Sukeban : Girl Boss (スケバン/女番/スケ番) 1973


Des atouts et du charme (d’époque) mais peu d’excès et pas assez de style.
2-25
Quatrième volet de la série des Sukeban, B movies catégorie « jolies donzelles féroces » avec pour héroïnes la jolie Miki Sugimoto et la troublante Reiko Ike, habituée clairement charismatique du genre Pinky Violence 70’s ; Des femmes à l’envie de liberté démesurée embrigadées par la force des choses dans un monde impitoyable de yakuzas où elles finissent néanmoins par tirer plus ou moins les ficelles, dans l’ombre et à leur manière, entre affaires d’amants yakuzas et trafics de femmes par des leaders despotiques. Ce nouvel opus s’en tire sans gros écueils puisqu’on y retrouve quelques scènes excessives et une bonne odeur 70’s comme le troisième volet en faisait la parfaite démonstration. Mais cette fois-ci, les hommes y sont un peu moins bafoués et ridiculisés (quoique), et surtout cette fois-ci, à l’image de Sukeban Mafia, le ton est un peu plus sérieux voire réglementaire.

On se demande pourquoi vouloir à tout prix se focaliser sur la teneur toute relative du scénario alors que la série vaut surtout pour ses donzelles se tapant dessus comme des chiffonnières toute poitrines devant, ou mieux, passant de victimes de tortures toutes plus sadiques les unes que les autres à vengeresses implacables. Sukeban Girl Boss offre bien quelques moments grinçants comme un bon lot de bastons de femmes filmées à l’arrachée, ou cette meute de jeunes effarouchées kidnappées par le puissant gang et conditionnées à devenir des prostituées grâce à un cours intensif de fellation, ou encore cette renégate qui voit son sanctuaire brûlée à la « pelle à tarte » chauffée à blanc, ou encore l’héroïne, Miki Sugimoto, aussi vue dans le bien plus excessif Les Menottes rouges, séquestrée dans la grande tradition pinky violence, enchaînée et malmenée dans un garage crasseux, ou pour finir ce réalisateur de films pornos qui chasse les candidates dans la rue. Mais, hormis ces quelques extrémités, la baston chaotique prend ses aises et sclérose l’excès esthétique et thématique tel qu’on l’espérait vraiment, surtout venant du réalisateur du Couvent de la Bête sacrée.

Girl Boss a l’avantage d’être assez soutenu de bout en bout, exposant deux femelles dures comme des hommes, et même bien plus, amoureuses au passage d’un yakuza rebelle, dans un scénario un poil plus recherché que la moyenne qui a malheureusement tendance à s’éterniser toujours aux dépends des excès que l’amateur est venu voir. Ainsi, il ne faut pas se fier à la jolie couverture de ce film puisque il ne sera pas question de voir nos femmes de l’ombre marcher torses nus vers la revanche à la manière d’un western urbain. Les corps sexy ne sont montrés que lors de quelques scènes d’amour violent à l’érotisme typiquement nippon qui restent bien en dessous des références du genre.

Pour accompagner le plat, la mise en scène demeure assez passe-partout comparée aux perles du réalisateur, agrémentée de quelques cascades, d’une musique sympa et de quelques idées plus originales et osées comme la récurrence du tableau de la Joconde comme ornement ultime du bureau blanc immaculé du chef Yakuza, souvenir douloureux évoqué à la manière de Seijun Suzuki, mais le résultat reste très anecdotique niveau intérêt cinématographique. Le peu d’innovation générale gâche donc en partie la teneur de ce Girl Boss qui n’en reste pas moins énergique voire jouissif à de courts moments, à l’image de l’attaque très bis du QG mafieux menée par 4 donzelles contre une armée de yakuzas crétins à coups d’extincteurs, de clubs de golf et autres mallettes en métal.

Au final, un cru tout juste honnête pour l’amateur, qui se laisse voir mais qui manque d’une audace plus globale qui emporterait son histoire honnêtement menée elle.

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/sukeban/critiques.html

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