Sunshine (2007)


Une équipe d’astronautes est envoyée dans l’espace avec pour mission de savoir ce qu’il est advenu de leurs prédécesseurs partis en expédition pour « rallumer » le soleil en passe de s’éteindre.

De 2 à 3.5
3-50
Voilà ce que j’ai pensé la première fois que j’ai vu Sunshine, le 8 juin 2007 :

« C’est quand même du surpipeautage en règle. Je n’attendais pas un machin informe à la Armaggedon, j’étais prévenu que ça voulait tirer vers le 2001, sauf que Danny Boyle comme toujours pipeaute le tout façon « attention mon scénar casse des briques, je vais te la faire super classe branché »…

C’est ça ouais… Qu’est-ce qu’on a au final ? Un film qui « se borne à décliner paresseusement ou mal ce qui l’a précédé rayon SF ». Je reconnais bien la façon très gentleman d’un de mes estimés camarades de nous dire que ça pipeaute à tout rompre dans Sunshine. Danny aura beau vouloir montrer toute la puissance de son pitch et la petitesse de l’homme perdu au fin fond de l’espace à grand renfort de ses chers gros plans épileptiques et autre floutages super stylés, il ne parvient qu’à laisser la même impression mitigée que son correct mais surestimé « 28 jours plus tard ». Le pitch a ici encore un bon gros potentiel de départ mais les rapports humains et le développement même du récit y sont tout autant bancals que maigrichons.

Tentons de clarifier ce qui relève de l’impression d’être constamment floué par ce réalisateur. Petit exemple du point à la base du crescendo voulu dantesque SPOILER : Un gars seul décide pour tous d’aller rejoindre Icarus 1, un epremière mission perdue près du soleil, pour récupérer sa bombe, « 2 dernières chances valent mieux qu’une ». Arrivé là bas, quelle surprise, ils se rendent compte que Icarus 1 est inutilisable, et que « ah oui, j’ai oublié de vous dire, si le vaisseau ne marche pas, on ne peut plus utiliser la bombe », bref qu’ils l’ont profond, et c’est là que les ennuis commencent. C’est quand même hallucinant pour la soit disant crème des scientifiques humains de ne pas se rendre compte que si la première mission a eu un problème, c’est évident que leur vaisseau n’est plus utilisable, sinon ils auraient fait quelque chose je sais pas moi ! Ils seraient rentrés au bercail ou ils se seraient jetés dans le soleil, mais ils n’auraient pas poireauter 7 ans là comme des cons !! Ah oui, on veut nous faire avaler qu’ils sont sans doute tous morts… Alors, ils ont la bombe, le vaisseau marche et pour je ne sais quelle raison, ils sont restés là et ils sont tous morts sans rien faire au détriment d’une mission capitale pour l’humanité… Oui, mais c’est parce que y en a un qui a pété les plombs en regardant le soleil de trop près et… ça s’arrête là… C’est imbuvabe ! FIN DE SPOILER

Et ce n’est qu’un détail à la vue de la suite, le casting n’est pas en cause, assez convaincant dans le registre, c’est plutôt la prétention de faire un truc bien profond qui se heurte aux nombreux vides du scénario couplée à la mise en scène « so new british action » qui me pousse à l’ouvrir.

Soit on y va direct à la « Event Horizon » avec un vrai gros poids côté thriller et là ça fait pas semblant côté revisite du genre, soit on pose une vraie ambiance à la 2001 ou on philosophe vraiment à la Solaris, mais pitié Danny, arrête de vouloir styliser, embourgeoiser ce qui n’est qu’un pitch de base intéressant développé paresseusement pour cause de relief intrinsèque quasi nul SPOILER (parce que s’ils avaient pas rejoint Icarus 1, seul développement même pas logique du film, il se serait rien passer du tout, ils auraient fait la mission et basta », ce qui peut fonctionner pour un film de monstre comme Alien mais ne veut plus rien dire ici, laissant le soleil dans le rôle de simple accessoire) SPOILER.

Pourtant, comme toujours avec Danny, il reste de beaux passages où son style fonctionne bien pour dépeindre l’échelle non humaine de l’entreprise, s’approcher du soleil, et le pessimisme de rigueur, mais la plupart du temps ne survit que du brouillard, du faux suspense qui ne tient qu’à un mouvement de caméra parkinsonien en gros plan sur une trogne, qu’une fâcheuse impression que Danny veut faire passer une impression énorme avec des ficelles contournées qu’on aurait pas remarqué et qui nous feraient gober l’intérêt d’un truc qui ne développe rien (Michelle Yeoh aime les plantes, super, et après…) et ne mène à rien sauf à un final propre sur lui évidemment. Je dis, pipeau.  »

… Aujourd’hui, je le regarde pour sa beauté plastique et je lui colle 3.5 en bon fan de SF. Comme quoi l’endoctrinement, ça marche.

sunshine
http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/sunshine/critiques.html

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