The Hidden Power of the Dragon Sabre (魔殿屠龍) 1984


Le plus psychotronique des festivals fantastiques de Chu Yuan.
3-00
1984, Chu Yuan en grand spécialiste du wu xia à tendance fantastique est tout naturellement tombé dans la marmite du frénétique câblé et enchaîne quelques folies de wu xia qui tentent de concurrencer les Tony Liu et autre Tsui Hark, notamment ce Hidden Power of dragon sabre, suite officieuse des deux Heaven Sword and Dragon Sabre tirés d’un énième roman fleuve de Jin Yong, auteur moins labyrinthique que Gu Long, autre habitué des reprises par Chu Yuan, mais très porté vers la multiplication des clans et des guerriers singuliers se combattant ou défendant une arme (ici un sabre et une épée) aidés de techniques martiales secrètes et dévastatrices cachées en haut de montagnes embrumées ou de cavernes infernales bourrées de pièges hallucinatoires en tout genre. Nous sommes donc dans la droite lignée crescendo des films de Chu Yuan tels le plus vieux Web of Death ou le luxuriant Spirit of the Sword, mais aussi et surtout dans une optique de spectacle fantastique sans temps mort comme il le montre aussi dans Descendant of the sun ou The Enchantress. Il délaisse donc une grosse partie du sérieux et de la qualité d’intrigue de ses chefs d’oeuvre pour se rapprocher des folies explosives tels Buddha’s Palm et autre Holy Flame, tant dans l’ambiance que dans la profusion de rayons laser, d’action soutenue, de décors fantasmagoriques, de lumières multicolores en forme de feu d’artifice, mais aussi de carton pâte à peine dissimulé.

Chu Yuan garde malgré tout son savoir faire pour atout maître, la même envie de jolis décors multicolores tout en studio, de costumes flamboyants, le tout soigneusement éclairé, d’alliances de guerriers, de trahisons, de poisons, de brume, etc, mais glisse nettement vers le n’importe quoi qui se passe de justifications philosophiques. Quelques passages rappellent aussi indéniablement l’empreinte encore vive de Star Wars, notamment le palais secret du « Dieu Blanc » et ses champs de force très « Kénobien » ainsi que l’un des décors qui est une copie quasi conforme des couloirs de la prison du croiseur interstellaire, décor repris à ce propos du pastiche Shaw de Star Wars qu’est Twinkle Twinkle Little Star. Un wu xia qui tire donc vers la SF pure, non sans raisons commerciales.

L’amateur notera tout de même une légère baisse de soin esthétique général comparé à ses grands chefs d’oeuvre ou à son plus beau fleuron en la matsière, Spirit of the sword, notamment à cause de la rapidité de tournage et des moyens financiers nettement en déclin. Le cast reste encore bien rempli en stars de la presque défunte Shaw malgré tout. Ti Lung et le jeunot Derek Yee, les deux héros qui vont devoir s’unir, offrent une prestation juste honnête, certe loin de leurs grands rôles. Ti Lung tente tout de même d’apporter une certaine consistance à son personnage de chef Mongol un peu rustre sur les bords, personnage qui tranche avec ses rôles de héros habituel. Il s’en sort bien mais ne peut aller bien loin vu le développement minimum qu’offre la trame, et finit même par sembler un peu perdu au milieu de la tonne d’explosions et de rayons lasers incrustés sur la pellicule qui débarquent en force. Derek Yee s’en sort tout juste dans son habituel rôle de guerrier inflexible et incorruptible tandis que le reste du cast de « gentils » fait dans l’anecdotique, et ce malgré la courte présence des stars comme Lo Lieh ou Ku Feng.

L’intérêt ne se situe donc pas dans l’originalité de l’histoire, très classique pour qui connaît le genre, ou le développement de l’ensemble. Le rythme est l’atout maître et se veut très soutenu. La plupart des courtes scènes de dialogues sont vite interrompues par une explosion, une apparition de guerrier surgi de nul part, bref une déferlante de pif paf boom. Nous avons donc droit heureusement à un joli festival de scènes psychés et une belle brochette de guerriers colorés, de la chauve souris verte au gamin ermite ultra mortel, avec à leur tête une prestation mémorable de Alex Man qui campe un guerrier bisexuel précurseur encore plus hallucinant que celui de Tsui Hark ou du couple de Bride With White Hair puisqu’il est coupé en deux à la manière de « Double Face », et interprète tantôt une femme tantôt un homme selon le côté où la caméra le filme… Grand délire en vue. Il faut y ajouter d’autres guerriers dont un duo feu / eau déjà utilisé par Tony Liu dans son Lady Assassin, dont Hidden Power of Dragon Saber se rapproche sur pas mal de points, notamment le rythme très élevé.

Chu Yuan énervé comme il faut est derrière la caméra, Yuen Wah, Yuen Bun, encore loins d’être aguerris, assistent Wong Pau Kei aux commandes des chorégraphies câblées, mais il manque clairement un Tong Gaai ou un Tony Liu, autrement dit un vrai spécialiste de l’action psychotronique, pour réellement emballer la machine et offrir plus de moments frénétiques mémorables. Wong Pau Kei montre ses limites et ses chorégraphies sont parfois trop brouillonnes et pas assez singulières pour convaincre.
Chu Yuan affiche aussi quelques faiblesses dans ce genre qui n’est pas réellement le sien, avec sa brochette de guerriers fous mais pas assez exploitée tout d’abord, dans son souci de rester un minimum dans les rails de ce qu’il connait ensuite, ce qui le bride un brin, ainsi que dans son montage qui manque parfois de dynamisme et de maîtrise dans l’action pour parachever la folie ambiante. Les câbles sont encore bien maladroits et le niveau bis s’en ressent mais on ne peut lui enlever un entrain communicatif qui fait partir le film en grosse vrille étrange.
Néanmoins, Hidden Power of Dragon Saber et sa tonne de sfx incrustés sur la pellicule s’avère être ce qui se fait de plus frénétique en Chu Yuan, notamment grâce à son long final fortement sous acide, où la bande son gueularde, les innombrables rayons laser et explosions en tout genre, les implosions de moines en mousse, les combats en apesanteur et j’en passe feront très bonne impression chez le fan de wu xia fantastiques improbables et bien malades sur les bords, voir au milieu, annonçant avec brio les folies du wu xia 90’s.

Hidden Power reste dans l’esprit Chu Yuan malgré tout, mais avec un fond beaucoup plus « light » et une dose supplémentaire évidente de guerriers aux super pouvoirs très, mais alors très portés sur les rayons lasers et les techniques fantastiques, ce qui ôte encore au relief psychologique quasi nul et aux prestations martiales pures mais ajoute clairement un supplément de « cinglerie » rarement vu à ce niveau chez l’ex maître du wu xia intriguant.

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/hiddenpowerofthedragonsaber/critiques.html

casthiddenpower

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s