Casshern (キャシャーン) 2004

casshern
Le plus grand Big Mac du monde.
1-50
Tout est dit, Casshern est le fruit génétique de la culture de l’image poussée dans ses derniers retranchements du toujours plus, qu’importe le résultat. Casshern est la somme de tous les clipeux de la terre réunis pour une coquille de mégamix SF, une gigantesque branIette visuelle dont le réal en bon clipeux ne comprend rien de rien au cinéma et plus explicitement, ne comprend rien au grand cinéma japonais qui a nourri son passé, pourquoi son image était belle, pourquoi sa composition faisait rêver, sa lenteur était troublante, ses acteurs charismatiques, sa musique envoûtante et ses thèmes profonds et porteurs. Tout a été oublié dans une tombe surplombée d’une télé. Et pourtant Kazuaki croit bien le connaître ce cinéma de l’émotion, et s’en va dispenser plus de deux heures de bouillie SF agonisante. N’en résulte que l’image aussi recherchée que tape à l’œil, le reste n’est que néant, au mieux énorme gâchis. Casshern n’est plus que l’ultime démonstration visuelle du paradoxe « toujours plus » dont résulte le « toujours moins ». Son univers avait pourtant quelque chose à montrer au départ, un beau voyage sous-jacent même, mais non, tout est jeté n’importe comment pour s’échouer sur la pauvreté absolue (guerre=caca).

Casshern est un volcan de filtres Photoshop en tout genre mal digérés, de mouvements et de héros Saïyens déifiés, de synthèse poids lourd dans le sens pachydermique du terme, de poésie en conserve. Un Big Mac de la SF qui fait envie, attire l’œil, que l’on ne résiste pas à consommer alors qu’à l’évidence, Casshern ne peut nourrir et ne se digère pas plus. C’est du Tricatel, il n’y a rien de nutritif là dedans, ce serait même plutôt dangereusement empoisonnant, lobotomisant. Une sorte de Volcano High Japonais qui choisit la SF en prenant de l’imagerie Avalon ou du héros Ressurection of a little match girl pour le plonger dans… Peu importe en fait, Casshern, c’est le sommet de la culture pop, du sampling sans teneur, inutile et pourtant charmeur aux entournures pour nos yeux avides d’images technologiques démesurées ; l’image seule, portant tout sur ses épaules. Charmeur car la horde de Mr clip croit connaître l’image, la travaille, l’exagère, la mélange, la pousse toujours plus loin vers le foisonnement incessant en quête de l’onirisme ultime, d’une alchimie divine. A quoi bon puisque l’image n’est pas la beauté, elle ne peut que la véhiculer. Si étrange et déroutant que puissent paraître les tableaux de Bacon ou de Picasso, leur beauté est ailleurs, leur fondement inconnu, leur effet mystérieux.

Charmeur aussi car il y a un petit quelque chose qui fait que je n’arrive pas à le haïr tout crétin et gros fan d’images SF que je suis. Tout est tellement « overburn your eyes » que même si c’est la plupart du temps moche, ça a son charme, comme si les mecs n’avaient pas peur d’utiliser en masse les filtres que personne n’osent utiliser tant ils sont crouteux… Les robots sont hideux et hyper démodés mais dans le même temps, les graphistes n’hésitent pas à les mettre, et en masse, (même si leur logiciel de Mass est minable). Ils ont pas peur quoi. A chaque peinture bien trop propre sur elle, il va y avoir un filtre impensable qui remet une couche comme les bases d’une peinture que l’on foire mais où justement même si c’est moche, c’est pas grave, on a pas peur et on remet 10 000 couches supplémentaires pour rattraper et pourquoi pas aboutir à un résultat autre. Casshern se veut donc sale, imparfait et blindé d’accidents artistiques (halos, flous, fumées, salissures, etc), contradiction totale avec le soin de métronome mécanisé que les infographistes offrent à chaque plan (robots Astroboy, design 100% repompé).

Au final, l’immense poudre aux yeux enfantine ne peut que jeter quelques confettis à l’âme affamée en guise de feu d’artifice ultime. L’ignoble mise en scène surdécoupée et le récit bordélique, débilisant, et le comble, ultra poussif, ne poussent même plus à se demander « mais c’est quoi ce film ! » tant on nous a déjà moultes fois asséné une orgie de pop daubes du même embryon et dont Casshern en est la quintessence du point de non retour, sans compter sa BO d’un pompier effrayant, extrêmement mal mixée qui plus est. Et pourtant, Casshern est un Big Mac, un concept pub clinquant dont l’effet outrancier aussi inconnu que familier parvient toujours à titiller un minimum la rétine, ne serait ce que quelques minutes sur ses 2 heures de bouillie.

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/casshern/critiques.html

04/03/2011
http://www.senscritique.com/film/casshern/1411230230884131/critique/drelium/

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