Female Yakuza Tale (やさぐれ姐御伝 総括リンチ) 1973


Yeaah, Hit me Baby.
3-50
La jeune et craquante Reiko Ike démontre ici un charisme certain et propre à elle qui la démarque nettement de Meiko Kaji (La femme Scorpion) bien plus monolithique. Elle se permet des petits commentaires taquins entre elle et le spectateur, use de son regard malicieux en coin, remue ses lèvres rougeoyantes et son corps tatoué de feu avec un charme potelé qui la rend plus vulnérable, plus humaine aussi, tout en restant follement sexy et dangereuse. Preuve en est pour mettre directement dans le bain, ce combat d’ouverture sous la pluie, typique, où la belle tranche du mâle entièrement nue en passant devant son ombrelle aux moments opportuns. Tout le film se résume en cette scène entre excès vulgaire du propos et beauté baroque de la mise en scène et de son héroïne. Pour autant, ses qualités de sabreuse sont très secondaires et n’auront cours qu’au début et à la fin du film.

Au pays de l’exploitation nippone 70’s, l’excentrique Teruo Ishii ne cherche évidemment pas le scénario imparable et reste avec sagesse linéaire et efficace, mais niveau forme c’est autre chose. Il s’approprie le cadre pour réchauffer tout ça à sa manière. Primo, la bande originale déchire (contrairement à Sex and Fury), qu’elle soit atmosphérique, psychédélique ou groovy, flûte, guimbarde, scie ou saxo typique du genre, le score a la frite et le premier 1/4 d’heure enchaîne le mixe avec délice : de la chaleur en boîte.

Chaleur accrue par la mise en scène à l’arrache mais variée et chercheuse. Les spots colorés typiques du genre et de Seijun Suzuki tranchent le cadre mais jamais à outrance. La variété est de mise. Poursuite vue en grosse plongée du haut des ruelles colorées et bordéliques, plans à terre dans les appartements enchevêtrés, caméra à l’épaule, gros plans chaotiques particulièrement efficaces et bien trouvés dans les scènes chaudes régulières, plusieurs instants déviants comme ce court plan du point de vue de l’entre-jambes d’où part de belles bottes en cuir ou ces ombres qui s’agitent derrière les aplats colorés. Cette subtilité constante de mise en ambiance se marie à merveille avec la volonté poussée de vulgarité du scénario (de la drogue en flacons transportée dans les entre-jambes de prostituées en est un simple exemple), et l’objectif érotique d’échauder le mâle de l’époque avec de la scène de poignasse (les beaux blacks à l’œuvre).

La touche d’humour grinçant contrebalance aussi efficacement le tout grâce à Reiko Ike qui se rit bien de ces mâles à 3 neurones et puis, et surtout, ce final orgiaque, aussi furieux que filmé à l’arrache clôt le métrage avec un panache coloré et « crache à la g. » qui fait plaisir. En bref, Teruo Ishii balance franchement bien la sauce, avec style et générosité.

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/femaleyakuzatale/critiques.html

20/03/2011
http://www.senscritique.com/film/female-yakuza-tale/3501296318776152/critique/drelium/

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