosse partie du film se tourne alors vers le face à face entre ses deux équipes de jeunes super héros clinquants opposant à leur tête un parfait Keanu Reeves nippon et un Gary Oldman (période Cinquième élément), sans oublier Douglas Gordon, le gentil/méchant capitaine molosse, croisement entre Bison et Zangief, et quelques autres. En bref, des acteurs et des répliques globalement pitoyables mais quelques faciès d’énervés qui montrent une certaine motivation à jouer pour le cinquantième anniversaire de la bête.
Oui mais ce qui est oublié par contre et du coup, c’est Godzilla et sa bande de monstres ! En voulant faire deux films en un, car il s’agit bien de cela, Kitamura tire assurément la couverture vers les jeunes premiers (plus faciles à mettre en scène déjà), et délaisse le bestiaire qu’il ne connait que trop mal de toute façon, et qui refait péniblement surface après plus d’une heure de métrage, lors d’une petite poignée de combats balayés en à peine 10 secondes chacun, où Godzilla se la joue très facile et humilie au passage le Godzilla US (va coucher ! sale bête). Et Mister pop frime d’insister. Le face à face Keanu / Gary est bien le mieux servi dans les grandes largeurs, et dans cette fameuse image révélatrice du film tout entier et du ricanement de Kitamura face à la légende, c’est bien le duo humain qui se bat avec le duo de monstres à l’arrière plan sur un écran, et non l’inverse, comme il se devrait.

Qu’à cela ne tienne, il reste encore de l’attaque spatiale où la nuit n’est plus qu’une nuée de tirs et une bonne demi heure pour offrir du catch en latex sympathique qui fait beaucoup penser à l’ambiance finale de Destoroyah et plus encore à l’inimitable délire façon Mégalon qui n’est pas de refus (big up pour l’arrêt à la Barthez et le Gigan tronçonneuse).

Godzilla final wars est évidemment plus que rase moquette, pas encore assez nanar pour être véritablement involontaire et donc incontournable, mais bénéficie d’un rythme élevé et de scènes d’action resucées dans les moindres recoins malgré tout efficaces, car sans à priori, surtout pour du Kitamura qui ne propose d’habitude que du rien ou pas loin. Ainsi, 360° ouvertement Matrix, frime à deux balles, combat sur moto, attaque de vaisseau mère ultra connue, tout sent le super réchauffé à 200 000 kilomètres, mais cela reste débridé et plutôt marrant, au moins pour s’en moquer, surtout qu’une légère touche d’humour traîne ici et là, assez pathétique mais pas toujours.

Bref, ce nouveau cru, avant tout mauvais et très con, se caractérise par un bordel scindé en deux films qui suce à tous les râteliers sans aucune finesse, mais Kitamura n’y est pas déshonorant comparé à son niveau habituel. Dans son souci de se lâcher, il offre du rythme et parvient presque à obtenir l’effet escompté, c’est-à-dire une joyeuse envie d’être bis au milieu d’une énorme purée commerciale. La mise en scène très « gros doigts dans la gouache » fait tout juste passer le tout sans gros dommage et évite de pester contre le réalisateur le plus surrestimé de la planète. La photo reste dans le ton des précédents opus, assez SF des familles, et la musique techno neuneu façon Mortal Kombat est pitoyable mais colle bien au cachet général. Le pari s’approche du niveau d’un Black mask 2 ou pourquoi pas d’un Battle royale 2, en moins mâture. C’est dire que la réussite totale est loin, très loin, mais pas mal de Godzilla sont aussi loin derrière, et ce même si la plupart sont bien plus ancrés et au fait de l’univers du dinosaure radioactif. Cette tambouille typique de Kitamura a au moins le mérite de rajeunir la franchise de par l’ignorance de son réalisateur en matière de Godzilla.

Il y a donc du bon à prendre et du fun pour les amateurs et les jeunes qui n’en veulent. Et puis garder des effets spéciaux artisanaux pour les monstres est une très bonne idée quasi primordiale en ce qui me concerne.

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/godzillafinalwars/critiques.html

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