La Mante Religieuse (螳螂) 1978

shaolinmantis
Concentré de Liu Chia Liang, avec ses qualités et ses défauts.
3-75
Shaolin Mantis se place dans une période où Liu Chia Liang se tâte pour quitter la Shaw et produire lui-même ses films. Afin de garder celui qui est un des derniers grands réalisateurs du studio, Runme Shaw et Mona Fong, productrice aux dents acérées, lui donnent carte blanche pour ce film ce qui nous amène à un pur concentré de Liu Chia Liang libéré, mais nous prouve une nouvelle fois que les scénarios dramatiques ne sont pas son point fort lorsqu’ils doivent s’étendre sans faiblir sur la longueur.

Constamment pris entre la comédie conjugale qu’il aime traiter et la montée dramatique qui nous vient du récit original, Liu Chia Liang peine à dérouler un scénario qui se veut pourtant bien plus consistant que la moyenne. Cette envie de légèreté, de comédie naïve pourrait-on dire, qu’il ne peut décidément pas mettre de côté, fractionne le récit en deux, avec une première partie assez lourde tout de même (surtout avec Cecilia Wong qui en fait des tonnes en jeune peste gâtée), d’autant plus que maître Liu en oublie de bien installer les noeuds dramatiques nécessaires à la future montée en tension. Ainsi, nous ne savons pas très clairement quelle est la mission de Wei feng (David Chiang), et son batifolage plutôt long avec la jeune rebelle reste assez contradictoire avec l’urgence de sa mission dont l’échec est pourtant synonyme de mort pour ses parents, point dramatique qui le recentre à de trop rares occasions sur sa mission et alourdit la première partie de manière significative.
Plus que cela, le lien qui unit notre couple du jour est aussi peu clair, Wei Feng semblant véritablement tomber amoureux de sa protégée sans que rien ne nous l’indique clairement. Quant à l’ultime final pour le moins expédié de façon fracassante, Liu Chia Liang l’a voulu ainsi, malgré les doutes émis par le scénariste Szeto On, et l’explique simplement : ***SPOILER*** Wei Feng ne peut rester en vie car il apprendrait de gré ou de force aux mandchous la technique inédite et mortelle de la mante religieuse. Il faut donc mieux que son père et lui meurent en héros plutôt que son secret aille à l’ennemi ****SPOILER****. Autant de raisons qui sont assez peu explicitées tout au long du métrage, Liu Chia Liang préférant s’attarder sur une relation emprunte de légèreté et de comédie martiale comme il en raffole, mais aussi et surtout sur ses combats qui remplissent généreusement toute la seconde moitié du film.

Mais lorsque l’intrigue plutôt délayée de la première moitié, pour beaucoup tenue par une bonne performance d’acteur de David Chiang, laisse enfin place aux combats contre les 5 membres de la famille Tian, matchs aller et retour s’il vous plaît, Liu Chia Liang montre à nouveau qu’il est bien le roi des combats old school. Débarque dès lors, et ce jusqu’à la fin, un enchaînement de chorégraphies kung fu pian concoctées au millimètre prêt, qui éclatent à l’écran et nous montrent même un David Chiang comme jamais nous n’aurions espéré le découvrir. Lui qui a toujours eu du mal à être crédible martialement nous prouve clairement dans Shaolin Mantis que le travail paie. Avec l’acharnement de coller aux exigences draconiennes de Liu Chia Liang, confirmé par John Cheung présent sur le tournage, David se montre plus fluide et technique que jamais alors que la mante religieuse parachêve sa plus belle performance martiale. Le passage entre l’aller et le retour où David découvre et apprend cette technique par la seule observation de l’animal en pleine nature ajoute encore à la force d’une deuxième moitié tout aussi Liu Chia Liang dans l’âme que la première, mais bien plus convaincante. Accompagné de l’excellent artiste martial Wilson Tong devant et derrière la caméra, complété par l’énorme Lau Kar Wing au meilleur de sa forme, les très expérimentés John Cheung et Lily Li, et la maitrise de Cecilia Wong acquise à l’opéra, Liu Chia Liang signe une nouvelle fois un festival de chorégraphies qu’il filme avec un soin proche du grand art.

En cela, Shaolin Mantis parvient à recentrer son récit sur la dramatique, grandement aidé par la force de ses chorégraphies, ce qui n’est pas une mince affaire à la vue de cette histoire originale, bien plus approfondie que le tout venant kung fu, mais plutôt cousue de fil blanc.

NB : à noter la petite apparition de Gordon Liu qui ne fait que passer pour un sympathique combat de début de métrage, présence courte plutôt rare pour l’habitué du rôle de héros chez son demi frère Liu Chia Liang. Un caméo aussi dû au fait que la Shaw préférait miser sur la star David Chiang.

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/shaolinmantis/critiques.html

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