Watari the Ninja Boy (大忍術映画 ワタリ) 1966


Watari le ninja que c’est le héros de tout le monde.
3-75
Étonnant et fascinant métrage tiré d’un manga ouvertement pour les enfants. Watari le ninja parvient à se placer entre le conte magique au pays des ninjas et un récit touffu dans le genre des Jidai Geki beaucoup plus sérieux, tout est relatif. Cette histoire de petit garçon surdoué combattant le méchant clan ninja Iga, élevé par son grand père loin dans la forêt, et qui part pour une quête faite de rencontres amicales ou dangereuses, toujours empreintes de techniques ninja multicolores, est tiré d’un manga culte au Japon qui prend déjà l’allure de parfait pré Dragon Ball.

Watari peut très bien se résumer à une suite d’affrontements surréalistes où chacun possède sa technique de fou, son look de fou, et où surnage le gamin, tellement balèze en techniques ninja que je me demande bien ce qu’il n’est pas capable de faire. Et pourtant, point primordial, malgré la démultiplication des personnages et de l’action en tout sens, le récit parvient à ne pas détruire la véritable culture ninja dans laquelle il prend pied. Les stratagèmes, leurres et autres traîtrises ninjas sont nombreux et plaisants. L’implication, la belle énergie des acteurs qui font tout pour redoubler de charisme, apportent un charme évident au conte ninja de Watari. De plus, le gamin n’est pas du genre à casser les bonbons avec sa voix stridente, ses grimaces et autres blagounettes interminables, comme le font trop souvent les gamins choisis pour être des héros live de manga. Non, Watari a tout du héros adulte et parfaitement sérieux, mais en mini. Courageux, loyal, perspicace, surtout pas naïf, il se rapprocherait d’un Albator Junior, avec son sens inné de la justice, sa mèche sur l’oeil qui complète son standing de rebelle, et son instinct à toute épreuve qui lui permet de faire face à tous les coups bas. De nombreux personnages viennent s’ajouter au fil du chemin de Watari et dieu merci, ils ont tous leurs costumes bariolés à eux, voire leur couleur de peau à eux, ce qui aide beaucoup à s’y retrouver. Les castes très cloisonnées et l’obéissance aveugle au code ninja sont un solide socle historique sur lequel Watari évolue avec nous jusqu’à découvrir au final qui complote contre qui, qui est bon et qui est mauvais.

Rythmé, sympathique, extravagant et blindé de techniques magiques ninja (clairement du Naruto Live avec 50 ans d’avance), Watari n’évite pas les extrêmes enfantins comme la chanson de Watari où tous les enfants dansent et font des bulles, où les kids ninjas très proches eux de la clique de Peter Pan, mais garde une belle teneur et un scénario riche. Les méchants d’en face sont hargneux, intelligents (pas tous), réfléchissent presque comme dans un vrai chambara, à part qu’ils ont des tronches pas possible, des voix caverneuses ou crétines sublimes et des techniques bizarroïdes par palanquins. La réalisation appliquée, les très nombreux effets spéciaux rudimentaires au possible mais libérés, inventifs à chaque minute, utilisant tout ce qui était possible à l’époque (disparitions, sauts en reverse, incrustations en tout genre, moments animés en superposition du live, filtres colorées, câbles, explosions, grands décors, course, escalade ou vol ultra rapide de Watari, et j’en passe), le grain même de la pellicule, tout concourt à passer un bon moment divertissant, inventif et généreux au pays des ninjas. Évidemment en tant qu’adulte, il est très utile de se montrer conciliant avec la lente régression globale du récit, qui part d’une trame parallèle secondaire, un peu à la manière de Kurosawa, complexe voire presque captivante, pour s’en aller naturellement vers le plus simple, l’action non stop et les clins d’oeil directs vers le spectateur, sans pour autant négliger la cervelle de son jeune public. Très conseillé.

En bref :
Récit = Jidai Geki + code ninja + Peter Pan (pour la clique d’enfants, pas pour Watari qui lui est étonnamment adulte).
Techniques et combats = Naruto + vieux Jidai Geki
Effets spéciaux = Demon of the lute + une pincée de House … Avec 10 ans d’avance.
Ambiance = Demon of the lute + Jidai Geki + ninja eiga + Peter Pan + Dragon Ball + Naruto

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/wataritheninjaboy/critiques.html

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