Ninja Condors (東方巨龍) 1987


Brian est un ninja dénommé White Eagle qui travaille pour un gros méchant vilain businessman et ninja américain (Stuart Hugh) dénommé Black tiger. Tueur impassible, Brian prend bientôt conscience qu’il s’éloigne du code d’honneur ninja et va être poussé à se rebeller contre son employeur.

End of the ninja.
2-50
Wu kuo Jen (aka Ng Kwok Yan) aura traversé la vague ninja avec constance et sans vouloir changer grand chose à sa formule. Pas étonnant que l’on confonde souvent ses trois films de ninjas tant ils sont de véritables copier coller d’une formule rodée. Que ce soit The Super Ninja, USA Ninja ou ce Ninja Condors, il s’agit toujours de la même collaboration avec les USA, du même cast extirpé des films de Robert Tai, du même Alexander Lou ninja blanc qui se rebelle contre ses employeurs une fois sa femme et son maître (Jack Lung Sai Ka again) assassinés, toujours aidé par le même black décontracté (Eugène Thomas), et toujours mis face à un boss américain méchant (ouuuh le méchant), un tiger ninja.

A partir de là, on brode avec de la scène de morfondage bouche trou, de la scène de commissariat blindé de gweilos à moustache incapables de jouer sans faire de terribles grimaces faciales, de la scène de nymphette qui requinque le moral au guerrier, et une pincée régulière de combats ninja typique, avec shuriken, sauts en reverse, escalade, explosions, disparitions et tout le tremblement. Mais Wu Kuo Jen bien qu’il reste honnête et dynamique, aura toujours du mal à trouver la véritable originalité qui fait la folie des grands, et son meilleur film (Wu Tang Versus Ninja) est en fait le seul qui ne reprend pas cette formule typique et ose aller vers d’autres trips d’action. On ne boude pas son plaisir à la découverte d’un Alexander Lou en beau costume blanc qui use et re-use de tout son panel de techniques obscures mais pour le familier, on est encore loin des summums du genre même si le spectacle est bien présent.

De plus, cette fois-ci nous sommes en 1987. C’est clairement le crépuscule de la vague ninja et Ninja Condors le laisse percevoir. L’équipe aime toujours ça mais le manque de pèche, de niaque est plus que jamais présent. Wu Kuo Jen réalise ce Ninja condors encore plus rapidement que ses autres moutures et cela se voit. Contrepoids bienfaiteur, le niveau nanar s’en ressent en bien puisque le non sens de beaucoup de scènes y est encore plus évident. Le début est toujours entraînant à souhait, avec une scène d’intro hommage presque originale puisque Wu Kuo Jen se refait la scène d’écartèlement d'(Heroic Ones avec des motos au plan prêt (sympa le mannequin). La suite est connue et efficace, toujours la même, une première attaque de villa surréaliste type Shinobi-like, la bien rodée embuscade en forêt, puis les choses se calment progressivement, plus encore que de coutume. Alexander se morfond de la mort de sa femme encore plus longtemps, et les combats de milieu de film sont vraiment vite torchés par l’équipe. La mise en scène y est d’ailleurs encore plus brouillonne (déjà que d’habitude, faut être rôder au genre… Fauché à mort). Wu Kuo Jen aime les gros plans rapides montés à la hache pour faire passer le tout ni vu ni connu. Cette fois-ci, ces gros plans sont montés encore plus à l’arrache, et l’originalité des techniques n’est pas franchement là pour remonter le tout, même si ça reste toujours au dessus des bouses américaines car très scrupuleux des codes d’attaque du genre créés par le cinéma ninja japonais et portés par la suite par de vraies chorégraphies kung fu grâce en grande partie aux taïwanais.

Enfin, histoire de bien remonter le moral après les très pénibles et interminables baisses de rythme du milieu, Ninja Condors offre un joli double final assez long, toujours le même là encore, une grosse attaque Commando-like de la villa du big boss, encore plus outrancière que de coutume, puis un double-fight Alexander Lou Vs George Nicholas / Eugène Thomas Vs Alan Lee pour finir par un très sympathique (mais toujours aussi vite réalisé) George Vs Alexander en tenues ninja.
Black Vs White, explosions en tout sens, découpage de cinglé impropre à la consommation, Wu Kuo Jen laisse entendre la fin de l’ère ninja et ce final sonne vraiment comme un adieu au genre, où il semblerait crier une dernière fois sa passion pour les guerriers de l’ombre. L’arme ultime d’Alexander, étrange petite bombinette rouge qui tue net en 0.5 sec. le big boss tire un trait définitif qui semble vouloir signifier : « allez, fini de jouer, on range les câbles, les explosifs et les pelles américaines. C’était la der’ des ders ».

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/ninjacondors13/critiques.html

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