HK (2003)

HK4-16prod

Y a de l’action et de la technique et pourtant ça reste désespérément mou
2-75

J’ai enfin vu ce fameux court, parfaite démo d’action kung fu française de 12 minutes en guise de carte de visite du sympathique studio 4-16 prod. De l’action, il y en a, il n’y a même que ça ce qui est plutôt normal, de l’éclairage travaillé aussi, quoique dans une boîte presque trop sombre, de vrais techniciens souples et très fluides sont bien dans la place, aussi, du montage serré et nerveux, aussi. Il y a même un essai de gunfight de quelques secondes avec des rafales en plongée pas déshonorantes dans l’esprit tout comme le reste des petits effets visuels numériques assez sympas quoique conformes à la norme (les coups de feu, le générique et un reverse si je ne m’abuse). Oui mais au final et malgré tout, l’ensemble reste plat et n’accroche jamais vraiment le regard, pas une seconde d’implication à l’horizon. On pardonne les acteurs qui n’en sont pas (quelques bonnes trognes malgré tout). A la limite, je pourrais même pardonner la musique, petite techno formatée pour commencer, puis nappes d’ambiance communes plus calmes et enfin percussions pas trop folichonnes mais après tout, assez distincts selon les scènes. Et puis les petites nappes de tension tout comme le départ des percus du final ne sont pas hors sujet, même si franchement plates.

Mais il n’y a pas que ça à mon avis. Même avec ce montage nerveux et des plans rapprochés plus ou moins inclinés et vacillants, l’énergie des combattants est annihilé par un choix de plans franchement très discutable, trop académiques mais pas seulement. Le choix des angles de vue, voilà ce qui m’a le plus gêné dans HK. Apparemment maîtrisés et adéquates pour commencer, ils se révèlent sans âme, trop répétitifs et mal choisis pour traduire l’impact pur. On a ainsi souvent droit, et de plus en plus avec le combat final, à des vues complètement derrière l’adversaire, derrière lui ou son épaule, qui se prend un coup très souvent vu en direction de la caméra, voir complètement caché par son corps, et une alternance trop régulée de ce même point de vue d’un bord à l’autre. Ainsi certains coups de poing ou même kicks balancés qui devraient être traduits par une caméra qui suit le mouvement ou avec un minimum d’angle sont très souvent écrasés par la simple perspective étriquée voir même obstrués ce qui annihile toute l’énergie. Il manque parfois juste un peu plus d’angle pour mieux faire passer la chose ce qui me semble fort dommage. A côté, il y a aussi des plans trop larges et mal cadrés au moment même d’une grosse frappe, là où ils devraient être au raz de la trogne qui se prend le coup par exemple (le plan fixe du gars balancé du bar, vu de loin pour accrocher son saut avec paresse, idem pour le bad guy du final trop mis à distance). De même, quand ce n’est pas les vues de derrière qui cachent tout, ce sont des plans bien sages de profil qui montrent consciencieusement un échange de coups sans réel identité. Personnellement, il reste le passage sur le billard et celui des bâtons qui cherchent plus à coller à ce qui se passe vraiment au niveau du mouvement, des membres et de leur dynamique. Mais donc, le montage a beau être nerveux, les plans restent, soit trop académiques, soit éloignés de la scène, soit manquant d’angle, parfois même coupés trop top (le flying kick du bad guy ou certains impacts juste après le billard), et finalement pas assez signifiants pour traduire la violence brute des coups et la rage indispensable à transmettre, vu que tout cela est pris très au sérieux, et donc que la rage délivrée y est primordiale. Je pinaille beaucoup et il y a quelques bonnes choses malgré tout mais au moins c’est dit. Beaucoup de passages sont sans une once de vie propre à cause de tout cela. Même certains échanges de coups (de poings notamment), toujours bien exécutés, laissent pourtant de marbre de par leur traitement pour le moins étrange. Et tant qu’on y est, j’ajoute les blocages le long du bar (pourtant dieu sait que ça fait mal ce genre de prises) qui en deviennent presque anodins de par la distance prise avec la souffrance infligée.
Sympathiques hommages au final de drunken master 2 et à la technique de jambes de Ken Lo et à un chouilla de l’esprit du bad guy de Operation Scorpio néanmoins, mais c’est mini, mini.

ps : j’ai clairement préféré le plus récent « Green Hornet« .

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/hk/critiques.html

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