Les Artistes du théâtre brûlé (2005)


Chaleureux.
3-25
Le Cambodge est un pays aux rêves brisés. Il n’y a plus de théâtre, plus de salle de spectacle. Les arts traditionnels et populaires sont en train de disparaître à leur tour, face à la concurrence de la télévision. Mais il existe encore des artistes. Dépositaires d’une tradition qu’ils ne peuvent transmettre, faute de structures, de soutien financier et de lieux de spectacle, ils sont condamnés à vivre dans la misère, ou à monter des spectacles exotiques pour les touristes.

Au Cambodge on naît Artiste (les familles perpétuent des lignées de danseurs, de comédiens, de chanteurs), et on le reste. Ni les guerres, ni les massacres, ni la sauvagerie de l’économie « ultra-libérale » ne peuvent altérer leur foi, ce qui les rend en même temps particulièrement vulnérables et lucides. Aujourd’hui ils n’ont plus la parole. L’idée centrale du film, est de rassembler des comédiens autour d’un projet emblématique de la réalité que nous vivons : quelque chose se décompose en nous, tout part en lambeaux, la dignité, l’identité… car nous sommes en train de perdre la mémoire.[allociné]

Sans atteindre la puissance dénonciatrice de S21, ce documentaire chaleureux est touchant de par ses artistes et leurs personnalités. Leurs sourires, leurs doutes et leur lucidité s’entremêlent dans une succession de scénettes mettant joliment en valeur leur âme spontanée, belle et généreuse au coeur d’une situation et d’un background lourd de difficultés et d’obstruction à la création. Un joli voyage où le rire est communicatif et la sincérité touchante même si le parti pris d’une mise en forme encore une fois très éclatée n’est pas toujours aisément abordable. Mais de beaux instants vivent au milieu de ce théâtre en ruines et à ciel ouvert, un refuge à l’agonie peuplé d’esprits libres qui lui redonnent toute son identité, des instants simples et forts comme le truculent acteur qui souhaite spontanément répéter une scène de Cyrano l’épée à la main ou la séance de défoulement où chacun crie sa colère, ses doutes et ses espoirs, en enfermant ses mots dans un vase que l’on referme puis que l’on casse à grand coup de pied, « ça fait du bien hein ?! ». Un beau témoignage pour une culture vivante qui tente tant bien que mal de subsister dans un Cambodge au passé dictatorial lourd de conséquences qui pèsent encore plus lourd sur les artistes, les vrais.

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/lesartistesdutheatrebrule/critiques.html

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