Flying Dagger (神經刀與飛天貓) 1993


ça fait plaisir
3-75
Remix en roue libre de l’excellent Dragon Inn, Flying dagger est réjouissant, qu’on se le dise. Réalisé par le très « conciliant » taïwanais Chu Yin Ping (Fantasy mission force, Golden Queen Commando et les Shaolin Popeye, ouch !! mais aussi Island of fire ou Hunting List dans un tout autre genre), il capitalise ici à fond sur les multiples succès du genre comédie wu xia fantastique comme il l’a déjà fait dans les années 80 avec les films d’action aventure sans queue ni tête.

Même si Flying Dagger ne tient pas la comparaison avec d’autres poids lourds comme Evil cult, Claws of Steel, les plus sérieux Swordsman 1 et 2 ou son illustre concurrent direct Eagle shooting heroes, son rythme constant et sa bonne humeur déjantée sont trop communicatives pour le délaisser. La recette mélange tout ce que l’on connait du genre éprouvé voire éculé : une brochette de stars qui s’éclatent à jouer des combattants fantastiques loufoques aux pouvoirs excentriques comme le faisait si bien Eagle Shooting Heroes (renard à neuf queues, chatte sauvage, …), du gag obsédé bien gras et en masse pondu par un Wong Jing enjoué et échaudé, des combats typiques de Ching Siu Tung où la frappe et le contact n’ont aucune importance, où seul compte le mouvement frénétique jusqu’à l’illisible total. L’action très présente n’a donc pas grand chose à offrir au pur fan martial mais les techniques telles les griffes de Maggie Cheung, les queues de Jackie Cheung ou le « souffle tempête » de Cheng Hung Lieh raviront l’amateur de tricks fantaisistes autant que Ng Man Tat, tenancier ravi d’assister à la destruction progressive de son hôtel. Flying dagger est bringuebalant, pioche et repompe beaucoup (même la main coupée de La Famille Addams) mais offre un joyeux boxon très rythmé et des situations comiques qui fonctionnent, voire novatrices, comme la machine à dessiner ce qui se passe.

Chu Yin Ping est coutumier des tournages dans l’urgence dont Island of Fire est un bon exemple de résultat convaincant. Il pond à grande vitesse, à la demande des studios, des films qui le cloisonne (trop selon lui, au point qu’il en viendra à être fatigué de réaliser dans ces conditions sans pouvoir y faire grand chose) dans le registre de la comédie d’action bêtifiante. Il a dû faire de son mieux ici pour faire coïncider ne serait-ce que quelques jours les plannings de ses stars et assembler un puzzle chaotique de pellicules surtout pas réalisées chronologiquement. Il avoue lui-même que certains des rôles principaux ne se sont même jamais croisés pendant tout le tournage. Pour autant, ses films tirent aussi partie de cette urgence par une énergie brute et réjouissante dont Flying dagger est un excellent exemple, même si beaucoup de spectateurs et son réalisateur en première ligne définissent le tout comme un beau gâchis. J’en suis pour ma part ressorti avec une impression rafraîchissante et un sourire niais bienvenu en dépit des multiples avatars du genre déjà engloutis.

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/flyingdagger/critiques.html

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