Le Chat d’Arima (Arima Neko) 1937


A l’époque d’Edo, au chateau du suzerain Arima, Onaka, une jeune servante sans condition (Sumiko Suzuki) obtient les faveurs de son maître après l’avoir sauvé, ainsi qu’un petit chat, de la folie meurtrière d’un chien. Elle se retrouve première dame de la cour et attise bientôt les jalousies et les brimades des autres femmes de la cour. Victime d’un piège odieux qui l’accuse, elle finit par se suicider. L’esprit du petit chat prend alors possession du corps d’Onaka pour venger sa bienfaitrice.

Entre une cour impitoyable et une actrice habitée, un film au parfum de femme.
3-50
Film rare de 1937 sur un scénario de Kenji Hata tout comme Le Mystère du Shamisen Hanté, Arima Neko offre un support qui ne cache forcément pas son âge, mais passé ce constat presque évident, il recèle tout ce qu’un classique des histoires de chat fantôme japonais (Neko Eiga) laisse espérer. Suzuki Sumiko, première actrice japonaise à avoir interprété une femme possédée par l’esprit d’un chat y est magique et sa présence, son regard possédé en font une remarquable représentante des actrices réellement habitées par l’esprit fantôme.

Une grande partie du métrage se concentre sur les relations entre femmes au château. Le film en lui-même ne comporte pas ou très peu de rôles masculins hors mis une brève présence du souverain oisif qui s’éclipse rapidement pour laisser ces dames se crêper le chignon. Car il s’agit bien de cela en grande majorité. La gouvernante principale tout en excès de méchanceté ne supporte pas l’arrivée de cette jeune freluquet directement promue au rang de première courtisane après avoir sauvée le suzerain (et un petit chat) d’une attaque de chien féroce. L’objectif va dès lors être de déstabiliser la jeune innocente par tous les moyens sous les sarcasmes du reste des courtisanes qui suivent le mouvement de l’aînée beaucoup plus expérimentée en manoeuvres vicieuses.

La belle jeune femme finira par craquer sous la pression et se suicidera ne sachant comment réagir au plan machiavélique mis en place et qui l’accuse. Toutes ces dames semblent satisfaites de s’être débarrassées de cette gêneuse « parachutée » mais c’est sans compter sur le chat « assassiné » que Onaka avait sauvé avec le suzerain, qui va bientôt prendre possession du corps de la princesse et la transformer en véritable machine à tuer animale et revancharde.

Si la première partie reste soignée et très classique dans sa réalisation faite de plans fixes, l’heure de la revanche sonne aussi le départ d’un crescendo très animé qui débouchera sur un final rappelant King Kong où la chatte fantôme escalade une tour de guet avant de terrasser les dernières gardes armés de lances qui osent lui résister. Un final emprunt de folie malgré son âge, notamment grâce à la performance de Suzuki Sumiko qui s’offre même un petit passage rappelant lui Tarzan, où la féline passe d’un toit à l’autre avec une liane. Agrémenté de disparitions qui sont presque les seuls effets spéciaux connus à l’époque, et de cris de chat lancés à la cour en panique, ce final excessif et naïf vaut assurément le détour, tout comme la première partie elle aussi excessive en coups bas se laisse déguster sans broncher.

Une heure certes vieillote qui passe pourtant très agréablement au gosier, par son jeu de pouvoir bien imprégné tout d’abord, puis par sa mise en ambiance surprenante même encore aujourd’hui, tout comme son grain sorti d’outre tombe accentue encore l’immersion dans un genre qui fera date.

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/chatdarima/critiques.html

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