La Cat III

Cat III chroniqués sur La Queue du Chien


La Cat III : l’ultime excès du cinéma HK

INTRODUCTION

Prise au sens large, la Cat III Hongkongaise ou « interdiction aux moins de 18 ans » créée en 1988 correspond davantage culturellement parlant à notre « interdiction aux moins de 16 ans » et réunit des films d’horizons très variés jugés extrêmes, offensant ou trop explicites. Section obscure bien connue des amateurs de cinéma déviant HK, la Cat III aura su dans sa plus belle et très courte période dorée (1991-1994 diront les puristes) condenser les frustrations des Hongkongais et leur peur de la rétrocession diront les intellectuels, mais surtout définir un parfait effet de mode explosif au travers de films primitifs, violents, barbares et décadents réunissant une sélection très éclectique de tous les genres possibles, que ce soit le polar noir, l’Actioner délabré, le serial killer pervers, le conte fantastique, le psychopathe notoire, la sorcellerie putride, le soft porn déviant ou encore la comédie coquine et/ou crétine. Section vaste donc, qui s’insère au coeur d’une production grand public déjà largement vouée à l’excès de toute sorte et fait suite à une histoire du cinéma d’horreur et du fantastique encore plus vaste et bien antérieure à la création du « label ».
Pour autant, rarement un film Cat III ne cherchera à démontrer un message social, encore moins politique ou révolutionnaire, à quelques exceptions prêts. Le cinéma de la Cat III reste avant tout un cinéma d’exploitation et de divertissement dans ce qu’il a de plus débridé et se doit d’être pris à la légère tant ses excès ne dépassent presque jamais le cadre légitime et ne s’attaque encore moins à une critique du régime et de la société, du moins dans les très grandes largeurs.

AVANT LA CAT III

L’horreur et le fantastique au cinéma HK existent depuis les années 30 mais c’est véritablement dans les années 70 que la Shaw Brothers en fait un vrai marché à fort potentiel. D’autant que même dans le cinéma HK dit classique, la violence est déjà très présente. Chang Cheh en particulier abreuve le public de wu xia pian sanglants relevés d’écartèlements (Heroic Ones), de sévisses sadiques (Deadly Duo) où le gore « cheap » est chez lui. Les films fantastiques sont aussi très répandus dans l’imaginaire Hongkongais, des séries fleuves comme Buddha’s palm aux Wu Xia Pian de Chu Yuan, ils développent une mythologie ancestrale extrêmement riche d’ailleurs considérée comme la première thèmatique filmée du cinéma HK. Ces premiers repères définissent largement le goût des Hongkongais et leur acceptation quant à la représentation visuelle de la violence et du fantastique. Pendant cette période, de nombreux films posent les pierres fondatrices de l’exploitation (et) de l’horreur à HK, en particulier la Shaw avec entre d’autres, Bamboo House of dolls (1973) pour la section « femmes en prison », Killer Snakes (1974) pour le pervers psychopathe ou la série des Black Magic (1975) pour la sorcellerie, mais aussi du côté indépendant avec des films comme Ghostly Face (1973) ou encore Witch with flying head (1977), moins visibles malheureusement mais tout aussi voir plus radicaux encore, et très représentatifs du mélange entre mythologie chinoise et horreur.

Le Comité de censure HK existait bien avant 1988 et la mise en place de la Catégorie III. Créé en 1953, il s’avère dans un premier temps plutôt libéral, les excès idéologiques étant très rares et les effets spéciaux peu réalistes et donc peu crédibles.

Par la suite, avec la libération des mœurs et l’émergence de la Nouvelle Vague Hongkongaise, ce Comité s’attache davantage à réprimer les dérapages moraux et politiques, comme L’Enfer des armes (1980) de Tsui Hark en fera les frais, censuré et même charcuté pour son propos bien plus que pour ses envolées de violence graphique. Le film considéré comme un brûlot social anarchiste ne sera d’ailleurs distribué dans sa version director’s cut que 20 ans plus tard et constitue clairement une pierre angulaire de l’exploitation HK.
Plus généralement en cette période fin 70, début 80, tout film tendancieux politiquement, notamment susceptible de porter atteinte aux relations entre Hong Kong et un autre pays, est sujet à un contrôle drastique. Pourtant, c’est bien pendant cette période que les films d’exploitation les plus réalistes, contestataires et désespérés voient le jour, en signe de réaction face aux premières négociations sur la rétrocession (1981), renchériront certains. Citons notamment en parallèle de L’enfer des Armes, Man on the Brink (1981), The Club (1981) et bien d’autres oeuvres qui restent à découvrir comme The Trap (1982) ou Crazy Blood (1983). Des films peu connus qui dressent un portrait sans concession d’une époque incertaine au travers de quotidiens malmenés par la violence et la pauvreté. Ces films, largement antérieurs à la mise en place du « label » seront catégorisés III rétroactivement lors de leur exploitation vidéo ce qui est en général un gage de « qualité » ou du moins un bon repère pour des films cultes, sombres et brutes.


