SPL (杀破狼) 2005


Aaaah, le polar HK… La noirceur en conserve.
3-00
C’est tellement maison. Szeto Kam Yuen, auteur de quelques grosses références de la Milkyway est au scénario et ça se sent à des kilomètres. Toujours prêt à conter un face à face tourmenté entre une équipe de flics pas vraiment intègres et un bad guy pas vraiment bad, toujours prompt à de la bonne grosse scène langoureuse ou nos anti héros poussent fort la mélancolie, remontent leur passé sans croiser le regard, assis en haut d’un immeuble avec vue nocturne sur HK, affrontent leur destin et une fatalité enrubannée (comme un faux air de Loving You), le tout sur une musique cheapos au violoncelle synthétique. Et surtout, Szeto toujours campé sur un face à face tiraillé qui s’étire tant qu’il peut sans pousser très loin un vrai relief, une vraie intensité et de vraies surprises, les éléments d’un Michael Mann par exemple, pour taper haut et être plus précis. Le cast a beau être aux petits oignons avec en particulier, un Sammo Hung impérial, un Simon Yam au regard imprégné, une gueule de Donnie fringante et un Wu Jing avec une bonne présence physique en assassin létal et virevoltant, la mise en scène a beau être précise, elle reste d’une pauvreté remarquable, la photo a beau être propre, elle reste plus proche d’un téléfilm du dimanche que d’une vrai edémarche esthétique, le scénario a beau être précis comme une horloge, la sauce reste convenue et connue, sans surprise ni retournements qui marquent si bien le polar US, et sans l’audace, la rage et le vrai désespoir qui transperçaient merveilleusement Man on the brink et The Club de part en part (garder bien vos costumes nickels les gars, s’agirait pas d’avoir l’air d’un clochard), bien plus vieux et fauchés mais largement plus en vie.

SPL est un retour aux sources qui réussit à faire revivre l’essence des meilleurs polars Milkyway. On y retrouve tous les ingrédients qui ont fait leur succès. Malheureusement (pour moi), ce style de polar n’est décidément pas ma tasse de thé. Simplement parce que les enjeux y sont tellement basiques et le manque d’audace si évident qu’ils ont bien du mal à m’accrocher pendant 1h30. Wilson Yip est un gars honnête qui ne triche pas, SPL en est une belle démonstration. Qualités d’une mise en scène épurée, cast convaincu et convaincant, mais ça ne change pas grand chose à la linéarité déprimante de l’ensemble, encore affaiblie par des répliques passe partout par camions. Le téléphone aussi, élément et ficelle capitale du polar HK, permet comme d’habitude d’opposer une situation noirissime à un contact chaleureux avec la famille, un média utilisé à répétition pour humaniser et catalyser la dose nécessaire de bons sentiments qui contrebalancent avec la gravité de nos gros durs et leurs agissements peu glorieux. Bref, les surprises se font rares.

Heureusement, cette fois-ci, ce n’est pas seulement le polar HK qui revient aux sources mais aussi, à moindre mesure malheureusement, l’action et la baston HK. Et là, c’est nettement plus ma tasse de thé. Donnie Yen est dans la place aux chorés et à l’affiche, Sammo aussi, et ces deux là apportent une touche qui n’est vraiment pas de refus. Donnie a maintenant de la bouteille et a de plus retenu son expérience sur Blade 2 tout en regardant attentivement Ong Bak et nous offre un magnifique spectacle très réaliste et furieux qui renoue avec la violence des belles années en y ajoutant une bonne dose de clefs de bras, de lancers à la volée et de lacèrages au couteau apétissants. La dose est certe petite mais de grande qualité, en particulier le superbe double final. Donnie / Wu Jing dans une ruelle, à l’arme blanche et Donnie / Sammo en big final, deux duels sans surdécoupage intempestif, bien au contraire, qui décuplent l’intensité et la lisibilité d’une violence qu’on avait plus vu depuis longtemps. Quel bonheur de retrouver ces fameuses chutes de Sammo sur des angles de mobiliers peu accueillants. Un face à face chargé en intensité où le téléphone gagne bien sa place cette fois-ci. Qu’on m’en donne plus ou alors, qu’on m’offre un scénario plus original et une vraie mise en scène créative et recherchée et le pari sera enfin réussi. En attendat et personnellement, SPL sent davantage la mort du cinéma HK plutôt que sa renaissance.

Les 8 minutes manquantes au cut mainland créeront peut-être la surprise, mais j’en doute fort.

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http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/shapolang/critiques.html

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