Samurai Spy (異聞猿飛佐助) 1965

Du charme mais pas pas totalement convaincu pour autant.
3-25
Des années d’état de guerre s’achèvent avec un Japon unifié sous le shogunat des Tokugawa et le samourai espion Sasuke Sarutobi, lassé des conflits, cherche le repos. Quand l’espion de haut rang Tatewaki Koriyama trahit le Shogunat pour un clan rival, le monde des espions se met à s’agiter. Involontairement impliqué dans le conflit, Sasuke traque Tatewaki, alors qu’un mystérieux homme en blanc semble les traquer tous deux…

Le début s’annonce sympathique puisqu’en effet, la mise en scène se veut assez théâtrale et l’action y est flottante et un brin abstraite ce qui lui confère une certaine touche originale et une ambiance silencieuse assez singulière grâce à des plans très éloignés (une descente de colline qui assure) ou au contraire des plans remuants ou de légers travellings coupés aux torses, avec un montage bien alterné et original. Il faut ajouter une bande d’espions ninjas mené par un Tamba Tetsuro tout en blanc avec une belle cagoule et un air tirant sincèrement vers Jimmy Wang Yu en action, les bras tendus marchant tranquillement attendant que l’ennemi se ramène pour le trucider en un éclair. On retrouve d’ailleurs lors de quelques brefs passages les sauts à la Steve Austin chers à la Shaw Brothers. Le sabreur héroïque au visage exotique du clan Sanada est lui aussi assez singulier et sa taille (il dépasse tout le monde d’une tête) tout comme sa performance monofaciale m’ont beaucoup rappelé la présence physique de Mark Gregory dans Les Guerriers du Bronx (ah oui, quand même). Le résultat de cette recette d’action plutôt originale pour un chambara historique penche malheureusement de plus en plus vers un certain ridicule. C’est franchement cheap et plutôt mal foutu dynamiquement parlant, mais 1965 tout de même, période où la Shaw ne fait guère mieux. Toutefois, cette théâtralité met grandement à jour la faiblesse technique des combattants heureusement bien dissimulée par des cadrages esthétiques, un beau contraste élevé où une caméra volontairement placée très près ou à 5 kms de l’action.

Mais ce qui déçoit le plus est sans doute le fond du film plutôt que la forme qui garde un charme certain. L’histoire se veut un sac de nœuds d’alliances, de complots, d’espions et de traîtres couvant une guerre entre Tokugawas et Toyotomis et s’avère plutôt confuse et de toute façon pas franchement primordiale. J’ai eu subrepticement l’impression de voir un Tony Liu à l’œuvre pour son The Lady assassin par exemple, c’est à dire un beau paquet de linge politique comploteur bien tassé dans un panier trop petit pour crédibiliser la moindre dose de sentiments. Du coup, on n’a pas vraiment de bonnes raisons de s’attacher aux personnages, le héros monofacial étant celui que l’on suit de bout en bout avec la même sensation de ne pas comprendre réellement ce qui se trame. Et pourtant, au final, Sasuke notre marathonien de service (il court comme un chevreuil) s’avère être un véritable Sherlock Holmes puisqu’il montrera d’un seul coup d’un seul qu’il a absolument tout compris depuis longtemps, et même plus que nous. Mais l’effet n’est pas très porteur à mon sens, car d’un autre côté il m’a semblé plutôt aisé d’anticiper le dénouement ***spoiler*** puisque forcément il était question d’un protagoniste qui trompe tous les autres, et je ne sais pas pourquoi, mais vu sa tête la première fois qu’on le voit, j’ai tout de suite vu que c’était lui qui baratinait***spoiler***.

Le noir et blanc très contrasté est joli mais ne facilite pas toujours la lisibilité des scènes nocturnes, la musique, Les décors naturels tout comme le festival sont quant à eux très sympas, notamment ses beaux plans de collines, de ponts suspendus ou non, ou ce temple, véritable havre de paix pour le guerrier en quête de tranquillité, mais on est assez loin des références selon moi tant le fond historique ne développe que très peu de thématiques intéressantes. Reste une ambiance singulière entre l’action plutôt bis sur les bords et le chambara d’espionnage guindé.

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/samuraispy/critiques.html

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