Les plus anciennes réalisations à hériter du tampon sont des films Shaw Brothers. Le tout premier, Bamboo House of Dolls (1973), est pourtant beaucoup plus bis que dérangeant en soit mais véhicule des idées décadentes jugées dangereuses. D’autres Shaw comme The Psychopath (1978), l’infâme Lost Souls (1980) ou encore Amorous women of Tang Dynasty (1984) lui emboîtent le pas. Bien d’autres films non classés Cat III sont à retenir comme nous le verrons plus bas, preuve que le label n’est surtout pas une classification exhaustive et infaillible des pièces maîtresses.
D’autres films obscurs se placent en précurseurs du thriller et de l’horreur HK. Citons le complètement givré et garanti sans stockshots Calamity of Snakes (1983) ou Lewd Lizard (1979) dans la veine « les animaux n’aiment pas les hommes », ou encore plus sérieusement Red Spell spells Red (1983) pour le thriller ensorcelé, Sketch (1983), Centipede Horror (1982), Rape After (1983), The Devil (1981), Rape and Die (1983) ou la série des Possessed (1983-84-88), bastion d’une période extrêmement riche encore trop invisible qui sera vite repris à la volée par la plus value de comique qui cartonne à cette époque, ce qui nous donne des films étonnants, des thrillers comiques comme The Red Panther (1983) ou He lives by night (1982).

Trop souvent oubliés, bon nombre de réalisateurs dont un trio de la Shaw Brothers ont donc sévi dans le cinéma de l’horreur et de l’exploitation HK bien avant 1988, pendant une période phare qui va de 1980 à 1983, avec un brio et une envie de cinéma qui tendra à disparaître par la suite au profit de mixages plus conventionnels avec des genres plus classiques. Ces réalisateurs méconnus sont les véritables précurseurs de l’ombre de la Cat III et ont su ouvrir les portes à un cinéma sans borne en ayant à cœur de réaliser des films de genre librement en surfant sur les succès étrangers. L’érotisme malsain, la sorcellerie, les exorcismes, les revenants, la torture, les anomalies de la nature et de manière significative l’horreur fantastique sont ainsi des thèmes récurrents qui puisent aussi bien dans la mythologie chinoise, dans la magie noire Thaïlandaise ou Malaise (les pays démoniaques qui ont bon dos), que dans les succès américains (cf The Beasts) et italiens de l’horreur et du thriller, de Halloween à L’exorciste aux ambiances ténébreuses des films d’horreur de Lucio Fulci en passant par l’angoisse et les éclairages surréalistes de Mario Bava ou de Dario Argento jusqu’aux envolées gore crues et le réalisme de Deodato.

RAPIDE PANORAMA DE L’HORREUR ET DE L’EXPLOITATION PRÉ CAT III

Le trio principal de cette vague pré Cat III se compose de Kuei Chi Hung, pilier et prolifique réalisateur de films de sorcellerie et de thrillers fantastiques, Tun Fei Mo, futur réalisateur du terrifiant Camp 731, et de Ho Meng Hua, spécialiste des aventures débridés, tous les trois de la Shaw Brothers, où ils marqueront le terrain avec des films oubliés produits par Mona Fong qui remplace Raymond Chow à la Shaw depuis 1976, lui-même parti en 1971 créer la Golden Harvest. Des films que j’ai plaisir pour certains à vous présenter avec ce dossier, accompagnés d’autres perles indépendantes délaissées à forte réputation culte chez l’amateur, sur lesquelles il est bon de revenir s’attarder avec gourmandise.

