The Boxer’s Omen (魔) 1983


Ouuulalalala, alors là attention c’est festival ! Le plus grand film de sorcellerie, rien de moins.
4-50
Comment donner une note objective à ça, franchement, c’est de l’ordre de l’impossible… La Shaw montre encore une fois qu’elle est bien le terreau de tout le cinéma d’exploitation HK et que les petits jeunots futurs peuvent s’accrocher pour la dépasser. Boxer’s Omen, séquelle de Bewitched, tous les deux introuvables et pourtant cultes jusqu’à leur sortie dvd, c’est avant tout LE show de sorcellerie à son sommet, ultra kitch à première vue et 100% crétin mais foisonnant d’invention à chaque centimètre carré et d’une audace visuelle insoupçonnable.

Là où Seeding of a ghost préfère avec brio adapter de nombreuses références de l’horreur occidentale pour en faire une belle sauce HK, Boxer’s Omen reste braqué sur la spiritualité bouddhiste et la magie noire thaïlandaise, pays classé primitif et lieu de toutes les origines démoniaques. Plus que cela, au contraire de Seeding of a ghost déjà bien allumé mais à peu près cohérent scénaristiquement, ici il n’y a rien ou presque (désolé Sze To On). La presque totalité du film se résume à un duel entre un boxeur HK formé comme moine bouddhiste ultra puissant en à peine 3 mois et un sorcier Thaïlandais spécialiste de la magie occulte.

A partir de là, Kuei Chi Hung pour l’un de ses derniers films décide de péter un câble puissance 10 000 et va expérimenter une suite sans fin de sortilèges colorés plus hallucinant les uns que les autres. Superbement mis en ambiance par des spots de couleurs criards typiquement HK, d’excellents décors fantastiques, un sens du cadre indéniable, dégoulinant de tout un tas de vomissures diverses et variées dignes de Street Trash, constitués de sacrifices d’animaux en latex (chauve souris squelette, crocodile géant, araignées cracheuse, etc, etc) qui s’agitent et se transforment dans une purée d’incantations visqueuses, accompagnés de prêtresse noire, de supplices crades, d’une musique venue de l’espace cosmique et de bruitages « Evildeadesque », tout est d’une outrance et d’un mauvais goût sans limite et le paradis absolu pour le bisseux fan de sorcellerie hallucinogène. Impossible de décrire correctement la chose sans détruire toute sa saveur. Boxer’s Omen explose littéralement toute concurrence future. Tous les films de sorcellerie HK ne semblent qu’une pâle copie petite joueuse une fois Boxer’s Omen découvert, c’est dire.

Boxer’s Omen laisse tout en route et se jette de la falaise avec une insouciance frénétique et enfantine qui définit comme jamais l’exploitation rayon folie dans toute sa splendeur. A titre de comparaison, un film dont le délire s’en rapprocherait comme Seventh curse semble même mou du genou à côté d’une telle gerbe de sorcellerie nawak, et surtout beaucoup moins maîtrisé visuellement. Seul problème, il n’y a quasiment rien autour de cette fontaine, ni développement, ni composition scénaristique, ni combats à proprement parlé, juste Elvis Tsui et Philip Ko embarqués de la première à la dernière minute dans une ambiance extraterrestre installée dans une poignée de décors fermés surréalistes face à une équipe de sorciers thaïlandais aux voix ouvertement crétines. Mais quelle ambiance !

Trois grosses parties au film en gros : Philip Ko (disons l’un de ses rôles les plus consistant) part en Thaïlande défier Bolo Yeung (!) à la boxe et se retrouve par une suite de fortes improbabilités ensorcelé puis bouddhiste invincible combattant un sorcier Thaï complètement cinglé. Il revient ensuite à HK, se tape sa gonzesse ne pouvant plus résister à sa chasteté forcée de 3 mois. Ce qui a pour conséquence indirecte de permettre la résurrection du sorcier Thaï sous forme d’une reine des ténèbres (pas assez exploitée peut-être) extirpée des entrailles putrides d’un crocodile géant évidé pour l’occasion par 3 autres sorciers thaïlandais eux aussi complètement cinglés. Yes ! J’ai résumé un peu la chose ! ^_^

Au passage, Quels débuts pour Elvis Tsui ! Après quelques menus apparitions shaolin dans quelques classiques Shaw, il passe directement à sa future catégorie préférée : le film déviant de barge à réserver exclusivement aux bisseux les plus redoutables.

Kuei Chi Hung n’est pas toujours convaincant et s’enfonce parfois dans une léthargie indigne d’un des grands initiateurs de la future Cat III (son Corpse mania par exemple), mais confirme bien son statut de touche à tout motivé capable d’honnêtes exploitations (Killer snakes, The Tea House, Hex) comme de sublimes bisseries décérébrées d’horreur maléfique.

Attention, ce film est objectivement fortement bancal et bourré d’effets spéciaux très kitchs mais transcende sa condition par un festival visuel et créatif inégalable et une ambiance occulte jouissive de bout en bout, en bref une référence incontournable du film de sorcellerie HK.

NB : à noter la petite apparition d’un bon pote de Philip Ko, le grand Johnny Wang affublé d’une minerve XL du meilleur goût.

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/boxersomen/critiques.html

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