L’ Homme à la lance contre shaolin (鐵旗門) 1980

flagofiron
THIS IS A Meeen’s world.
3-75
Le grand Chang Cheh n’est pas encore fini et fonce tête baissée vers plus de joutes sanglantes, plus de guerriers athlètes qui se déchirent au sens propre comme au sens figuré, plus de héros impeccables et de traîtres retors et avides de comploter. Quelques beaux moments de plus pur style Chang Cheh sont encore en vie dont quelques beaux ralentis au ras du sol qui font plaisir. Plus que l’histoire notoirement ficelé pour un film des Venoms, plus que les acteurs qui bénéficient d’un fond un peu plus palpable que de coutume pour se donner plus encore dans leur jeu (oui, ils font des efforts là), plus que les excellents combats, réguliers et acrobatiques dans la pure tradition Venoms (mais un brin courts), c’est l’atmosphère résultante qui fonctionne ici à plein régime. Les atouts classiques survivants du cinéma de Chang Cheh côtoient les costumes de super héros rouges et noirs, les débardeurs de guerre en peau de léopard, les coiffes avec plume d’aigle géante, les décors nombreux et de qualité mais extrêmement codifiés, avant tout fonctionnels. Tout est là pour magnifier les Venoms, sorte de grappe en perpétuelle expansion de guerriers imberbes aux fiers faciès lisses, la cape au vent, uniquement voués à se jauger avant de s’entretuer. Il ne font d’ailleurs approximativement rien d’autre de leur journée hormis manger. La sortie chez IVL en version uncut avec un master impeccable est aussi l’occasion de découvrir une nouvelle intro bien plus conséquente comparée à la vhs Fil à Film sortie chez nous il y a longtemps et quelques effets gore cheap supplémentaires qui concluent chaque affrontement comme autant de mises à mort incontournables.

Le scénario écrit par Chang Cheh et Ni Kuang reprend leur recette de Five Venoms et propose un suspense amplifié par un nombre accru de protagonistes qui ont tous leur position à défendre et bénéficient chacun d’atouts personnels. Seuls Lu Feng, Kuo Chui et Lung tien Hsiang anticipent réellement les coups. Le reste de la troupe, c’est à dire une bonne vingtaine, constitue autant de pièces avancées une à une sur l’échiquier jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un, ou pas loin. L’ensemble fait de traîtrises intra et extra clan se place dans ce qui se fait de plus abouti en Venoms même si, encore et toujours, il finit par se perdre un peu trop dans de froides explications stratégiques. Le déroulement même s’il reste usuellement naïf, toujours assez kitsch et médiocrement joué pour rester correct, réussit à bien se tenir sur une longueur de plus d’1h48. Les alliances moins faciles à deviner que de coutume ajoutent du poids à la troupe en action dans son intégralité et Kuo Chui brille une nouvelle fois par sa sagesse et s’offre l’un de ses plus beaux rôles. Les face à face ou duo contre 1 majoritaires permettent un rythme chorégraphique soutenu et spécifique à chaque guerrier mais pèsent un peu sur l’ampleur des joutes admirablement mises en place malgré tout. Le final avec les fameux drapeaux entre Lu Feng et Kuo Chui est une merveille des Venoms bien que lui aussi un peu restreint entre les deux leaders et un peu court. Il faut dire qu’à ce moment là de l’histoire, il ne reste plus grand monde de vivant.

Toute proportions gardées, Iron Flag rappelle aussi le « Poignard Volant » de Chu Yuan, notamment par la bande des 10 tueurs, le face à face principal et indirect entre les deux leaders frères ennemis, et les différents lieux visités qui réservent tous leur lot d’assassins. Dommage que Lo Meng et Sun Chien ne soient pas présents. En contrepartie, Lung Tien Hsiang assure une bonne relève et se montre une nouvelle fois très convaincant en lancier classe tombeur de ces dames, volontairement insignifiantes pour leur part.

Un très bon Venoms donc, tout du moins lorsque l’on sait un minimum à quoi s’attendre, à ne pas manquer. Je maintiens que Sword stained with royal blood, Venoms singulièrement pacifique pourtant très proche de Flag of Iron, n’a pas à rougir devant ce classique de la troupe malgré tout. ;p

ps : le jeu des Venoms est ici au mieux, on remarquera à ce propos le jeu de Lu Feng qui arbore dans ses meilleurs passages quelques expressions très proches de celles de David Chiang… J’ai même cru voir David Chiang méchant et baraqué par moment.

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/spearmenofdeath/critiques.html

cast-spearmenofdeath

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