SÉLECTION PRÉ CAT III DU JOUR

Venus de la Shaw Brothers :
Seeding of a ghost (1983) de Yeung Kuen : indispensable
Boxer’s Omen (1983) de Kuei Chi Hung : indispensable lui aussi
Hex (1980) de Kuei Chi Hung
Haunted Tales (1980) de Chu Yuan et Tun Fei Mo
Sex beyond the grave (1984) de Chiu Chun Keung
Corpse Mania (1981) de Kuei Chi Hung

Hors Shaw Brothers :
He lives by night (1982) de Leung Po Chi
The Red Panther (1983) de Kong Lung
The Lewd Lizard (1979) de Wai Wang
Witch with flying head (1977)

Retour sur :
Lost Souls (1980) de Tun Fei Mo
Black Magic (1975) de Ho Meng Hua
Killer Snakes (1974) de Kuei Chi Hung
• Bamboo House of dolls (1973) de Kuei Chi Hung
Calamity of Snakes (1983) de William Cheung Kei
Red Spell spells Red (1983) de Titus Ho
Centipede Horror (1982) de Keith Li Bak-ling
Wolf Devil Woman (1981) de Pearl Cheung Ling

LA CAT III : définition et caractéristiques

Suite à cette première grande vague qui s’essouffle aussi vite que le cinéma HK réutilise les concepts en vogue, la Cat III va être mise en place en 1988 dans un souci de recadrer un peu tous ces excès et va enclencher une nouvelle vague bien connue de l’amateur. Gunmen (1988) de Kirk Wong est le premier à être officiellement classé Cat III, bientôt suivi de Sentenced to Hang (1989) et de beaucoup d’autres. Story of Ricky, The Untold Story, Ebola Syndrome, Full Contact, Run and Kill, Camp 731, Sex and Zen, Dr Lamb, Red to Kill, Eternal Evil of Asia, autant de titres évocateurs du cinéma HK de l’extrême, quasi pléonasme, tous catégorisés III et contenus dans une période plutôt courte de l’histoire du cinéma de Hong Kong, principalement entre 1991 et 1998, qui ont fait la réputation de la Cat III.

Définissant à la base une interdiction aux moins de 18 ans instaurée par le comité de censure du cinéma Hongkongais qui légitime ainsi déviance morale, violence et sexe plutôt que de les interdire brutalement comme il tentait de le faire auparavant sans grand succès, la Catégorie III jugée trop rigide s’est vue complétée en 1995 par 2 autres catégories intermédiaires à la Cat I « tout public » et la Cat II « scènes déconseillée aux enfants » : ainsi naissent la Cat IIA pour les films interdits aux enfants, et la Cat IIB pour les films interdits aux jeunes adolescents et aux enfants.

La violence et le sexe, principaux moteurs et publicité des films Cat III n’y sont pourtant clairement pas les plus poussés du cinéma mondial, d’autant que les envolées gore et le sang par bidons font partie intégrante du cinéma HK comme nous l’avons vu plus haut. La mention Cat III se rapproche donc le plus souvent de notre mention « déconseillé aux moins de 16 ans » assez innocente et réunit en majorité du bis débridé ou de l’érotisme soft porn de plus en plus envahissant au fil du temps et au détriment de la qualité.

L’AGE D’OR (1991-1994)

Entre 1991 et 1994, on assiste à une explosion du nombre de Cat III dont certains devenus incontournables visent l’ultime excès de l’exploitation. C’est dès lors le mélange des deux ingrédients sexe / violence à des fins totalement immorales (et mercantiles) qui cautionne le label. Une ribambelle de films transgressifs viennent volontairement s’engouffrer dans une ligne scabreuse mélangeant viols, psychopathes déviants, victimes sans défense, humour en dessous de la ceinture et surtout irrespect total de la morale, point qui caractérise le cinéma de la Cat III plus que tout autre, jusqu’à montrer régulièrement d’horribles infanticides. L’un des moteur principal de ces Cat III jusqu’auboutistes est de prendre les faits divers réels les plus sordides et d’en faire un produit le plus commercial possible où la complaisance dans la souffrance physique et morale des victimes est poussée à son comble. Cette vague est sensiblement différente de la vague 1980-1983 où l’horreur fantastique, plus proche du cinéma italien et HK de l’époque, ainsi que les portraits de société sans concession (Man on the Brink, The Club, …) sont prédominants.

