L’Honneur du Dragon (ต้มยำกุ้ง) 2005


Beuuuuaaaaaarrrrrrhhhhh !! Le retour
3-25
Tom Yum Goon, c’est Ong Bak 2 sans aucun doute, un film de bourrin par excellence. Remplacez la tête de bouddha par un éléphant et son fils et c’est marre. Les pachydermes sont au moins des êtres vivants magnifiques qui permettent quelques jolis plans et quelques premiers moments écologistes simplets mais honnêtes. On ne parlera pas plus du scénario qui s’enfonce méthodiquement dans le néant et fait même plus crétin encore que le premier opus de Tony Jaa « made for international » en ajoutant quelques passages foncièrement bis assez marrants et d’autres se voulant comiques, pas du tout drôles, appuyés par des rôles accessoires à souhait comme la potiche et le side kick de rigueur, Wongkamlao Petchtai. On reste une nouvelle fois assez éloigné du martial made in HK avec Tony Jaa et son équipe, loin surtout du kung fu opéra ou surréaliste ou d’un entraînement méthodique, beaucoup plus près thématiquement d’un Blood Sport contemporain en fait, d’une pure démonstration physique, d’un show de « tronches men » patibulaires et d’un pitch rachitique qui met la rage au monsieur, comme une dose de dopant qui fait effet un peu plus à chaque fois que l’on touche à son éléphant. On est encore loin aussi du quotient bis cultissime de l’unique et mirifique Born To Fight qui aura lui du mal à trouver un concurrent dans son approche de fousmoilà indétrônable. Tom Yum Goong aborde le martial comme Ong Bak, un villageois élevé au muai thai va devoir user de ses talents de combattant mais aussi de gymnaste dans une ville dangereuse, cette fois-ci Sydney, pour retrouver ses éléphants kidnappés. Une nouvelle idée menue qui met en valeur très simplement la tradition thaï et ses voies spirituelles. Pas question de se prendre d’avantage la tête avec l’histoire.

Ne soyons donc pas trop radical avec le vide scénaristique, le non charisme de Tony, les quelques grosses focales illisibles, la convenance générale, les défaillances de mise en scène ou les mauvais acteurs qui tentent de plus de parler anglais, ce qu’il y a de bien finalement avec TomYum Goong, c’est que chaque fan de bourrinage intensif y prendra ce qu’il veut et qu’il a de fortes chances d’y trouver quelques scènes qu’il lui feront aimer le film. C’est sans problème mon cas même si ce n’est pas vraiment le plan séquence trop crispé (mais le réal l’ose, et ça c’est bien), ni l’attaque de riders sans « plus produit » comparé à Ong Bak, ni la poursuite en bateaux mal montée, ni le combat contre le bras droit sans originalité qui m’ont au final fait aimé TYG. Non, jusqu’à ce combat qui termine le fameux plan séquence, il n’y avait rien dans TYG qui ne passait au delà des écueils de Ong Bak, des combats expéditifs et violents mais filmés sans saveur qui se répétaient et se stéréotypaient à vitesse grand V alors même que ce n’était que le début de la vague Tony Jaa. Même si l’action fait toujours plaisir et que l’idée des replay est ici mise au placard avec raison, la première grosse partie de TYG reste décevante, notamment par l’impression persistante de « déjà vu dans Ong Bak », couplée aux prouesses physiques moindres de Tony le gymnaste et au rythme assez mal géré de l’ensemble. Mais sa suite, la dernière demi heure en fait, typiquement Art of Fighting, à partir du capoeiriste, m’a bien remise d’aplomb, jusqu’à cautionner au final le film dans toute sa profonde débilité et le placer même plus haut que Ong Bak en capital sympathie. Car ce très bon combat annonce un enchaînement de fights qui offrent de véritables échanges de coups, un vrai relief chorégraphique et finalement une véritable ampleur bis et bestiale qui scelle un crescendo constant au film.

Finalement, les actioners Thaïs sont un peu le retour des film 100% action des 80’s, des B movies qui ne valaient que pour elle, l’action. Et Tony Jaa est aussi un mélange de tous ses héros à la fois, l’écolo à la Seagal, l’acrobate à la Jackie, le destructeur à la Schwarzy, le technicien à la Jet Li, et surtout le héros à la JCVD, le parfait JCVD des débuts avec ses films cultes mal vieillis et son charisme de moule. Le même mutisme, les mêmes émotions les plus basiques sur son visage, les mêmes tournois vidéoludiques, le même harcèlement ennemi, la même frime primaire, le même néant scénaristique, et les fameux deux coups de prédilection : JCVD avait (à son niveau) son retourné et son grand écart, Tony à son coup de genou aérien et son coup de coude sur le haut du crâne. En bref, c’est primaire mais qu’est-ce que ça bourrine, c’est affolant. En prime, la puissance et la technicité des coups font finalement honneur à ce jeu vidéo par excellence, ou chaque boss nous réserve sa surprise et son point faible. Les fights toujours aussi réalistes et sans artifice, avec de vrais coups portés, sont très nombreux et la variété sort gagnante ce qui est un point important et assez agréable comparé à Ong Bak, malgré là encore une redondance abusive des mêmes coups de genoux, coups de coudes et autres clefs de bras. Le petit caméo piteux d’un faux Jackie Chan qui faisait mouche dans le potage finit même par faire mouche tout court, car il faut bien l’admettre, niveau spectacle, Tony et ses cascadeurs en offrent à haute dose. Tom Yum Goong est aussi plus comique que Ong Bak, non pas grâce à son comique volontaire mais dans l’aberrance de certaines situations, son envie naturelle d’en mettre plus.

Problème majeur, la démo Jaa, ça passe une fois ou deux, mais les coups de coudes et coups de genoux à répétition, la réutilisation des mêmes frappes bourrines et expéditives indéfiniment, des mêmes combines de fight et l’incarnation d’un personnage toujours aussi plat risque de lui faire mal assez vite. Comment expliquer qu’un campagnard timide et paumé en plein Sydney trouve le moyen de frimer en kickant un lampadaire ? Instant bis malgré tout.

Bref, sous ses faux airs de jolie tendresse pachydermique, Tom Yum Goong est à nouveau à réserver au fan de bourrinage, car, tout comme Ong Bak le laissait déjà sentir, TYG est d’avantage un « défonce moi tout le monde à la chaîne » qu’un film martial ou qu’un film tout court. Mais question défonce, le gars Tony en a sous le pied, le capoeiriste (Lateef Crowder) et le sabreur (Jon Foo, wushuiste anglais de son état) nous font de la démo de premier ordre avec de beaux faciès engagés et une mise en scène franchement efficace et plutôt réussie qui met bien en valeur les capacités énormes de Tony, et Nathan Jones le colossal molosse final a vraiment une trogne terrible et je suis assez curieux de le retrouver dans le prochain Jet Li ma foi.

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/tomyumgoong/critiques.html

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