Kill, la forteresse des samouraïs (斬る) 1968


Chanbara caustique
4-00
Genta (Tatsuya Nakadai), un guerrier samouraï, est sommé par ses supérieurs d’assassiner son meilleur ami. Après s’être exécuté, très ébranlé, il rejette en bloc les préceptes de l’ordre des samouraïs pour tenter de se ressourcer et entame une quête intérieure. Mais il rencontre sur son chemin un jeune fermier qui l’implore de l’aider à combattre des guerriers venus empêcher un soulèvement des paysans… La violence et la corruption auront-elles raison des idéaux pacifistes d’un samouraï idéaliste ?

L’équilibre tragicomique est particulièrement réussi dans ce Chanbara d’une étonnante modernité et s’étend bien au delà du duo d’acteurs et couple principal déjà très consistant. Très proche par certains aspects du personnage de Yojimbo, Tatsuya Nakadai se présente ici sous les traits d’un vagabond vulnérable et inoffensif, mais fine lame, qui garde bien cachée une humanité vibrante permettant ici encore la dénonciation d’une féodalité rigide ne prenant en compte que les stratégies des plus puissants, où les samouraïs ont largement perdu de leur superbe et se déplacent en groupes éparses, en manque total d’autorité et d’ordres clairs. Etsushi Takahashi interprète le paysan Hanji, compagnon de route et parfait contrepoids de Genta, l’impulsif face au calme absolu, l’ahuri face au malin, la bonté naïve face au calculateur revenu de tout depuis longtemps, le débutant face au professionnel. Hanji est un mastodonte des plus attachants, paysan honnête et droit, amoureux de la terre, dévoué, admiratif du rang de samouraï et donc catalyseur des désillusions que Kihachi Okamoto souhaite développer.

Le parallèle avec le western Italien est flagrant, que ce soit dans les décors constitués en grande partie de décombres et autre ville fantôme, la mise en ambiance, la poussière, la sécheresse, le ton et même la musique au cachet lui aussi Spaghetti. La mise en scène d’Okamoto reste pourtant réaliste et précise, dotée d’un noir et blanc superbe et de beaux moments esthétiques, comme ce magnifique plan large du cimetière bouddhique.

Le mélange énergique joliment architecturé autour d’une trame qui aurait tout autant pu être traitée en pure dramatique sans ses savoureux personnages nuancés de comique équilibre très bien l’ensemble et le rythme sans faille permet de francs moments d’ironie comique tout en amenant le récit vers un bel assaut final désenchanté, chaotique, sanglant et rageur, où le samouraï, tout honorable qu’il soit, se retrouve perdu en pleine naissance d’une certaine idée de la modernité.

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/kiru/critiques.html

18/01/2011
http://www.senscritique.com/film/kill-la-forteresse-des-samourais/8901229987396805/critique/drelium/

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