Les films décervelés de cette période dorée de la Cat III ont la particularité typiquement Hongkongaise de mélanger un maximum de genres transgressifs au cœur d’un même film, qui emprunte très souvent lui aussi à différents genres de façon plus classique. La comédie (Screwball 94), le policier (Untold Story), le fantastique (Holy Virgin Versus the Evil Dead), la sorcellerie ((Witchcraft Versus curse), le wu xia pian (The Assassin), le film d’époque (Sex and Zen), le kung fu des familles (Wizard’s Curse), et plus encore tous les genres en même temps (Eternal Evil of Asia) sont ainsi mixés et revisités comme pour coller au cahier des charges de la Cat III, tel un cinéma d’exploitation de l’extrême poussant plus loin le cinéma HK dit classique, lui-même déjà cinéma de la surenchère.

Le sexe reste bien évidemment le roi de la Cat III. Tant qu’il peut être montré quitte à y ajouter quelques mosaïques envahissant l’écran si il le faut. Toujours bridés au niveau de la pornographie interdite encore aujourd’hui à Hong Kong, les films Cat III de cette période contrebalancent avec un soin esthétique singulier et surtout des situations pour le moins scabreuses et/ou amorales comme le montre parfaitement le terrifiant Ben Ng, psychopathe de Red To Kill s’en prenant à une innocente handicapée avec une rage unique. Le sexe n’est donc pas souvent présenté seul, à des fins purement érotiques, et se mêle plus volontiers au drame, à l’agression, à l’humiliation, au psychopathe, au taré pur et dur, bref à la reine de la Cat III : la violence, immorale et gratuite, comme le montre bien Anthony Wong dans le parfaitement « culte » Untold story, ravi de décimer une famille à la feuille de boucher devant des yeux d’enfants terrifiés.

Il faut ajouter à tout cela les situations graveleuses (les handicapés de Red to Kill, le lancer de nain de Brain Theft), et la comédie bien grasse (Sex and Zen) tartinée aussi d’attaques souvent proches d’un racisme lattent. Ebola Syndrom par exemple n’hésite pas à faire venir le mal d’Afrique, continent primitif peuplé de sauvages pestiférés, c’est bien connu. Cependant, le racisme n’est pas non plus l’apanage de la Cat III puisque beaucoup de simples Actioners HK donne dans l’humour scabreux à base de blagues clairement racistes. Étonnamment sur ce genre de point, le Comité de censure n’a rien à dire.

Lors de cette période faste où tout semble presque permis, une poignée de réalisateurs et d’acteurs deviennent les ambassadeurs du « bon goût » autour d’un essaim d’incursions ponctuelles grandissant puisque un nombre incroyable de personnalités toucheront au moins une fois à la Cat III histoire de goûter à ce parfait effet de mode. Parmi les ambassadeurs, citons les locomotives :

Quelques réalisateurs notoires : Herman Yau, Ivan Lai, Billy Tang, Bosco Lam

Une brochette d’acteurs : Anthony Wong, Ben Ng, Elvis Tsui, Lawrence Ng, Danny Lee, Kent Cheng, et pourquoi pas Ray lui ou encore l’excellent Simon Yam

Des actrices motivées : l’incontournable Lily Chung, mais aussi Julie Lee et pourquoi pas Lily Lee, homonyme pervers à ne surtout pas confondre avec l’actrice de la Shaw Lily Li, sans oublier les deux icônes post 2000, dignes héritières du soft porn : Sophie Ngan et sa copine Grace Lam.

Ajoutons enfin une toute petite mention pour deux acteurs peu connus à petits rôles, pourtant prolifiques et spécialisés dans la Cat III : Charlie Cho et Lee Chung Ling

Et 10 CAT III à manger saignant :

The Untold Story (1993) de Herman Yau
Ebola Syndrome (1996) de Herman Yau
Red to Kill (1994) de Billy Tang
• Doctor Lamb (1992) de Billy Tang et Danny Lee
Camp 731 (1988) de Tun Fei Mo
Story of Ricky (1992) de Nam lai Choi
• Run and Kill (1993) de Billy Tang
• The Underground Banker (1991) de Bosco Lam
Eternal Evil of Asia (1995) de Cash Shin Man Kei
• Lethal Panther (1991) de Godfrey Ho

QUELQUES BIZARRERIES

De façon abusive pourrait-on dire, toujours dans cette étrange optique moraliste et contradictoire du Comité de censure HK, certains films beaucoup plus sérieux et réputés hériteront de la mention Cat III pour atteinte aux bonnes mœurs comme Happy Together et son couple homosexuel tourmenté, Samsara et son audacieux couple entre un moine Hindouiste et une femme libre, ou encore L’Amant de Jean-Jacques Annaud et sa relation jugée pédophile, mais ces cas de figure restent exceptionnels, d’autant que le cinéma HK demeure majoritairement un cinéma de genre plus qu’un cinéma engagé.

