The Wicked City (妖獸都市) 1992


La gueule du film
2-75
Grand film malade que les aficionados se sont arrachés lors de sa sortie restreinte en dvd US, seul support épuisé depuis belle lurette, Wicked City pour résumer, c’est la Workshop qui fait du Nam Lai Choi. La compagnie de Tsui Hark est alors au summum avec les OUATIC, les Syndicat du crime et autres Histoires de fantômes chinois et voilà que Tsui entreprend une idée aussi saugrenue que dangereuse, adapter l’excellent animé La cité interdite de Kawajiri en film live. Adapter de la SF fantastique n’a jamais été synonyme de grande réussite à HK et il semblait improbable de retranscrire l’ambiance oppressante et les mutants démoniaques de l’animé. Au final, certains y voient un film bourré d’allusions à la rétrocession comme l’attaque du monstre horloge, celle de l’immeuble de la banque de Chine, repère des envahisseurs mutants, ou la perte d’identité des hongkongais via les transformations des humains en monstres. Peut-être, en attendant, on assiste plutôt à un gros nanar à la Nam Lai Choi relevé par la griffe de la Workshop.

On y retrouve les éclairages bleu c’est bleu en masse (plus de 90% du film), et le goût de la firme pour les caméras distordues et dynamiques qui crédibilisent tant bien que mal l’ambiance qui se devait d’être très étrange. Elle l’est bien, mais plutôt pour son côté fiction bisseuse d’outre tombe que par une véritable réussite artistique. Le scénario suit en gros l’animé (l’invasion secrète de la ville par des mutants des enfers dissimulés en humains et contré par un super killer cop) mais les verrues sont massives.

Niveau action et délires, les moments d’anthologie deviennent forcément cultes par l’ingéniosité et l’audace qui n’est plus à démontrer des artistes de la Workshop en matière de trucages à deux balles généreux. Oui mais ici plus qu’ailleurs, les effets spéciaux bas de gamme couplés à un montage d’aliéné offrent un résultat très inégal. En plus de la femme araignée de l’intro tirée de l’animé, vous prendrez une montagne de films plastiques qui fera bien l’affaire pour simuler un slime recouvrant une voiture, du polystyrène en masse pour faire bonne mesure d’une substance organique, métaphore vaginale envahissant un ascenseur, un avion en plastique filmé devant un GI Joe pour une illusion du 11 septembre en live, une « Majorette » filmée devant une vraie voiture qui nous montre Jacky usant de ses pouvoirs de remodelage de la matière, ici la miniaturisation, et pas mal d’autres machins encore comme l’une des décapitations les plus naze jamais pondue. Avec ses éclairages saturés et une nuit omniprésents, un montage sans peur et non sans reproche fait de trois tonnes de plans n’excédant pas la demi seconde et des mouvements de caméras dans les summums de l’épileptique imbuvable, le résultat palie presque au cheap énorme, passe en force pour laisser une impression de foumoilà assez unique (à part The Cat de Nam Lai Choi, je vois pas qui d’autre). Un personnage quant à lui est particulièrement bien senti et vaudra d’ailleurs la couv du dvd US, une gweilo mutante protéiforme qui fusionne avec un ascenseur, une moto et un flipper (flipper qui est d’ailleurs une référence direct au « The Machine » de Williams, un des flips le plus culte des 90’s).

Problème majeur, aux côtés de l’ambiance et des scènes de cinglé promises, un cast à l’ouest, des enjeux personnels sans intérêt et une double romance neuneu surtout pas crédible envahissent le métrage de dialogues insipides et interminables. En voulant adapter la noirceur et l’oppression constante de l’animé, le film live s’enterre dans un récit mal construit aussi étrange que peu fidèle dans son approche et totalement foireux.

Niveau cast improbable plus ou moins fidèle à l’animé, Jacky Cheung pour jouer le super flic désabusé déjà, c’est plus que bizarre. Il faut ajouter les tout aussi improbables Yuen Woo Ping en commissaire, Tatsuya Nakadai, le gigantesque acteur nippon, en roi des mutants qui joue avec son ombre comme il l’entend, Michelle Reis en mutante amoureuse aux ongles sabre laser, très souvent à poil (et on ne voit jamais rien en effet, c’est un scandale !), Leon Lai en second super cop invisible, Roy Cheung en master bad mutant gratifié d’une panoplie de maquillages aussi cheap que cinglés. Hors mis Nakadai, Woo Ping et la gweilo mutante évoquée précédemment, le reste des acteurs est complètement à la ramasse (Roy Cheung first) ou pas à sa place (Jacky).

Mal construit, mal joué, mal adapté et malade tout court, Wicked city a ce quelque chose d’unique et d’épileptique qui le rend culte mais reste sans aucun doute largement surestimé tant sa générosité et son extravagance ne rattrapent jamais sa terrible médiocrité générale.

castwickedcity

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/wickedcity/critiques.html

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