Pas mal d’abus auront aussi lieu avec des films parfaitement innocents classés Cat III sans la moindre raison valable. C’est le cas entre autres pour les nanars « Bruceploitation » Big Boss à Bornéo, Bruce Lee and I ou même Fist of Fury 91 de Stephen Chow. On ne badine pas avec Bruce Lee, en particulier avec sa sexualité.

DÉCADENCE ET EXCEPTIONS DE LA CAT III

Des films Cat III font toujours surface après 1998 mais la vague, courte et intense jusqu’à l’usure, se tarît rapidement avec l’ouverture au marché international de la vidéo, les chaînes câblées et l’importation de la pornographie d’occident ou du Japon. Du reste, la Cat III devient assez vite le refuge du soft porn ou l’érotisme seul pullule et où surnagent des films de bas étage souvent proches du pur navet uniquement voués à une exploitation vidéos.

Pourtant, subsistent ici et là quelques rares élans plus personnels voir engagés qui rappellent le début des années 80 comme peut le prouver des films comme Cageman (1992) ou Spacked Out (2000). Des métrages encore éloignés du pur film d’auteur mais qui parviennent néanmoins à toucher à une réalité sociale, à mettre en lumière un malaise et à délivrer un message plus subtile et subversif que le simple divertissement.

Hormis ce genre d’exception, il ne reste plus qu’une volonté singulière aujourd’hui à l’agonie de reprendre tous les genres du cinéma HK pour y ajouter une bonne dose d’amoralité sexuelle et de violence histoire de rentrer dans une catégorie fourre tout par excellence qui fait toujours son petit effet et parvient à attirer le pélerin même si la sélection pointilleuse reste de rigueur.

Pour conclure, il est bon de rappeler une nouvelle fois que le cinéma HK hors Cat III est de toute façon notoirement excessif. Il offre bien souvent une large dose d’effets appuyés (comiques ou non), d’humiliations et de violence au dessus de la moyenne tout aussi significatifs que bien des Cat III, que ce soit dans la crudité des dialogues ou dans l’excès de films dits grand public. Citons pour simple exemple Shaolin Soccer et sa ribambelle de scènes d’humiliations sadiques, dont un slip moucheté peu recommandable à mettre sur la tête pour le perdant, plutôt atypique pour un film très largement distribué, mais tout à fait normal et usuel pour le cinéma Hongkongais.

ET MAINTENANT ?

Et maintenant que fait le gourmand ? Il plonge et replonge dans le glorieux passé et découvre d’autres pierres précieuses oubliées en chemin, il se souvient avec nostalgie ou se tourne vers d’autres horizons, le Japon, la Thaïlande ou ailleurs (Indonésie, Pakistan, Inde Turquie, etc), et pour finir, il attend ou mieux, il espère. Il espère le possible prochain virage du cinéma de l’ex-colonie vers une nouvelle folie sans emballage dont elle avait le secret, un sens inné du mauvais goût porté au rang d’art baroque ultime. Il espère la possible éruption d’un cinéma décomplexé et sans limite qui saura redonner un vrai sens à l’Exploitation avec un E magistral, dégoulinant et crade, le E de l’excès en réponse à la standardisation galopante.

Et maintenant que fait le novice ? Espérons que ce dossier lui aura mis l’eau à la bouche et qu’il partira à la découverte de ces terres généreuses. La réjouissance se profile puisque pour la première fois une vraie vague de poids lourds Cat III semble arriver en DVD zone 2. Full Contact de Ringo Lam, Rolls Royce de la Cat III est sorti en ce beau mois de juillet chez HK Video et sera suivi de Sex and Zen (mmmouais, on attend mieux) et de beaucoup d’autres nous l’espérons.

Pour finir, merci à Zeni, Palp, Alex Fong en Jet Pack, Junta, Séb, J-L, DOV, Guesar, Ryo, Bunman, plein d’autres, tous acharnés des bas fonds de Hong-Kong..

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/dossier/249/

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